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« L’Ontario français nous servait de modèle », dit le Franco-Louisianais Scott Tilton

Temps de lecture : 2 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Scott Tilton est à l’origine du dossier de candidature de la Louisiane dans l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Une adhésion effective à titre de membre observateur depuis octobre 2018.

LE CONTEXTE :

Deux ans après cette adhésion, M. Tilton dresse un premier bilan de la présence de l’état américain dans l’organisme regroupant 88 gouvernements. Les estimations actuelles font état de plus de 250 000 locuteurs dans cet état du sud des États-Unis. Les Cadiens, plus communément appelés les Cajuns, sont l’un des groupes les plus importants de cette population.

L’ENJEU :

Alors que l’Ontario, membre de l’OIF depuis 2016, peine à démontrer les premiers résultats de cette adhésion, la Louisiane tente de tirer aussi son épingle du jeu, même si le chemin sera long.

« Pour rappel, qu’est-ce qui avait motivé votre choix en tant que Franco-Louisianais de pousser pour l’adhésion de votre état dans l’OIF ?

Le dossier de l’Ontario avait été notre modèle. En gros, je viens de la Nouvelle-Orléans, mais je suis allé à Sciences Po, à Paris, d’où mon intérêt pour la francophonie. Je savais que pour un dossier d’adhésion de la Louisiane dans l’OIF, son passé d’état fédéré au sein des États-Unis poserait problème, mais l’Ontario français nous servait de modèle. J’ai commencé à piloter l’initiative. J’ai travaillé avec le sénateur Bill Cassidy, et nous avons pu développer cette question d’adhésion. Finalement, la Louisiane a obtenu son autorisation.

Qu’est-ce que cette membriété permet pour la Louisiane ?

Tout d’abord, cela aide à une reconnaissance du fait francophone en Louisiane, mais aussi à enrayer le déclin du français et du créole, en dépit du travail de la société civile pour mettre en valeur cet héritage. Enfin, nous voulions créer une coopération avec les 87 autres membres de l’OIF, parler à tous, avoir un accès aux marchés.

Quel est votre objectif principal via cette adhésion ?

Ça serait essentiellement le multilinguisme. Nous aimerions miser sur ce concept vis-à-vis du gouvernement de Louisiane, pour faire augmenter cette question. En Louisiane, on voit de plus en plus de l’énergie, un échange des meilleures pratiques, et des institutions francophones qui se développent. Nous essayons d’avoir un langage centré autour de la jeunesse.

Commencez-vous à voir les premiers résultats de cette adhésion ?

On peut dire que l’on veut créer des projets, mais la société civile doit prendre le relais de cette adhésion, et bâtir des liens. Nous nous sommes joints, par exemple, au Réseau International des Maisons des Francophonies (RIMF), lancé tout récemment.

Aussi, j’ai cofondé la Fondation NOUS, un organisme dédié au développement d’échanges entre les États-Unis et l’ensemble du monde francophone. Nous essayons de faciliter, par exemple, les échanges entre étudiants internationaux ou artistes francophones depuis la Louisiane, ou bien qu’ils viennent se produire en Louisiane.

Pourquoi rapprocher la Louisiane d’autres gouvernements francophones ?

Cela nous semble important pour développer un sentiment d’appartenance à une communauté plus large, qui pourra notamment inciter les jeunes à poursuivre leur apprentissage du français. C’est une chose de nous voir comme une communauté de 200 000 francophones en Louisiane, c’en est une autre de faire partie d’une communauté de 300 millions de personnes.

Globalement, nous souhaitons également positionner la Louisiane comme un point d’entrée francophone aux Etats-Unis, aussi bien en vue du développement d’échanges culturels que commerciaux. »

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