Politique

Parti québécois : Doug Ford s’oppose vivement à toute idée de séparatisme

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, s’entretient avec des journalistes avant la réunion des premiers ministres à Ottawa, le jeudi 29 janvier 2026. Photo : La Presse canadienne/Adrian Wyld

OTTAWA – Face à l’avance du Parti québécois selon les derniers sondages sur les intentions de vote au Québec, le premier ministre ontarien Doug Ford n’a pas mâché ses mots. La possibilité d’un référendum séparatiste est selon celui-ci « inacceptable », le Québec étant « plus fort au sein du Canada » et le Canada « plus fort avec le Québec ».

Ce jeudi, en conférence de presse à l’occasion de la rencontre hivernale des premiers ministres provinciaux à Ottawa, Doug Ford a déclaré inacceptable l’idée d’un référendum séparatiste au Québec.

« Vous êtes tellement plus forts quand vous faites partie du Canada. Le Québec est plus fort au sein du Canada et le Canada est plus fort avec le Québec », a tranché M. Ford.

Cette déclaration survient alors que le Parti québécois domine largement les intentions de vote au Québec en vue du scrutin du 5 octobre 2026. Un sondage mené en ligne par la firme Léger en décembre dernier auprès de 1039 répondants donnait 35 % au Parti Québécois (PQ), 20 % au Parti Libéral (PLQ), 19 % à la Coalition avenir Québec (CAQ) et 9 % pour Québec solidaire (QS).

Des commentaires qui s’ajoutent à une réaction choc du premier ministre ontarien, la veille, prédisant que si les séparatistes étaient élus au Québec « ce serait un désastre pour le pays ».

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, était à ses côtés et avait renchéri en disant que « c’est l’union qui fait la force ».

Doug Ford a affirmé aux journalistes ne pas regretter ses propos : « Non, ils sont séparatistes, ils vont faire un référendum. Si, et Dieu nous en garde, il (le chef du Parti québécois) est élu, retenez mes paroles, d’ici un an ou un an et demi, il déclenchera un référendum pour se séparer du Canada. C’est inacceptable! »

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a en effet promis de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec au cours du premier mandat d’un gouvernement péquiste.

Réagissant depuis son caucus en Beauce (région au sud de Québec), ce dernier a qualifié les propos de Ford de « mauvais théâtre » et de « campagne de peur ».

À Ottawa, le premier ministre du Québec, François Legault, a soutenu que « les Québécois n’aiment pas ça », ce type de commentaires sur les affaires du Québec, « que ce soit M. Trump, M. Carney, M. Ford ou peu importe, les gens qui sont de l’extérieur du Québec ».

« J’ai dit aux premiers ministres des différentes provinces et des différents territoires que ce n’était pas une bonne idée. C’est aux Québécois de décider de l’avenir du Québec », a-t-il mentionné lors d’une conférence de presse de clôture à la rencontre des premiers ministres, jeudi après-midi.

Ford réitère son attachement pour les Québécois

« C’est une province extraordinaire avec des gens extraordinaires et je les soutiens à 1000 %, mais n’élisez pas un séparatiste parce que ça sera un désastre », a-t-il intimé, avant de dire qu’il espérait qu’il n’y aurait jamais de référendum.

Il en a également profité pour déclarer son attachement aux Québécois, confiant qu’ils occupent une grande place dans son cœur : « Je ne sais pas, il y a comme un lien entre moi et les Québécois. J’apprends le français, d’ailleurs. Chaque fois que je rencontre des gens du Québec, le courant passe, alors j’aime les Québécois. »

De conclure : « Mes amis, nous devons rester unis, c’est l’Équipe Canada, rien d’autre. Nous sommes tellement plus forts. Les Québécois veulent des emplois, et la façon d’obtenir des emplois, c’est de faire partie du Canada. »

Avec les informations de Pascal Vachon.