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Qui sont les huit Torontois pressentis pour piloter le comité francophone ?

Temps de lecture : 5 minutes

TORONTO – Les fonctionnaires de la Ville de Toronto ont sélectionné huit candidats parmi une quarantaine de postulants. Une fois validée par le conseil municipal, l’équipe se mettra au travail autour de la conseillère Jennifer McKelvie, présidente du comité consultatif francophone, dont la première réunion devrait intervenir en novembre.

Français d’origine, Serge Paul est le président de l’Association des communautés francophones de l’Ontario (ACFO) de Toronto depuis l’hiver dernier. L’organisme porte-parole des 125 000 Franco-Torontois est une des principales forces communautaires de la ville.

Il prépare l’organisation du Jour des Franco-Ontariens sur la place Nathan-Phillips qui rassemblera, le 25 septembre prochain, plusieurs centaines d’élèves autour du traditionnel lever de drapeau vert et blanc.

Installé en Ontario depuis plus de vingt ans, cet agent de liaison du conseil scolaire Viamonde, à la fibre oratrice, a siégé sur plusieurs conseils d’administration (CA), notamment ceux du Centre de service de santé de Peel-Halton et du comité consultatif francophone de la police de Toronto.

Sa compatriote tricolore Marcelle Lean a, elle aussi, jeté son dévolu sur Toronto, voilà de nombreuses années. Depuis plus de 20 ans, la comédienne parisienne est l’indéboulonnable fondatrice et directrice générale de Ciné-Franco, le festival du film francophone de Toronto.

Des profils complémentaires

Connue pour sa résilience et son franc-parler, elle se bat sans relâche pour, chaque année, réinventer un festival en trois volets qui draine des milliers de spectateurs, adultes et scolaires.

Mme Lean est incontestablement la personnalité culturelle de cette équipe, qui respecte la parité avec quatre femmes et quatre hommes, et la francophonie dans sa diversité. Sa persévérance et ses qualités humaines auront certainement un impact positif sur ses collègues dans les moments d’enlisement auxquels ce type d’exercice habitue.

Dada Gasirabo. Crédit image : Rudy Chabannes

Directrice générale d’Oasis Centre des femmes, une organisation qui lutte contre la violence faite aux femmes, Dada Gasirabo milite pour l’autonomisation des femmes et l’intégration des nouveaux arrivants.

Éclaboussée par des allégations émanant de son personnel, Dada Gasirabo a fait la Une de l’actualité locale, à l’hiver 2018, à la suite d’une série de licenciements et de démissions mis en lumière par nos confrères de Radio-Canada.

Lors de l’assemblée générale annuelle de l’association, il y a une semaine, la leader communautaire y est allée d’une brève remarque sur cet épisode, le qualifiant de « tentative de déstabilisation ».

À ses côtés, siégera Lise Béland. Titulaire d’une maîtrise en Leadership mondial innovateur de l’Université de Fredericton, la vice-présidente du Collège Boréal pour le centre-sud-ouest a gravi ces dix dernières années les échelons de l’institution post-secondaire.

Native du Nord de l’Ontario, ses domaines d’expertise couvrent la formation, l’employabilité et l’immigration. Elle siège au CA du Club canadien, tout comme Dominic Mailloux, lui aussi pressenti pour faire partie du Comité français de la Ville de Toronto.

Le président du Club canadien s’était auparavant investi dans le conseil d’administration de Francophonie en fête. Il est, dans la vie professionnelle, directeur des ressources humaines au sein de l’avionneur Bombardier.

Isabelle Girard. Crédit image : Rudy Chabannes

La directrice générale de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), Isabelle Girard, s’est longtemps battue pour la qualité des soins de longue durée en français à titre de directrice générale des Centres d’accueil Héritage, durant neuf ans.

Elle a notamment arraché à la ville une exonération de taxe foncière de 350 000 $ annuels. Elle apparaît donc comme la négociatrice du groupe, celle qui sait faire plier la ville lorsque les intérêts francophones sont en jeu.

De nouveaux visages dans le microcosme communautaire

Ils ne sont ni directeurs d’organisme, ni présidents de conseil d’administration, mais ils ont des choses à dire. Youssouf Kalogo et Carlo Handy Charles font eux aussi leur entrée dans le comité.

Ingénieur, spécialisé dans le génie de l’environnement, M. Kalogo a été, de 2011 à 2012, conseiller technique du premier ministre de la République de Côte d’Ivoire.

Après un début de carrière en Belgique, il s’est embarqué pour Toronto où il vit depuis quinze ans. Engagé dans l’éducation en langue française, il fut coprésident du conseil de participation des parents du Conseil scolaire Viamonde et président du conseil d’école de l’Académie Alexandre-Dumas à Guildwood, à Toronto.

Il siège, depuis 2016, au CA du Centre francophone du Grand Toronto et a présidé, en 2017, le troisième congrès annuel du Comité de planification Canada-Afrique.

M. Charles, quant à lui, est un chercheur d’expérience internationale. Assistant d’enseignement à l’Université McMaster, à Hamilton, ce Torontois d’origine haïtienne travaille sur l’intégration des migrants et des réfugiés avec des collaborateurs au Mexique, au Brésil, en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Il a, entre autres, travaillé avec la Ville de Lyon (France) afin d’améliorer son attractivité universitaire, une expérience qui pourrait être profitable à la progression de certains dossiers francophones à Toronto, ville hôte de l’UOF.

Arrivé il y a trois ans dans la Ville Reine, il a enseigné le français à l’Alliance française et réalisé des traductions pour des demandeurs d’asile francophones à Toronto pour le Caribbean Solidarity Network.

Un démarrage tardif et des défis de taille

Le comité consultatif francophone de Toronto est un des derniers comités de la ville à se mettre en route. Son démarrage, prévu en novembre, interviendra un an et demi après la mise en sommeil du précédent.

Le prolongement de la période des candidatures jusqu’au 3 septembre dernier est intervenu dans la foulée des révélations d’ONFR+ sur la démarche pour le moins atypique de René C. Viau pour faire prévaloir un ensemble de sept candidatures autour de lui.

Visé par la suite dans une autre enquête médiatique, l’ex-directeur torontois de la Société économique de l’Ontario (SÉO) a été écarté des postulants révélait à ONFR+, le 12 septembre, une source proche du dossier, précisant le maintien dans la course les sept autres candidats identifiés par M. Viau.

Jennifer McKelvie, présidente du comité français de Toronto. Crédit image : Rudy Chabannes

La liste des huit membres retenus sera soumise à l’approbation finale du conseil municipal début octobre, très probablement lors de la deuxième ou troisième réunion.

Il leur faudra faire preuve de cohésion et de persuasion, durant les trois prochaines années, pour infléchir la politique de la Ville qui n’a pas fait avancer beaucoup de dossiers ces dernières années, malgré les déclarations d’intention du maire John Tory.

Pour sa part, la présidente et conseillère de Scarborough-Parc de la Rouge, Jennifer McKelvie, s’est dite engagée à 100 % dans ce comité. Elle a confirmé à ONFR+ s’assurer que des réunions régulières et suivies soient planifiées si tel est le souhait des membres, pour ne pas reproduire les erreurs du passé.

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