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Sam Oosterhoff : « Si ce n’est pas un problème d’argent, qu’est-ce que c’est ? »

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Sam Oosterhoff est l’un des rares députés bilingues dans le camp progressiste-conservateur. Adjoint parlementaire du ministre de l’Éducation, il suit de très près les dossiers et la crise qui secoue l’éducation dans la province.

LE CONTEXTE :

Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a annoncé le gel de l’augmentation de la taille des classes et l’abandon des cours en ligne obligatoires, deux points d’achoppement dans les négociations entre gouvernement, syndicats et employeurs.

L’ENJEU :

Pour mettre un terme à la crise, les trois parties doivent trouver un accord sur les conventions collectives des enseignants et du personnel de soutien, échues depuis fin août.

« Avec les récentes annonces du ministre de l’Éducation, espérez-vous conclure un accord rapidement ?

Très vite, j’espère. Nous continuons de discuter des offres que nous avons faites. Nous en aurons à nouveau l’opportunité ce mardi et ce mercredi, lors des prochaines négociations, comme nous le faisons depuis 300 jours.

Pourquoi ce recul soudain, le deuxième depuis le début de la crise ?

Notre gouvernement a écouté les besoins des élèves et des familles qui veulent pouvoir choisir si leurs enfants suivent ou non des cours en ligne. Nous avons aussi revu notre position sur le nombre d’élèves par classe.

Faut-il en déduire que vous n’aviez pas écouté ces familles avant de lancer vos mesures initiales ?

C’était une position que nous avons changée après, mais nous sommes aussi les défenseurs des contribuables de la province. Notre croyance est d’améliorer la situation dans les salles, mais il faut aussi faire des augmentations de salaires qui restent raisonnables.

Estimez-vous avoir fait suffisamment ?

Nous avons fait beaucoup d’offres, comme l’augmentation des rémunérations des enseignants, changer nos positions sur la taille des classes et les cours en ligne. Nous avons offert beaucoup, mais les syndicats n’ont pas rendu le change. C’est nécessaire pour les deux parties d’avoir une entente.

Avez-vous fait ces propositions à la table des négociations ou seulement devant les médias, comme vous le reprochent les syndicats ?

Oui. Une semaine avant l’annonce du ministre, nous avons proposé les différentes offres à la table. Ça a vraiment été à la table des négociations. Depuis le 24 février, nous avons fait ces offres.

Dans ces conditions, quel message adressez-vous aux syndicats ?

C’est le temps de trouver une entente pour les élèves, les parents et les enseignants. Les élèves doivent retourner en classe. Notre objectif est d’améliorer la situation dans les salles de classe. J’espère que c’est aussi celui des syndicats.

Taille des classes et cours en ligne étaient les mesures phares du ministère. Que reste-t-il de cette réforme ? Une coquille vide ?

Il reste beaucoup : nous faisons, par exemple, un investissement historique dans la santé mentale et les besoins spéciaux avec le fonds de soutien aux élèves.

Le système francophone d’apprentissage en ligne a fait ses preuves sur la base du volontariat. Pourquoi avoir voulu le changer en rendant les cours obligatoires ?

Le marché du travail évolue très vite. C’est nécessaire pour l’avenir de nos élèves d’avoir des compétences en ligne. Nous voulions une norme de référence pour chaque école en Ontario. Nous continuons de discuter avec nos partenaires, les conseils scolaires, sur ce sujet.

Dans votre approche, avez-vous pris en compte la spécificité de l’enseignement en milieu minoritaire ?

Je travaille très fort sur ces sujets avec les ministres Lecce et Mulroney [ministre des Affaires francophones]. On veut améliorer la situation pour chaque Ontarien, mais personnellement, je crois que c’est important de reconnaître le travail des enseignants francophones et l’apprentissage des élèves. On a fait des propositions en ce sens sur les besoins spécifiques et on travaille sur la pénurie des enseignants.

De quelles pistes ou propositions concrètes parlez-vous concernant la pénurie des enseignants ?

Nous avons de nombreuses conversations sur ces sujets dans les ministères, y compris celui des Affaires francophones. Attendez, dans les semaines qui viennent, vous aurez des nouvelles.

Le ministre a laissé entendre à de nombreuses reprises que le salaire était le principal blocage dans les négociations. Les enseignants affirment que non. Qui faut-il croire ?

Nous avons proposé une augmentation raisonnable à hauteur de 750 millions de dollars, mais ils veulent 1,5 milliard de dollars. Si ce n’est pas un problème d’argent, qu’est-ce que c’est ? »

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