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Lily Crist veut faire entendre la voix des femmes francophones

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Lily Crist, présidente de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC).

LE CONTEXTE :

Lily Crist a été réélue, sans opposition, dimanche, à la présidence de l’AFFC. Il s’agit de son second mandat.

L’ENJEU :

Alors que la campagne électorale fédérale bat son plein, la présidente de l’AFFC revient sur le premier mandat du gouvernement libéral de Justin Trudeau et sur la volonté de son organisme de faire entendre encore davantage la voix des femmes de la francophonie canadienne.

« Vous avez été réélue par acclamation à la présidence de l’AFFC. Pourquoi vouliez-vous continuer ?

Je suis très fière d’avoir été réélue à la présidence de l’AFFC. Pour moi, c’était important de continuer le travail que nous avons entrepris avec la nouvelle équipe, dont notre directrice générale Soukaina Boutiyeb qui était arrivée en poste peu de temps avant moi.

À l’époque, notre organisme avait besoin de renouveau, de prendre un tournant et de s’assurer de bien répondre aux préoccupations de ses membres. On a donc beaucoup travaillé sur la représentation politique et la visibilité de l’organisme pour que la voix de nos organismes membres, sur le terrain, soit entendue. Pour moi, il est essentiel de continuer quand la tâche n’est pas terminée.

Le fait d’être élue sans adversaire, n’est-ce pas inquiétant pour l’AFFC ?

Depuis deux ans, nous avons, chaque mois, un ou deux groupes de femmes qui se joignent à nous. Il y a un élan, avec beaucoup plus de jeunes qui s’investissent, ce qui montre un renouveau. Je vois donc plutôt ma réélection comme une marque de confiance et le résultat d’une bonne communication sur notre vision commune et de notre travail d’équipe.

Quel bilan dressez-vous de votre premier mandat ?

Je note que nous avons acquis une plus grande visibilité comme interlocuteur, aussi bien auprès du gouvernement fédéral que des provinces et des municipalités.

Nous mettons de l’avant et expliquons les revendications de nos groupes de femmes, en étant revenus à la source de notre mission, celle de parler de ce qui se passe sur le terrain. Nous sommes d’ailleurs allés au Yukon, en Alberta et au Manitoba pour rencontrer certains groupes.

Ce travail a un impact concret, car nous avons obtenu plus de financement pour nos groupes de la part du ministère des Femmes et de l’Égalité des genres, alors qu’avant ils étaient souvent laissés de côté. Nous avons aussi réussi à faire comprendre à Patrimoine Canada que ses responsabilités envers les minorités de langue officielle incluent aussi les femmes.

Que souhaitez-vous accomplir lors des deux prochaines années ?

Mon objectif, c’est : reprendre sa place et faire entendre notre voix.

Je veux donc continuer à positionner notre organisme comme un partenaire à part entière afin d’avoir un dialogue et des répercussions concrètes sur nos communautés. Il y a encore un manque de financement, même s’il y a eu du mieux.

De plus, je voudrais que les organismes de la francophonie canadienne comprennent le rôle essentiel que jouent les femmes dans nos communautés en prenant en compte l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) quand ils développent des projets ou des services pour les francophones, par exemple, afin de développer une véritable équité. J’aimerais également plus de soutien de leur part quand on revendique, notamment sur des questions aussi essentielles que l’équité salariale.

Nous sommes en pleine campagne électorale. En 2015, tout juste élu, le premier ministre libéral Justin Trudeau avait beaucoup insisté sur l’engagement féministe de son gouvernement. Quatre ans plus tard, a-t-il répondu à vos attentes ?

Il y a beaucoup plus à faire, je pense, même si j’ai apprécié, lors du Sommet de la Francophonie, à Erevan, en Arménie, en 2018, que notre gouvernement aborde les défis que rencontrent les femmes et qu’il soit le seul à parler de la question des LGBTQ+.

Le gouvernement a pris des mesures pour aider les familles, notamment pour des garderies en français, et fait des investissements en infrastructures. En matière d’équité salariale, sa loi dans la fonction publique est un bon début.

Mais il y a encore beaucoup à faire et ce n’est pas assez. Pour des millions de femmes qui ne travaillent pas dans la fonction publique fédérale, la Loi sur l’équité salariale ne fait aucune différence. L’équité salariale partout et dans tous les secteurs est pourtant une demande que nous faisons continuellement et qui devrait être le strict minimum.

J’espère que, peu importe le gouvernement qui sera élu le 21 octobre, il prendra à cœur la réalité des femmes et fera preuve de panache sur cette question, avec des actions concrètes en matière de lutte contre la pauvreté, de logement abordable… C’est un beau défi pour les personnes qui seront élues ! »

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