L’Ontario raccourcit la formation des enseignants à un an
TORONTO – La formation des enseignants sera réduite à 12 mois, répartis sur trois semestres consécutifs, pour pallier la pénurie de personnel dans les écoles. Cette mesure, qui permettrait une économie allant jusqu’à 3000 $ en frais de scolarité, s’inscrit dans la réforme générale de l’éducation que le ministre Paul Calandra déposera dès lundi à Queen’s Park.
Le ministre des Collèges et Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité, Nolan Quinn, accompagné du ministre de l’Éducation, Paul Calandra, a annoncé le dépôt d’un projet de loi destiné à moderniser la formation des enseignants de la maternelle à la 12ᵉ année. Le modèle actuel de deux ans (quatre semestres) sera remplacé par cet échéancier condensé dès mai 2027.
« Ces changements permettraient à notre bassin d’enseignants exceptionnels et passionnés de commencer leur carrière plus tôt et à moindre coût afin de soutenir les collectivités en croissance pour les générations à venir », a déclaré le ministre Quinn.
Si le projet de loi est adopté, les 14 universités publiques de l’Ontario ainsi que trois établissements privés passeront au nouveau modèle. Pour soutenir cette transition accélérée, la province investira 16,8 millions de dollars destinés à augmenter les honoraires des enseignants associés qui encadrent les stagiaires.
Le plan prévoit également l’ajout de 4000 places supplémentaires en formation à l’enseignement, soutenues par une enveloppe de 150 millions de dollars.

Le gouvernement dit explorer des pistes pour mieux reconnaître les acquis et l’expérience de travail antérieure des personnes en formation, comme celle des éducateurs de la petite enfance.
Ces changements constituent le premier volet de la réforme de l’éducation plus globale promise par Paul Calandra, qui a d’ailleurs annoncé qu’il présentera le reste de ses mesures dès le lundi de la semaine suivante.
Ce second volet est particulièrement scruté par le milieu franco-ontarien, car il pourrait transformer la gouvernance scolaire et redéfinir le rôle des conseillers scolaires, un sujet qui alimente les spéculations depuis des mois.
Un enjeu de rétention selon l’opposition officielle
De son côté, la porte-parole du NPD en matière d’Éducation, Chandra Pasma, salue ce parcours plus efficace, mais s’inquiète de la rétention du personnel. Selon elle, former de nouveaux enseignants revient à « remplir un seau percé tant que l’on ne bouche pas le trou ».
« Plus de 45 000 enseignants qualifiés dans notre province choisissent de ne pas travailler dans notre système d’éducation en ce moment, souligne la députée. Tant que le gouvernement Ford ne sera pas prêt à s’attaquer aux conditions de travail dans nos écoles avec un financement adéquat, former plus d’enseignants ne suffira pas. »
« L’AEFO accueille positivement l’annonce du gouvernement de l’Ontario concernant la réforme de la formation à l’enseignement », a déclaré Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens. Cette annonce envoie un signal attendu et encourageant pour le milieu de l’éducation. »
Pour cette dernière, un programme de formation plus court est un pas dans la bonne direction pour répondre aux besoins sur le terrain. « Le modèle de deux ans créait un désavantage pour le secteur francophone, notamment en limitant l’accès à la profession. »
La présidente a également loué l’augmentation du nombre de journées de stage, « une avancée très encourageante » pour faciliter l’expérience sur le terrain.
Elle précise toutefois que la rétention du personnel passe par l’amélioration des conditions de travail, « en assurant un lieu de travail sécuritaire, pour donner envie aux enseignantes et enseignants de rester dans la profession ».