Le NPD demande au fédéral d’intervenir contre la prise de contrôle provinciale de Billy Bishop
TORONTO – Dans une lettre adressée au premier ministre canadien Mark Carney vendredi, la cheffe de l’opposition à Queen’s Park, Marit Stiles, implore le gouvernement fédéral de faire barrage aux ambitions provinciales de prise de contrôle des îles de Toronto pour l’agrandissement de l’aéroport de ville Billy Bishop.
Une semaine auparavant, le gouvernement Ford introduisait le projet de loi 110 (Loi de 2026 sur la construction de l’aéroport Billy Bishop) pour prendre le contrôle de l’aéroport et procéder à des agrandissements, autorisant l’allongement de la piste et l’exploitation de jets.
La province prendrait ainsi la place de la Ville de Toronto dans l’accord tripartite qui régit le site (entre la municipalité, le gouvernement fédéral et PortsToronto).
Pour le NPD, le point de contention réside principalement dans l’expropriation de terres municipales pour mener le projet à bien, et la crainte d’une prise de contrôle de l’ensemble des îles de Toronto par la province.
Elle affirme que le projet de loi ne s’arrête pas aux pistes d’atterrissagilee, mais qu’il permet à la province de saisir des parcelles de parcs et de plages sur les îles de Toronto.
Marit Stiles dénonce une absence totale de transparence et de consultation publique, qualifiant la manœuvre d’ « un accaparement brutal de ces terres ».
Dans sa missive, la cheffe néo-démocrate réclame une intervention directe d’Ottawa pour protéger les droits démocratiques des résidents de Toronto dont les voix sont, selon elle, ignorées par Queen’s Park. Elle appelle à la préservation de l’accès public aux îles, qu’elle décrit comme un atout vital pour l’environnement et les loisirs du Grand Toronto.
Le NPD demande également le maintien du rôle de la Ville de Toronto dans la gouvernance de ses terrains.
« La lutte pour sauver les îles de Toronto définira l’avenir de notre province et de cette ville », prévient celle-ci, avant de conclure par une question directe au premier ministre Carney : « Allez-vous stopper cette mainmise? »
Pas de prise de position claire côté fédéral
Cette prise de contrôle vise à soutenir la modernisation et l’agrandissement de l’aéroport Billy Bishop, « afin de répondre à la demande future dans le sud de l’Ontario de réduire la pression sur l’aéroport international Pearson de Toronto », avait précédemment justifié la province.
Avant même que le projet de loi ne soit déposé, en conférence de presse à Toronto, le mois dernier, Mark Carney avait commenté l’idée, qualifiant la vision de la province de « très intéressante », et offrant de « grandes possibilités ».
« Si la Ville et la province consolident leurs responsabilités, cela crée une efficacité permettant au fédéral de traiter avec un seul interlocuteur », avait-il dit, précisant qu’il ne prendrait pour l’heure pas de décision prématurée.
Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a récemment indiqué que son ministère suivait de près les débats à Queen’s Park.
« Nous sommes ouverts aux options. Lorsque la province sera prête à discuter, nous serons là pour voir ce qu’ils proposent », a déclaré le ministre MacKinnon lors d’un point de presse.
Celui-ci a toutefois insisté sur le fait que les opérations aéroportuaires y sont déjà largement entre les mains du secteur privé, malgré les questions des journalistes le relançant sur le fait que les terres, elles, ne sont pas privées.
Le ministre a conclu en affirmant que le gouvernement fédéral est actuellement en train d’évaluer les « meilleures pratiques » mondiales pour rendre l’expérience des passagers plus efficace et fluide.