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Manifestations du 7 juin contre Ford : des organismes franco-ontariens présents

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Plusieurs organismes franco-ontariens se joindront à la Journée d’action pour résister aux coupures du gouvernement Ford, organisée le 7 juin. Une stratégie qui comporte des risques, reconnaissent certains intervenants.

Organisée à l’initiative de plusieurs syndicats bilingues, dont UNIFOR, le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario ou encore, le Syndicat canadien de la fonction publique, cette journée vise à marquer la victoire aux élections du Parti progressiste-conservateur, un an auparavant. Une année « marquée par les compressions du gouvernement dans les services publics, l’éducation, les soins de santé et le travail décent », dénoncent les organisateurs qui promettent de prendre la rue pour montrer « que nous n’avons pas voté pour de telles mesures ».

L’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) n’a pas participé à l’organisation de cette manifestation, mais son président, Rémi Sabourin, encourage ses membres à s’y joindre.

« Nous voulons envoyer le message que les enseignants sont définitivement en désaccord avec la direction prise par le gouvernement en éducation qui touche directement les élèves. Nos membres sont inquiets. Le gouvernement a fait des consultations bidon. »


« Si le gouvernement veut vraiment faire des économies, il devrait s’asseoir à la table avec tous les partenaires pour trouver des solutions » – Rémi Sabourin, président AEFO


Du côté des associations de conseils scolaires francophones, ni l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO) ni l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) ne donnent de consigne.

« Les conseils scolaires devront décider de manière individuelle s’ils participent à l’événement », explique l’AFOCSC, dans un échange de courriels avec ONFR+.

Action citoyenne

Mais outre les syndicats, d’autres organismes franco-ontariens ont décidé de se rallier à la cause. Des représentants du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) seront présents en solidarité et pour protester contre les décisions prises en matière d’éducation postsecondaire et le report du projet d’Université de l’Ontario français.

À Ottawa, l’Association des communautés francophones (ACFO Ottawa) a également décidé de s’associer au mouvement.

« C’est une manifestation qui rejoint tous les différents secteurs touchés par les coupures du gouvernement Ford. C’est donc naturel pour nous d’y participer et de se rallier à la communauté majoritaire qui nous a soutenus. Ce n’est pas une action politique, c’est une action citoyenne », insiste sa présidente, Soukaina Boutiyeb.

La présidente de l’ACFO Ottawa Soukaina Boutiyeb. Archives ONFR+

Dans la capitale nationale, la journée commencera avec un blitz d’information le matin, puis un rassemblement à Preston Square à midi et enfin, une marche jusqu’au le Palais de justice à 17h.

Risqué pour les Franco-Ontariens ?

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) ne s’associera pas à cette journée, tout comme d’autres organismes qui craignent que le message francophone ne s’y perde.

« C’est sûr que c’est toujours un risque », reconnaît M. Sabourin. « Mais on a aussi développé des actions propres à nous. Nous avons notamment développé des macarons pour nos membres pour dire « Non aux coupes » et des cartes postales à envoyer aux députés pour rappeler leur soutien au syndicat et à la protection de notre système d’éducation de langue française. »

Le macaron de l’AEFO. Gracieuseté : AEFO

La politologue au Collège militaire royal du Canada, à Kingston, Stéphanie Chouinard, pèse le pour et le contre.

« C’est une arme à double tranchant. D’un côté, ça offre une visibilité aux francophones et ça peut permettre de construire une solidarité avec la majorité. D’un autre côté, ça peut nuire au message. Cela dit, comme les relations ne sont pas au beau fixe entre le gouvernement et les syndicats, il y a peu de risques pour eux. Quant aux organismes francophones, l’AFO a tenté jusqu’ici d’œuvrer avec diplomatie et ça n’a pas vraiment fonctionné… »

Autre risque possible, reconnaît Mme Chouinard, celui de s’attirer les foudres du gouvernement ontarien qui soutient les organismes via différents programmes.

« J’imagine que les organismes ont pesé le pour et le contre, mais on sait que le gouvernement peut être assez vindicatif et revanchard, comme on l’a vu avec le conseil municipal de Toronto. C’est certain que c’est risqué, mais ça peut aussi être une stratégie pour se faire voir et recruter de nouveaux membres. »

La présidente de l’ACFO Ottawa rejette cette crainte.

« C’est triste de se poser cette question-là. C’est une activité locale et il est important pour nous d’y participer, comme organisme porte-parole et de défense des droits de la minorité franco-ontarienne d’Ottawa. On doit se montrer présent. Depuis les manifestations du 1er décembre, il n’y a plus rien. Je ne sais pas quelle est la stratégie de l’AFO et nous la soutiendrons, mais il est important de ne pas s’arrêter là. »

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