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Port obligatoire du masque bien reçu à Sudbury

Temps de lecture : 3 minutes

SUDBURYDans le Grand Sudbury, le port du couvre-visage est désormais obligatoire dans les établissements commerciaux depuis ce mercredi, selon une consigne du bureau de Santé publique Sudbury et districts (SPSD). Toutefois les commerces ont peu de ressources pour mettre en application ce nouveau règlement.

La nouvelle règle est fondée sur la « bonne foi », explique SPSD.

« Les établissements commerciaux doivent installer des panneaux, émettre des rappels verbaux, mais rien ne les oblige à empêcher les clients d’entrer », écrit le bureau de santé publique dans un communiqué de presse.

Aujourd’hui, nombreux sont les commerces sudburois à afficher la consigne sur leurs façades.

« Vous ne pouvez pas rentrer si vous n’avez pas de masque », indique un avis sur la porte d’entrée de la pâtisserie Pinchman’s.

« Nous mettons en œuvre la consigne du mieux que nous pouvons, tant avec nos clients qu’avec notre personnel », explique le pâtissier Alan McMullan.

Alan McMullan, pâtissier à la pâtisserie Pinchman’s. Crédit image : Didier Pilon

Mais selon lui, l’entrée en vigueur de cette nouvelle règle a peu de ramifications tangibles.

« Même avant aujourd’hui, la plupart des gens qui entraient dans notre commerce portaient un masque », note-t-il. « Toutefois, je ne sais pas comment nous pourrions forcer les gens à respecter la règle. Nous encourageons les gens à porter le masque avec des affiches et des publications sur les médias sociaux, mais nous n’allons pas jeter personne dehors. »

Au magasin de nourriture pour animaux domestiques Tail Blazers, la propriétaire juge que le gouvernement aurait dû en faire plus pour obliger le port du masque.

« Je suis très satisfaite de la consigne, mais je suis déçue qu’il n’y a pas plus de ressources pour la mettre en application », affirme Jolie Biancin.

Elle raconte que certains de ses clients ont refusé de porter un masque, plus tôt mercredi matin.

Jolie Biancin, propriétaire du magasin Tail Blazers. Crédit image : Didier Pilon

« C’étaient trois personnes relativement jeunes, probablement de la fin de la vingtaine ou du début de la trentaine », relate-t-elle. « Certains ont dit qu’ils n’y croyaient pas, d’autres qu’ils pensaient que leur système immunitaire était assez fort pour ne pas en avoir besoin. »

« En tant qu’entreprise, la seule chose que je pouvais faire était de leur refuser l’entrée », poursuit-elle. « Mais je serais alors désavantagée parce qu’ils iraient dans un autre magasin qui n’applique pas la consigne. Le gouvernement a le droit de l’imposer en vertu de la loi d’urgence, et je suis déçue qu’il ne l’ait pas fait. »

Mme Bianchin se dit responsable de la santé et de la sécurité de ses employés et aimerait donc que tout le monde adhère à la règle.

« Les dernières recherches indiquent que c’est la façon la plus sécuritaire de procéder » conclut-elle.

Les clients se montrent favorables à l’idée

Sur la Place des quatre coins, dans le Sud de la ville, les clients semblent tous porter leur masque.

Les grosses épiceries de la région, l’Independant et le Food Basics, en offrent gratuitement à leurs portes d’entrée. Certains plus petits commerces, tels que les salons de coiffure ou de manucure, les vendent au coût d’un dollar chacun.

Devant les portes de la pharmacie du coin, Edera et Jack Korry témoignent de leur appui à la nouvelle consigne.

« Nous sommes tous deux des personnes âgées et nous voulons nous sentir en sécurité », expliquent-ils. « Mais nous voulons aussi faire notre part afin de protéger les autres. »

Edera et Jack Korry. Crédit image : Didier Pilon

Marie Beaulieu, qui magasinait alors dans les environs, abonde dans le même sens.

« C’est un petit geste qui nous permettra de retourner à la normale plus rapidement », affirme-t-elle.

Alors qu’il semble que la majorité des gens se montre favorable à la consigne, certains opposants se font entendre.  

« Je suis la consigne, mais je ne suis pas ravie de le faire », explique à travers son masque une cliente qui demande à rester anonyme. « Je sais que je ne suis pas malade, j’ai confiance que les autres ne sont pas malades non plus. Je trouve toute cette charade ridicule. »

« Maintenant, on nous dit que ce sera notre “nouveau normal” pour quelques années, jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin », ajoute la dame de 65 ans. « Je trouve ça épouvantable. »

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