#Francophonie, #Ontario

La Journée des Franco-Ontariens bat son plein à travers la province

Les chefs des trois partis politiques réunis pour la levée du drapeau, en compagnie du président de l'AFO, Carol Jolin. Crédit image: Jean-François Morissette

La Journée des Franco-Ontariens a été célébrée aux quatre coins de la province. Fait unique, les trois chefs des partis politiques à Queen’s Park étaient présents pour le lever du drapeau, lundi 25 septembre.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a noté d’emblée l’apport des Franco-Ontariens à la province. «Aujourd’hui, nous hissons ce drapeau pour souligner toutes les contributions de la communauté franco-ontarienne à l’édification d’une province inclusive et diverse», a lancé Mme Wynne.

La première ministre a aussi profité de sa prise de parole pour rappeler des périodes plus sombres de l’histoire de la communauté, comme l’interdiction de l’éducation en français. L’an dernier, le gouvernement Wynne avait présenté ses excuses aux Franco-Ontariens pour le règlement 17.

Sans donner d’échéancier précis, Mme Wynne a aussi profité de l’occasion pour rappeler que son gouvernement s’était engagé à déposer un projet de loi à l’automne pour l’édification d’une université de langue française.

Le chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario, Patrick Brown, a également rappelé l’importance des Franco-Ontariens et souligné son soutien à la communauté.

«Aujourd’hui, il y aura beaucoup de drapeaux franco-ontariens qui seront hissés dans la province et il est important de souligner les apports, mais il reste beaucoup à faire comme pour l’université francophone que je suis fier d’appuyer», a-t-il expliqué.

Lors de la période de questions à Queen’s Park, le chef du Parti PC a d’ailleurs talonné le gouvernement sur la création de l’université de langue française demandant le dépôt du projet loi sans plus attendre.

Pour sa part, la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Andrea Horwath, a souligné que la communauté franco-ontarienne était l’une des pierres angulaires de la province. Elle a assuré que son caucus restait engagé auprès de la communauté.

Présent lui aussi, le commissaire aux services en français, François Boileau, estime qu’il est important de souligner les avancées faites par les francophones au cours des derniers mois.

«Dans les derniers mois, on a vu la création d’un ministère à part entière pour les Affaires francophones, l’adhésion de l’Ontario à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ou la mise en place d’un sous-ministre à la santé dédié aux francophones, ce n’est pas rien», s’est-il exclamé.

M. Boileau a aussi insisté qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire, notamment en ce qui a trait à l’accès à la justice en français à l’extérieur d’Ottawa.

 

À Ottawa, changement de ton de Watson sur le bilinguisme

À Ottawa, le maire Jim Watson et une poignée de conseillers municipaux étaient de la partie pour le traditionnel lever du drapeau devant l’édifice municipal.

Fait notable: une centaine de personnes était présente pour les célébrations, un chiffre en dessous des années précédentes.

Le maire Jim Watson, et la représentante de l’ACFO Ottawa, Soukaina Boutiyeb. Crédit image: Sébastien Pierroz

Opposé mordicus au bilinguisme officiel d’Ottawa pendant des années, M. Watson a cette fois-ci adouci son temps en prévision du dépôt d’un projet de loi à Queen’s Park. «Ce projet de loi respecte les responsabilités et les obligations de la Ville d’Ottawa et confirme que nous avons une politique de bilinguisme ici à Ottawa, et c’est la raison pour laquelle je suis d’accord avec le projet», a-t-il fait part au micro d’#ONfr.

Quelques minutes plus tôt, la représentante de l’ACFO Ottawa, Soukaina Boutiyeb, avait livré un message d’ouverture semblable: «L’ACFO d’Ottawa est heureuse de voir que ce dossier avance et que nous pouvons travailler ensemble vers le bilinguisme officiel de notre capitale nationale.»

 

Plaque pour honorer le drapeau franco-ontarien à Sudbury

Là même où le drapeau franco-ontarien a été hissé pour la première fois, le 25 septembre 1975, l’Université de Sudbury a refait le même exercice devant une foule nombreuse. Une plaque commémorative a été aussi dévoilée pour que les générations futures se rappellent des événements entourant la création du drapeau vert et blanc.

«Qui aurait pensé que 42 ans plus tard, on serait encore une fois tous réunis pour hisser le drapeau franco-ontarien? Ce drapeau est devenu un outil de ralliement, de revendication et de fierté pour tous», a lancé Joanne Gervais, directrice de l’ACFO du grand Sudbury, devant des dizaines de personnes arborant les couleurs du drapeau franco-ontarien.

Il a été rappelé que le drapeau a été conçu par Gaétan Gervais, historien de l’Université Laurentienne, et Michel Dupuis, un étudiant, de même que Jacline England, qui l’a fabriqué. Un comité avait aussi été mis sur pied à l’époque pour promouvoir son existence.

L’un des militants à l’origine du drapeau franco-ontarien, Donald Obonsawin. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

Un témoin privilégié de l’époque, Donald Obonsawin, a rappelé à l’auditoire l’atmosphère électrique de l’époque. «C’était une journée froide et la réception était à l’image de la température. On a eu des débats. Ce n’était pas sûr si le drapeau serait adopté par la communauté. Et les anglophones pensaient que nous voulions diviser la population», a-t-il rappelé.

Les doutes de l’époque se sont dissipés et le drapeau est maintenant pleinement reconnu, tant par la population que les dirigeants politiques. «Le dévoilement de la plaque commémorative rappelle maintenant que le projet piloté initialement par quelques personnes est devenu un projet de société. Également, elle témoigne de toute la vitalité de la communauté francophone», a-t-il soutenu.

La nouvelle plaque franco-ontarienne est notamment l’initiative de la Fiducie du patrimoine ontarien. Elle est l’une des quelques 1280 plaques historiques sur le territoire provincial.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.