Véronique Sylvain Photo : Richard Tardif
Culture

Rendre la littérature franco-ontarienne plus accessible dans le Nord

Véronique Sylvain Photo : Richard Tardif

SUDBURY – La maison d’édition Prise de Parole annonce une initiative de développement communautaire et littéraire dans le nord de l’Ontario — un projet piloté par Véronique Sylvain, autrice et poète originaire de Kapuskasing. Actuellement dans la phase de recherche de financement, l’initiative a pour mission de rendre accessible la littérature franco-ontarienne dans les communautés du nord.

Présente depuis 1973, la maison d’édition Prise de Parole lance un nouveau projet aux ambitions régionales. L’objectif : créer des partenariats avec des organismes francophones à Sudbury, mais aussi à Hearst, Kapuskasing, et Thunder Bay.

« Ce qu’on va leur proposer, c’est des activités gratuites. Si on a des bailleurs de fonds, les ateliers, tout ça va être couvert par nous. Ce qu’on veut justement, c’est de créer un engouement autour de la littérature, autour de l’écriture, de la lecture, puis de faire des collaborations en milieu communautaire » dit l’autrice et récipiendaire du prix Trillium de poésie en 2020, Véronique Sylvain.

Bien que ce ne soit pas l’élément déclencheur, la suppression de 28 programmes en français à l’Université Laurentienne a certes motivé le projet. L’écrivaine a développé sa plume lors de son passage à l’université au baccalauréat en Lettres françaises, un programme qui n’existe plus aujourd’hui. « C’est là aussi que j’ai découvert la littérature franco-ontarienne, dit-elle. C’est l’une des raisons pour lesquelles, aujourd’hui, je suis autrice ».

Véronique Sylvain, finaliste en poésie du Prix Trillium de 2026, porte une initiative communautaire et littéraire dans le nord de la province. Photo : Ontario Créatif

En l’absence de ces programmes en littérature, la communauté littéraire remarque un déclin de la voix nord-ontarienne dans le portrait canadien. « Avec les coupures de l’Université Laurentienne, c’est plus difficile d’aller chercher un lectorat dans le Nord de l’Ontario, une relève en écriture » dit l’autrice.

Pour combler ce vide, le projet cherche à s’implanter dans plusieurs villes du nord. Bien que Sudbury soit au centre, notamment à cause de ses lieux culturels francophones, comme la Place des Arts, la maison d’édition souhaite atteindre les villes où la vie culturelle est plus limitée.

La maison d’édition en situation minoritaire veut, à travers ce projet, créer des espaces communautaires pour tous. « On est des animateurs, des animatrices de nos milieux déjà. Ça s’explique pour toutes sortes de raisons historiques. Des fois, il n’y a pas de librairie, il y a peu de livres en français dans les bibliothèques, dans les écoles, il y a peu de programmes d’enseignement de la littérature ou des arts », explique le co-directeur général de la maison d’édition, Stéphane Cormier.

« On est une maison de plus en plus pancanadienne, mais on n’oublie jamais les racines de la maison qui sont dans le Nord de l’Ontario » ajoute-t-il.

Bien qu’ambitieux, le projet ne cherche pas à dénicher les prochains talents nord-ontariens dans l’immédiat, d’après Mme Sylvain. L’intention, c’est surtout de rendre la littérature franco-ontarienne accessible, tant pour les lecteurs que pour les écrivains en herbe. « Je vois le projet qu’on lance en Ontario comme une transmission, un legs de Prise de Parole à des Franco-Ontariens qui auraient un intérêt pour les mots mais qui sont moins en contact, finalement, avec des activités et des institutions qui en font la promotion ».