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Michaëlle Jean veut rencontrer Doug Ford

La secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean. Crédit photo: Centre de la francophonie des Amériques, photographe Jean Rodier

QUÉBEC – La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, souhaite rencontrer le nouveau premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. À la suite de l’élimination du ministère des Affaires francophones et inquiète du sort qu’il réservera à l’adhésion de l’Ontario à son organisation, elle compte lui fournir des arguments économiques pour le convaincre de croire en la francophonie.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Peu importe les positions du premier ministre Ford, je veux le convaincre des avantages du multilatéralisme et que ce sera bon pour l’intérêt général de l’Ontario. L’Ontario a beaucoup à offrir, tout comme la Francophonie, on a intérêt à faire front commun», confie Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, dans une entrevue accordée à #ONfr. «La Francophonie, ce sont des passerelles vers l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Quand on veut développer une société, on a besoin de se positionner sur la scène internationale dans des activités d’investissements et de coopération», renchérit-elle.

Michaëlle Jean, lors de son passage à Québec. Crédit photo: Centre de la francophonie des Amériques, photographe Jean Rodier

Cette semaine, de passage au Parlement francophone des jeunes des Amériques, à Québec, Michaëlle Jean a dénoncé, lors d’un discours, la montée du populisme dans le monde. Plusieurs observateurs affirment que le nouveau premier ministre ontarien est issu de ce courant, mais la secrétaire générale de l’OIF se garde une gêne. «Je ne connais pas Doug Ford, mais il est important pour moi de pouvoir le rencontrer. Plus tôt que tard», dit-elle simplement.

L’Ontario est membre observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie depuis 2016. Celle qui est à la tête de l’organisation espère que le gouvernement Ford ne va pas faire marche arrière dans ce dossier.


«J’espère que l’arrivée du nouveau gouvernement ne va pas provoquer une remise en question de l’adhésion de l’Ontario dans la Francophonie» – Michaëlle Jean


Le gouvernement sortant de Kathleen Wynne promettait, lui, que la province deviendrait à terme un membre de plein droit de l’OIF.

«Je ne le cache pas, ça m’inquiète. J’ose le dire», affirme Mme Jean à propos des récentes décisions du nouveau gouvernement Ford en matière de fait français en Ontario.

L’élimination du nouveau ministère des Affaires francophones est une très mauvaise nouvelle, dit-elle.

 

De bons mots pour Caroline Mulroney

Elle se réjouit cependant de l’entrée en fonction de Caroline Mulroney à titre de procureure générale et ministre déléguée aux Affaires francophones.

«Je suis impatiente de parler à Caroline Mulroney!», lance-t-elle. «Je vais lui écrire pour lui faire valoir ce que l’entrée de l’Ontario a signifié pour votre province, la francophonie canadienne, ainsi que pour notre organisation. Je veux donner du renforcement à Caroline Mulroney. Elle doit réaliser que la fonction qu’elle porte peut aussi être une montée en puissance. Elle aura des propositions intéressantes à offrir à son gouvernement grâce à cette francophonie», affirme la secrétaire générale de l’OIF, qui veut outiller la nouvelle ministre.

Le premier ministre Doug Ford et la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney. Crédit image: #ONfr

Michaëlle Jean vante le travail de son père, ancien premier ministre canadien, en matière de langues officielles et de bilinguisme.

«Elle est quand même la fille d’un premier ministre qui a été l’un des plus fervents défenseurs de la francophonie internationale. Elle est héritière d’un engagement, celui de son père. Oui, il y a eu Pierre-Elliott Trudeau, mais il y a eu aussi Brian Mulroney», souligne-t-elle.

Depuis son entrée dans l’OIF, l’Ontario a profité de diverses retombées. Mentionnons notamment les nombreuses rencontres entre des élus ontariens et leurs homologues d’autres régions francophones, la participation de Franco-Ontariennes au Sommet des femmes de l’OIF, en Roumanie, et l’obtention d’un forum sur le développement durable dans la francophonie qui se déroulera en Ontario. C’est sans compter un accroissement de la notoriété des Franco-Ontariens dans la francophonie internationale. Et ce n’est que le début, assure Michaëlle Jean.


«L’entrée de l’Ontario dans la Francophonie, grâce à la volonté des Franco-Ontariens, multiplie les possibilités» – Michaëlle Jean


L’Organisation internationale de la Francophonie compte 84 états et gouvernements membres partout dans le monde. En comparaison, cela représente le tiers du nombre de pays présents dans l’Organisation des Nations unies. L’OIF organise son prochain grand sommet mondial en octobre, en Arménie.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.