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Un mystérieux investisseur se porte acquéreur du cinéma ByTowne

Temps de lecture : 2 minutes

OTTAWA – Fermé depuis le 31 décembre dernier, victime de la crise sanitaire, le ByTowne aurait trouvé un repreneur providentiel apprend-on sur la page web et dans l’infolettre du cinéma ottavien. Le propriétaire actuel se refuse à en dire davantage, mais ce sauvetage culturel crée un vent d’espoir dans la communauté, à condition que les productions en français gardent leur place.

« Le cinéma ByTowne sera à nouveau un cinéma », affirme l’actuel gérant, Bruce White, dans la dernière infolettre de l’unique cinéma ottavien offrant une programmation bilingue.

« Désolé d’avoir mis si longtemps à vous répondre. Je n’ai pas oublié combien d’amour pour le ByTowne vous avez exprimé depuis que j’ai annoncé sa fermeture. » Et d’annoncer que « le ByTowne va rouvrir sous une nouvelle direction lorsque les conditions pandémiques le permettront ».

M. White reste énigmatique sur l’identité des acquéreurs, mais assure qu’ils ont l’intention de « poursuivre la tradition du ByTowne » et qu’ils ont « toutes les qualités nécessaires pour en faire un succès ».

Situé au centre-ville d’Ottawa sur la rue Rideau, le Bytowne est un bastion historique du cinéma indépendant, reconnu depuis plus de 30 ans pour son offre de films internationaux, documentaires et films canadiens. L’établissement avait dû mettre la clé sous la porte, fin 2020, la pandémie de COVID-19 et le confinement ayant ruiné ses finances. Sa fermeture, qui avait consterné les francophones, laissait craindre un désert cinématographique en français dans la capitale nationale.

Cinéma d’expression française : rien de garanti

La nouvelle d’un repreneur suscite donc beaucoup de curiosité et d’attente chez les cinéphiles. Dans le monde culturel, on salue le sauvetage de ce fleuron du grand écran. « C’est une excellente nouvelle, surtout pour la basse-ville d’Ottawa », réagit Danielle Le Saux-Farmer, directrice artistique du Théâtre La Catapulte. « J’ai espoir que ce nouveau propriétaire soit à l’écoute et à l’affût de la grande présence de francophones de toutes origines avides de culture dans le quartier. »

Pour le metteur en scène Joël Beddows, il ne faut toutefois pas crier victoire trop vite. Celui qui est encore directeur du Théâtre français de Toronto (jusqu’au 1er juillet) attend de voir quelle place aura réellement le cinéma d’expression française dans les futures programmations. « Cela étant dit, je demeure optimiste à cause de la grande qualité de la production cinématographique francophone d ici et d’ailleurs. C’est un peu comme les festivals de théâtre jeunes publics : les francophones sont là car ils sont parmi les meilleurs. Pour moi, le cinéma est semblable. »

L’actuel propriétaire, sur le point de son établissement, prévient qu’il faudra « peut-être un certain temps pour que les restrictions en matière de pandémie soient suffisamment assouplies qu’un nombre possible de clients peut être autorisé à regarder à nouveau un film, mais les nouveaux propriétaires travaillent pour ce jour ».

Si les indicateurs de santé publique sont au vert et que la vaccination atteint des taux de 70-80 % de premières doses administrées, les cinémas pourraient rouvrir leurs portes fin juillet, lors de la phase 3 du plan de déconfinement ontarien. Celle-ci inclut la réouverture en intérieur et à capacité limitée des cinémas, installations scéniques, salle de concerts et autres lieux culturels.

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