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Mulroney fustige l’AFO et le gouvernement Trudeau

TORONTO – La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, n’apprécie pas l’aide financière supplémentaire versée par le gouvernement fédéral à l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) pour financer la résistance franco-ontarienne.

« Je viens d’apprendre que le gouvernement fédéral a donné une aide supplémentaire à un organisme pour financer des activités politiques et de résistance contre notre gouvernement. Nous savions que le gouvernement Trudeau aimait jouer des jeux politiques, maintenant on sait avec qui il joue ! », fustige la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, en entrevue avec ONFR+.

La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly. Archives ONfr+

La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a confirmé avoir versé une aide financière supplémentaire de 200 000 $ à l’AFO au cœur de la crise en Ontario français « pour être en mesure de se mobiliser sur le terrain ». Cette somme aurait permis à l’organisme de faire face au surplus d’activités et de sollicitations généré par la crise.

Ce mardi, interrogée par ONFR+, la ministre fédérale s’est dite encore prête à donner un coup de pouce supplémentaire à l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens.

Mieux utiliser le financement

« Le gouvernement fédéral pourrait consacrer ce financement à des activités nécessaires à tous les Franco-Ontariens », estime Mme Mulroney, qui rappelle avoir demandé à plusieurs reprises à Ottawa de « corriger le sous-financement des Franco-Ontariens » par rapport aux autres francophones en contexte minoritaire.

En novembre dernier, Mme Mulroney expliquait que « selon l’entente provinciale-fédérale, l’Ontario reçoit 2,78 $ pour chaque francophone contre 7,31 $ pour le Nouveau-Brunswick et 35,71 $ pour le Manitoba. Depuis cinq ans, le fédéral a investi 7 millions dollars par l’entremise de cette entente, alors que l’Ontario en a investi près de 13,2 millions dollars. »

« Pour l’instant, je n’ai pas eu de réponse », dit aujourd’hui la ministre ontarienne.

Son argumentaire avait toutefois été remis en cause par plusieurs intervenants, jugeant qu’il ne tenait pas compte de tous les transferts du fédéral vers les provinces.

Travailler pour les francophones

Les critiques de Mme Mulroney envers le financement exceptionnel du fédéral pour la résistance franco-ontarienne visent aussi l’AFO.

« L’AFO aurait plutôt dû profiter de cette occasion pour demander du financement au gouvernement fédéral pour un appui plus concret aux Franco-Ontariens », dit-elle.


« C’est très décevant que l’AFO et les libéraux jouent des jeux politiques ensemble » – Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones


De là à imaginer que les rapports entre l’organisme franco-ontarien et la ministre et le gouvernement pourraient en être affectés ? La ministre élude la question disant vouloir travailler « pour tous les francophones de l’Ontario ».

« En dépit des jeux politiques que jouent l’AFO et les libéraux, nous gardons notre objectif. Notre gouvernement veut continuer à protéger les acquis et à améliorer les services pour tous les Franco-Ontariens », assure-t-elle.

Mais hasard du calendrier ou non, la sortie de la ministre est intervenue quelques heures seulement avant qu’on apprenne que l’AFO ne serait pas admise dans le huis clos budgétaire, ce jeudi, ce qui était pourtant devenu une tradition ces dernières années.

Le ton très vindicatif de l’organisme envers le gouvernement après les annonces de coupures de postes au sein du Commissariat aux services en français lors de son futur transfert au bureau de l’ombudsman pourrait également l’avoir pénalisée.

Le bureau de la ministre Mulroney réfute toutefois un quelconque lien expliquant que c’est le ministère des Finances qui est responsable du budget et du huis clos.

L’AFO se défend

Contactée par ONFR+, l’AFO, dans une déclaration écrite, se défend de toute partisanerie. L’organisme invite plutôt les deux paliers de gouvernement à se parler.

« Depuis le 15 novembre, jour de l’annonce de l’abolition du Commissariat aux services en français et de la suspension du financement de l’Université de l’Ontario français, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario encourage les paliers provincial et fédéral à trouver des solutions pour sauvegarder ces institutions vitales à la francophonie ontarienne. À ce jour, l’AFO est déçue de constater qu’aucune rencontre n’a eu lieu entre la ministre Mulroney et la ministre Joly », écrit l’organisme, soulignant son rôle de « rassembleur » et de « voix politique non partisane de la francophonie de l’Ontario » et son mandat « de concerter la collectivité  franco-ontarienne et d’agir comme son porte-parole pour revendiquer ses droits ».

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada s’est rapidement porté au secours de l’AFO. Dans une déclaration écrite, Jean Johnson réagit aux propos de la ministre Mulroney.

« Je suis déçu de lire des propos qui accusent l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario de jouer des jeux politiques de manière partisane. Je trouve que ces propos traduisent une mauvaise compréhension du rôle d’un organisme porte-parole francophone. Un organisme ne sert pas de porte-voix pour un parti, mais pour une communauté. Sa seule allégeance, c’est à la francophonie de sa province ou de son territoire. (…) L’AFO porte clairement une attente de la collectivité franco-ontarienne : que tant la ministre Joly que la ministre Mulroney agissent en championnes de la francophonie, au-delà de la politique partisane. »

 

Cet article a été mis à jour le mercredi 10 avril à 16h30.

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