#Francophonie, #Ontario

L’impact touristique du Festival de la Curd encore limité

Selon les éditions, de 35 000 à 50 000 visiteurs sont présents chaque année sur le site du Festival de la Curd. Crédit image: Archives #ONfr

ST-ALBERT – Jusqu’à dimanche, ils seront des milliers à converger vers le village de St-Albert pour le Festival de la Curd. Ces cinq jours d’événement ont beau représenter l’un des fleurons de la culture franco-ontarienne, l’engouement reste confiné sur le site de la Fromagerie, lieu des animations.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Au restaurant de la Fromagerie St-Albert, l’achalandage est bien là en cette période du Festival. «Je dirais que grâce au Festival, nous sommes à 20 à 25 % de clientèle supplémentaire tous les jours», affirme le chef exécutif du restaurant, Janik Quintal. «Cela reste difficile de différencier les gens qui viennent pour manger et les festivaliers.»

Ouvert il y a trois ans après le grand incendie de 2013, le restaurant de la Fromagerie s’impose comme une petite attraction touristique. Avec les curds prêtes à l’achat, et la vache emblématique en fibre de verre, il demeure le seul restaurant du village.

Le restaurant de la Fromagerie St-Albert. Crédit image: Sébastien Pierroz

Depuis le site, il faut ainsi rouler dix kilomètres à Casselman, pour pouvoir manger ou dormir. Mais à Casselman, le long de l’autoroute 417, on ne peut pas dire que l’influence de la Curd se fasse sentir. Ce sont pourtant entre 35 000 et 50 000 personnes, selon le groupe Simoncic, responsable de l’organisation de la Curd, qui passent chaque année les tourniquets pour assister aux différents concerts, au Défi intervillages, mais aussi aux jeux et animations.

Au Casselman Restaurant, sur la rue principale, la question étonne. «Il n’y a pas plus de monde que d’habitude. Pourquoi il y’en aurait? St-Albert est beaucoup plus loin.»

À l’hôtel Microtel Inn & Suites Casselman, la réponse est plus limpide. «C’est bien occupé toutes les journées, mais nos clients viennent la plupart pour se rendre au parc aquatique Calypso, pas pour aller au Festival de la Curd», explique sa gérante Isabelle Paquette.

 

Forfaitisation pour développer le tourisme

Cet impact touristique limité du Festival de la Curd, Tourisme Prescott-Russell en est très conscient. L’organisme dédié à valoriser l’industrie touristique de la région des Comtés-unis de Prescott et Russell veut même passer la vitesse supérieure. Objectif: faire rester les visiteurs davantage, voire plusieurs jours dans l’Est ontarien. Une manière d’augmenter la demande de services pour les hôtels, restaurants et autres commerces, et de profiter d’autres activités.

«Il y a vraiment un nombre incroyable de touristes, mais on aimerait que ça devienne vraiment un portail pour toute la région», explique son directeur Éric Charlebois.

«On aimerait développer un concept de forfaitisation qui permettrait aux visiteurs, par exemple, de passer du temps au parc aquatique Calypso à Limoges, et au Festival de la Curd, le tout inclus dans un forfait (…) Le tout serait de valoriser ce package au maximum, car on sait qu’il peut y avoir des pertes pour les entrepreneurs.»

La Fromagerie St-Albert devant laquelle se déroule le Festival. Crédt image: Sébastien Pierroz

Depuis plusieurs années, le Festival de la Curd est de loin l’événement qui draine le plus de public dans l’Est Ontarien. Les quelque 50 000 festivaliers – pour les meilleures années – sont loin devant les 20 000 de l’Oktoberfest de la brasserie Beau’s, ou encore la Foire agricole de Vankleek Hill, le Festival de la bine de Plantagenet ou encore, le Festival country de Wendover, tous les trois à environ 10 000 visiteurs.

 

Un tiers des festivaliers extérieurs à la région

«Mis à part le parc Calypso, c’est difficile de faire rester les gens pour une nuitée, avec les festivals, et celui de la Curd», reconnaît M. Charlebois. Si l’on en croit le rapport d’activité de la Curd pour 2017, envoyé par Clément Forestier du groupe Simoncic à la municipalité de La Nation (laquelle inclut St-Albert), un tiers des festivaliers ne viendraient pourtant pas de la région.

La même étude indiquait que 86 % des visiteurs étaient de langue française, contre 14 % d’anglophones et d’allophones.

«Sur la carte, nous (l’Est ontarien) sommes entre Ottawa et Montréal, entre les Laurentides et les États-Unis, mais nous devons devenir un lieu de destination, pas seulement de passage», conclut M. Charlebois.

Créé en 1994 à l’occasion du centenaire de la Fromagerie, le Festival de la Curd célèbre cette année sa 25e édition.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.