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L’histoire de la ville de Hearst en cinq dates-clés

Temps de lecture : 5 minutes

HEARST – En marge des célébrations du Centenaire de la ville de Hearst, 5 000 habitants, incontournable du Nord de la province, ONFR+ vous propose de remonter dans le temps en présentant cinq moments-clés qui ont façonné son histoire et fait d’elle la ville la plus francophone de l’Ontario.

1912, le boom du rail

Remonter aux origines de la création de Hearst nous ramène en 1912 alors que débute la construction du chemin de fer National Transcontinental et, plus tard, en 1914 celle du chemin de fer Algoma Central and Hudson Bays qui sera rebaptisé plus tard l’Algoma Central Railway.

À l’époque, la localité de Hearst avait été choisie pour être une des stations de ravitaillement en eau pour les trains à vapeur en circulation. Devenu rapidement un important carrefour ferroviaire, le chemin permet d’ouvrir la région de la Ceinture d’argile à l’exploitation forestière et agricole, appuyée par une volonté du gouvernement provincial de développer le Nord.

Cette campagne attirera énormément de migrants et migrantes d’Europe de l’Est et de Scandinavie, en particulier la Finlande et la Suède, qui seront rapidement rejoins par des britanniques et des Québécois, familiers avec le milieu agroforestier. L’Église catholique du Canada français avait encouragé ses fidèles à propager la foi catholique et la langue française en s’installant dans le Nord.

Réseau ferroviaire contemporain Hearst. Archives ONFR+

1922, incorporation de la ville

C’est le 3 août 1922 que naîtra officiellement la ville de Hearst après la fondation de la paroisse Notre-Dame de l’Assomption en 1919 par le premier évêque de la région, Mgr Joseph Hallé. La ville de Hearst fut ainsi incorporée en 1922 avec une population de 573 habitants.

La localité, autrefois appelée Grant, du nom d’une collectivité de l’ouest depuis disparue, fut renommée en hommage à sir William Hearst, ministre des Richesses naturelles (1911–1914) et premier ministre de l’Ontario (1914–1919) qui y avait établi une ferme expérimentale en 1917.

La ville était à l’époque multilingue et au pouvoir se trouvait l’un des gouvernements les plus francophobes de l’Ontario, à l’origine du Règlement 17, interdisant l’usage du français dans les écoles bilingues des réseaux publics et séparés. Ironiquement, le nom de cette ville est désormais synonyme d’une francophonie majoritaire.

Extrait du livre du Centenaire de Hearst. Crédit image : Dominique Demers.

1953, année décisive pour l’université et l’hôpital

C’est une année fertile pour la région qui voit naître le Séminaire de Hearst (futur Collège puis Université de Hearst), le centre d’enseignement supérieur francophone de la région, par Louis Levesque, évêque de Hearst dont le diocèse fut créé en 1939.

Hearst est une ville qui compte quatre niveaux d’enseignement pour une population de 5 000 habitants, une autre exception de la ville du Nord. 1953 fut aussi l’année où l’Hôpital Saint-Paul, fondé en 1922, fut racheté à l’Église Unie par les Sœurs de la Providence selon la demande de l’évêque après de longues négociations.

Les Sœurs le rebaptisent alors sous son nom actuel, soit l’Hôpital Notre-Dame et ferment leur hôpital de Ste-Agathe au Québec afin de transférer leur personnel et y emménager. Un événement important qui a permis de sauver l’édifice vétuste dont les fonds d’entretien étaient épuisés, et de le rénover pour devenir un centre hospitalier servant à toute la région aujourd’hui.

Façade l’hôpital Notre-Dame à Hearst. Archives ONFR+

2002, Claude Larose et le hockey au zénith

Certains se souviendront sûrement du mois d’avril au cours duquel ont eu lieu deux jours de célébration en l’honneur du quintuple champion de la Coupe Stanley et premier joueur de la ligue nationale originaire de la ville du Nord, Claude Larose.

Le 29 avril 2002, une cérémonie a lieu afin de dévoiler l’enseigne du nouveau centre récréatif renommé Claude Larose. À l’occasion la Coupe Stanley est exposée pour le plus grand bonheur du public qui pourra poser devant elle. L’ancien joueur alors âgé de 60 ans profitera de l’occasion pour enfiler son chandail numéro 15 et faire un tour d’honneur sur la glace en portant la Coupe Stanley sous les ovations de l’auditoire.

Un incident se produit, cependant, alors que l’ancien hockeyeur fait tomber la coupe après être entré dans le noir par l’entrée des arbitres. Un moment qui sera coupé au montage de l’enregistrement de l’événement, et camouflé par Claude Larose qui cache la partie de l’anneau présentant une bosse. On raconte qu’un certain Roger Sigouin, débosseleur de métier et conseiller municipal le remarque dans la foule et la réparera en 10 minutes dans son garage familial. Celui-ci deviendra maire de la ville un mois plus tard, indétrôné à ce jour.

Claude Larose brandissant la coupe Stanley lors de l’inauguration du centre récréatif portant son nom. Crédit image : Centre d’archives de la Grande Zone argileuse/Collection Journal Le Nord

2021, l’université acquiert son autonomie

Une autre date importante de l’histoire de Hearst est l’adoption à Queen’s Park en avril d’un projet de loi faisant de l’Université de Hearst une université autonome. Avant cela l’établissement d’enseignement était affilié à l’Université de Sudbury depuis 1957 et à l’Université Laurentienne de Sudbury depuis 1963.

Celui-ci obtient sa charte institutionnelle propre et rompt donc définitivement avec l’Université Laurentienne, traversée par une lourde crise financière ayant mené la coupure de 72 programmes dont 29, en Français et à l’indignation de la communauté franco-ontarienne de la région. Plusieurs espèrent que son exemple serve à appuyer l’indépendance de l’autre Université francophone du Nord, soit l’Université de Sudbury.

L’Université de Hearst était devenue en 2013 la première université en Ontario désignée sous la Loi sur les services en français. Avec une chaire de recherche réputée, une grande clientèle internationale et des campus à Hearst, Kapuskasing et Timmins, l’Université de Hearst contribue largement à l’essor économique de la ville, à la valorisation de la francophonie et au rayonnement de toute la région.

L’Université de Hearst. Archives ONFR+

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