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Pas besoin de parler le français, selon le patron d’Air Canada

Temps de lecture : 3 minutes

Selon le patron d’Air Canada Michael Rousseau, vivre à Montréal ne nécessite pas de parler le français, ce qui soulève la colère de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA). Le transporteur aérien qui est assujetti à la Loi sur les langues officielles a connu de nombreux déboires par le passé en termes de services en français.

« J’ai été capable de vivre en français sans avoir à apprendre le français. Je crois que c’est la réalité de Montréal », a dit Michael Rousseau à des journalistes mercredi en mêlée de presse.

Ce dernier s’est adressé à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain où il a fait une allocution seulement en anglais. Le discours du dirigeant d’Air Canada a soulevé de nombreuses réactions mercredi et dans les derniers jours chez des personnalités politiques.

« Air Canada offre un service important aux Canadiens. Il se doit de le faire dans les deux langues officielles et ses leaders doivent montrer l’exemple », a réagi sur Twitter la ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor. « Nos deux langues officielles sont notre richesse et nos leaders se doivent d’en faire la promotion. Je vous invite à faire l’effort d’apprendre la magnifique langue qu’est le français. »

De son côté, le chef du Bloc Québécois Yves François-Blanchet se demande si le fédéral ne devrait pas revoir l’aide financière qu’il accorde à l’entreprise canadienne.

Alain Rayes, porte-parole du Parti conservateur aux Langues officielles juge « vraiment désolant de voir aussi peu de considération pour les francophones. Le déclin du français est bien réel. Il faut montrer l’exemple et agir. Malheureusement, cet enjeu n’a jamais été une priorité pour le gouvernement Trudeau ».

« Vivement une Loi sur les langues officielles modernisée avec plus de mordant », s’est exclamé pour sa part le sénateur acadien René Cormier, sur le même réseau social.

La FCFA demande des excuses

La FCFA s’est dite « sidérée » d’entendre les propos de M. Rousseau.

« Ce qu’on entend aujourd’hui du PDG d’Air Canada, c’est une fin de non-recevoir à l’égard du français. Il doit s’excuser pour son attitude insensible et son manque de respect envers les francophones », déplore la présidente de la FCFA, Liane Roy.

Air Canada a souvent été pointée du doigt par le passé par les commissaires aux services en français Graham Fraser et par l’actuel, Raymond Théberge. En 2020, M. Théberge disait recevoir près de 85 plaintes par an concernant le transporteur aérien.

Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA). Gracieuseté

« Considérant le nombre de fois qu’Air Canada a défrayé la manchette au cours des décennies comme mauvaise élève en matière de respect des obligations linguistiques, on s’attendrait à ce que le PDG donne un meilleur exemple. Au lieu, ce que le personnel comprendra, ce que les dirigeants et dirigeantes des autres sociétés assujetties à la Loi comprendront, c’est que le français ce n’est pas important, même au Québec », ajoute Mme Roy.

Cette dernière fait le lien avec certaines demandes de la FCFA concernant la modernisation de la Loi sur les langues officielles et les déboires à Air Canada.

« Si le commissaire aux langues officielles disposait du pouvoir d’émettre des ordonnances et d’imposer des sanctions, s’il existait une agence centrale avec l’autorité d’exiger des résultats de toutes les institutions fédérales en matière de respect des obligations linguistiques, ça serait peut-être pris au sérieux. »

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