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Pas de retour en classe avant septembre en Ontario

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Le gouvernement a tranché : l’apprentissage à la maison se poursuivra jusqu’à la fin de l’année scolaire, prévue fin juin. Objectif : conforter un retour sécuritaire à la rentrée de septembre et, entre temps, favoriser les activités extérieures, y compris les camps d’été et les cérémonies de graduation. L’appui en santé mentale sera aussi prolongé durant le congé d’étdé.

« Les classes ne retourneront pas en présentiel », a annoncé le premier ministre Doug Ford, ce mercredi lors d’une conférence de presse très attendue. « Je ne prendrai pas de risque inutile avec les enfants, alors que des variants dangereux circulent. »

Derrière cette décision, le gouvernement veut assurer une rentrée sécuritaire. En attendant, avec la levée de l’ordre de rester à la maison – qui entre en vigueur aujourd’hui -, l’idée est de favoriser les activités extérieures, tels que les camps d’été mais aussi les cérémonies de graduation scolaire en plein air.

« Je sais que c’est très difficile pour plusieurs parents. Ils font un boulot formidable et on va continuer à les appuyer », a promis Doug Ford. Son ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a d’ailleurs assuré que les soutiens en santé mentale seraient prolongés durant l’été.

Le premier ministre Doug Ford. Capture d’écran ONFR+

« La décision qu’on prend aujourd’hui pour cet été, c’est aussi pour une rentrée plus sûre en septembre », a fait valoir le premier ministre, réfutant l’intention qu’on lui prête de faire passer l’économie avant l’éducation. « On ne veut pas que deux millions d’enfants se retrouvent à l’intérieur des écoles pendant trois semaines, alors que pas assez encore n’ont reçu une première dose de vaccin. »

Et d’agiter le danger du variant indien et l’inaction, selon lui, du gouvernement fédéral à restreindre plus encore les mesures aux frontières. « Le fédéral ne fait rien. Il est assis les bras croisés. Je ne comprends pas pourquoi il refuse de resserrer les frontières. »

Cette décision prend à rebrousse-poil l’avis du Dr Williams qui recommandait un retour en mode présentiel malgré la hausse inévitable mais gérable de contamination qu’elle engendrerait. Surtout, l’Ontario devient ainsi la seule province au pays à maintenir ses établissements scolaires fermés.

Service de garde d’urgence maintenu

Le service de garde d’urgence pour les parents d’enfants d’âge scolaire qui travaillent en première ligne n’est pas en mesure de se charger de l’apprentissage de leurs enfants à la maison, est prolongé jusqu’à la fin du mois de juin. Depuis sa mise en œuvre, plus de 11 000 enfants d’âge scolaire dans la province y ont participé chaque jour.

Les programmes avant et après l’école demeureront fermés et la facturation de frais aux parents continuera d’être interdite pendant la période d’apprentissage à distance. Les services de garde agréés pourront recommencer à accueillir les enfants d’âge scolaire pour la journée complète dans le cadre de leur programmation estivale.

Les programmes avant et après école qui offrent des camps d’été pourront enfin ouvrir leurs portes en respectant les recommandations en matière de santé et de sécurité du ministère de le Santé.

Le premier ministre a évoqué par ailleurs l’éventualité d’anticiper la phase 1 de la réouverture de la province, prévue le 14 juin, seulement si les experts le recommandaient, en fonction de l’évolution des indicateurs de santé publique et de la campagne de vaccination.

« Le premier ministre se contredit », rétorque l’opposition

« Le premier ministre se contredit », a réagi la chef de l’opposition, Andrea Horwath. « D’un côté, il dit que les écoles sont sécuritaires et, de l’autre, il dit que, si les enfants y retournent, le virus se propagera encore plus. »

« Depuis le début, le premier ministre ne veut pas mettre la santé affective, physique et mentale des enfants en avant », a-t-elle contre-attaqué. « Il a pris des décisions contraires à ce que préconisaient les experts en santé et qui ont abouti à une longue et difficile 3e vague, ainsi qu’à un État policier avec la fermeture des parcs d’enfants. »

« Si on en est arrivé là, c’est parce que ce gouvernement n’a pas investi dans la sécurité des écoles, la taille des classes, ou encore la ventilation, ni priorisé la vaccination des travailleurs en éducation. La liste des priorités qu’il aurait dû prendre est longue. Tout premier ministre qui a le sens des autres aurait mis les enfants au premier plan. »

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