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Malgré la COVID-19, leur petite entreprise ne connaît pas la crise

Temps de lecture : 4 minutes

Une entreprise naît d’une idée mais peut mourir d’une crise. Dans une province perfusée aux aides publiques et que la pandémie a plongée en récession, Chama, Chad et Olivier, trois créateurs d’entreprise franco-ontariens positionnés sur des créneaux porteurs, ont évité le pire et retourné la situation à leur avantage.

Chama Lahou a lancé sa compagnie en novembre dernier. Quatre mois plus tard, la COVID-19 entraînait une quasi-paralysie de l’économie, la fermeture des frontières, des faillites à répétition et des mises à pied en série propulsant le chômage à plus de 13 %, en Ontario.

Malgré la situation, cette immigrante marocaine fraîchement débarquée en 2019, a fait face. Son entreprise se porte même de mieux en mieux puisqu’elle a augmenté ses ventes. Baboosh est un site de vente en ligne de tissus faits main par des femmes de son pays d’origine.

À la différence du commerce traditionnel, le « e-commerce » a très peu souffert de la COVID-19. Cette crise l’a plutôt renforcé et accéléré, confortant la stratégie de cette entrepreneure basée à Toronto.

Commerce en ligne : le flair de Chama Lahou

« Le problème que j’avais au départ était de n’avoir ni réseau, ni magasin physique. Or, je vends des produits très chers – un tapis peut coûter jusqu’à 6 000 $ – que le client préfère voir avant d’acheter. »

Alors, quand la pandémie a frappé, Chama Lahou s’est brusquement retrouvée sur le même pied d’égalité que ses concurrents, contraints de fermer boutique et de se rabattre sur le web. « J’ai profité d’un avantage compétitif en étant moins cher qu’eux, avec la même qualité. Les ventes ont bien décollé », relate-t-elle.

L’import n’ayant pas été affecté par la fermeture des frontières, acheminer ses commandes du Maghreb vers le Canada a été aussi rapide qu’avant, assure-t-elle.

« Si j’avais eu un magasin, je n’aurais pas survécu » – Chama Lahou

Avec la réouverture des commerces, son activité a certes ralenti depuis quelques semaines, mais elle bénéficie dorénavant d’une base de clients fidèles qui recommandent ses produits à leurs amis. Elle est aussi confiante que la vente en ligne représente l’avenir.

« Les gens ressortent avec le déconfinement parce qu’on est aussi en été, mais dès que l’hiver sera là, les gens reviendront chez eux et préféreront acheter en ligne », croit-elle.

Le e-commerce était son plan de départ, car l’investissement et le risque étaient minimes. Elle compte poursuivre sur cette voie car « de plus en plus de gens consomment de cette façon. De grandes enseignes cartonnent sans avoir de magasins ».

Cette crise a non seulement conforté Chama Lahou dans ses choix, mais lui a aussi évité le pire : « Si j’avais eu un magasin, je n’aurais pas survécu », réalise-t-elle. 

La flambée de l’or fait briller les affaires de Chad Tolonen

Chad Tolonen n’a pas eu besoin de mettre ses 25 employés à pied durant la pandémie. Le créateur et patron de Timmins Mechanical Solutions, dans le Nord ontarien, a fait tourner son entreprise à plein dès la fin du printemps, avec un pic d’activité en juillet.

Son domaine : la réparation d’équipement industriel. 80 % de ses clients sont des exploitants de mines de l’Ontario et du Québec.

Il doit son salut à la flambée de l’or. Le métal jaune qui culmine à plus de 2 500 $ l’once a ravivé les appétits de l’industrie minière.

« Les mines se sont mises à faire réparer leurs vieilles machines, à cause de l’or qui grimpe. Alors, pour nous autres, c’est pas pire. »

Tandis que les mines existantes intensifient leurs activités d’extraction de l’or, de nouvelles s’ouvrent, comme celle de Gogoma, près de Timmins. Le projet de mine Côté Gold recèle des réserves d’or de plus de sept millions d’onces. De quoi stimuler l’économie ontarienne.

« Les mines font réparer leurs vieilles machines, à cause de l’or qui grimpe » – Chad Tolonen

Créer sa propre société était pour Chad Tolonen une façon de mettre en action ses connaissances et sa passion pour l’ingénierie minière.

« Je suis dans ce secteur depuis l’âge de 15 ans. Les machines sont devenues de plus en plus techniques. Ça change chaque jour. Alors je voulais relever ce défi et m’équiper pour ça. »

Mais dans son secteur porté par le métal précieux, son entreprise fait face à de la concurrence. Ce qui fait la différence pendant la crise, selon lui, c’est sa relation avec le client et sa polyvalence : « Il faut être capable de tout réparer et nous autres, on ne s’arrête pas à une marque de machine, on travaille sur tout. »

Le nettoyage, la valeur sûre d’Olivier Boisjoli

Changement de décor et retour dans le Sud de l’Ontario avec Olivier Boisjoli. Employé dans une compagnie aérienne à Toronto, il a créé son entreprise de nettoyage pour avoir un deuxième revenu, en cas de coup dur. La suite des événements lui a donné raison. Les transporteurs ont massivement mis à pied temporairement leurs employés.

Mais quand la pandémie a frappé, il a été confronté au même problème que les autres.

« Au début de la pandémie, j’ai complètement fermé », raconte-t-il. « Je n’avais pas d’autre option. Puis, dès que la province a rouvert, avec le déconfinement, mes ventes ont augmenté. J’ai constaté une bonne demande pour les services de nettoyage. »

La pandémie a entraîné d’importants besoins en nettoyage et désinfection à travers toute la province, que ce soit dans les entreprises, les copropriétés ou les bâtiments publics. Les entreprises comme celle de M. Boisjoli en ont profité. Les particuliers sont, eux aussi, de plus en plus nombreux à laisser rentrer des professionnels dans leur appartement ou maison.

Olivier Boisjoli propose ses services aux particuliers et à quelques bureaux. « Les gens commencent à accepter que quelqu’un vienne chez eux. Ils sont plus ouverts à l’idée. »

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