Les vécus invisibles des femmes au cœur des œuvres récompensées aux Prix Trillium 2026
TORONTO – Les lauréats francophones de la 39e édition du Prix Trillium ont été dévoilées ce mercredi lors du gala annuel de remise des prix à Toronto. Les Ottaviennes Sarah Migneron et Lisa L’Heureux ont été couronnées après plusieurs mois de suspense. Leurs parcours respectifs avaient été primés plus tôt cette année dans le cadre des Prix Champlain.
Sarah Migneron s’impose avec un récit sur la dépression post-partum. La première lauréate remporte le prix de littérature en langue française pour son récit poétique et théâtral intitulé « Maman Bleue » publié aux éditions Prise de parole. Dans cette œuvre, Sarah Migneron aborde les thèmes de la maternité et de la santé mentale à travers une relation mère-fille confrontée à la dépression post-partum.
« J’espère que les gens vont lire le livre, car je l’ai écrit pour leur faire ouvrir les yeux sur les difficultés maternelles. Elles constituent une réalité beaucoup trop commune », a réagi l’auteure au micro d’ONFR.

L’écrivaine bien connue dans la communauté d’auteurs franco-ontariens a été invitée lors d’un épisode du balado Cœur d’encre dans lequel elle revient sur son récit poignant lors d’un tête-à-tête avec Marine Sibileau.
Parmi les finalistes du prix de littérature en langue française figurent Sylvie Bérard pour « Mes morts jeunes », Maéva Guedjeu pour « Des silences et des murmures », Alain Bernard Marchand pour « Les visages de Rembrandt » et Blaise Ndala pour « L’équation avant la nuit ».
Violence faite aux femmes : Lisa L’Heureux distinguée
Du côté de la poésie en langue française, le jury a couronné la poète Lisa L’Heureux pour le livre « Haus », publié également aux éditions Prise de parole, dans lequel elle met en lumière les violences touchant les femmes ainsi que les personnes marginalisées.
Abordant les enjeux contemporains, « Haus », qui signifie « maison » en allemand, souligne que le domicile peut, pour de nombreuses personnes, devenir un lieu de conflit plutôt qu’un espace de sécurité et de paix.
« J’invite les gens à prendre le temps de lire et de découvrir le livre », explique l’auteure d’Ottawa, interrogée par ONFR. Dans son discours, la fondatrice du Théâtre Rouge Écarlate a notamment remercié la maison d’édition qui n’a pas hésité à embarquer dans le projet avec elle.

Dans les finalistes du prix de littérature en langue française, la Québécoise Noémie Roy pour « L’épingle filante » ainsi que « En terrain miné » pour Véronique Sylvain, originaire de Kitigan, non loin de Kapuskasing ont été retenues. L’une explorant les thèmes de la maternité, tandis que l’autre s’intéresse à la jeunesse confrontée à des troubles neurologiques.
Une 39e édition sous le signe de l’engagement
Les œuvres des lauréats de l’édition 2026 du Prix Trillium, qui traitent pratiquement toutes de sujets actuels, ont été dévoilées ce mercredi dans un souhait de réflexion commune, de donner la voix aux expériences souvent peu entendues et à la vulnérabilité.

Du côté des anglophones, c’est Otoniya J. Okot Bitek, une auteure d’origine ougandaise installée à Kingston qui gagne le prix de littérature avec « We, the Kindling » dont l’ouvrage est publié aux éditions Penguin Random House. La seconde lauréate est la Palestino-Irakienne établie à Toronto, Hajer Mirwali, qui décroche le prix de poésie pour son œuvre « Revolutions » publié aux Talonbooks.
Portés par la province, les prix Trillium comptent parmi les récompenses les plus prestigieuses accordées aux auteurs ontariens, tant en français qu’en anglais. Chaque année, Ontario Créatif, qui marquera ses 40 ans l’an prochain, célèbre un large éventail d’auteurs et d’autrices de tous genre littéraire.