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Sarnia devient la 27e région désignée sous la LSF

Temps de lecture : 4 minutes

SARNIA – Quatre jours seulement après que la modernisation de la Loi sur les services en français (LSF) ait reçu la sanction royale à Queen’s, le gouvernement a annoncé ce lundi que les services en français seront offerts à la communauté francophone de Sarnia, faisant ainsi de cette région la 27e à être désignée sous la LSF.

Décidément, la fin de l’année est riche en rebondissements pour la communauté franco-ontarienne. Le dernier en date est relatif à la désignation de Sarnia en vertu de la LSF pour en faire la 27e de l’Ontario, après Markham plus de trois ans plutôt.

« La désignation de la ville de Sarnia est un autre exemple tangible de l’engagement de notre gouvernement à améliorer les services en français à travers la province », s’est targuée à l’occasion Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones.

Et d’ajouter : « Cette initiative répond aux besoins de la communauté francophone croissante et changeante en Ontario et à l’importance d’avoir des services en français plus accessibles. » Cependant, cette démarche qui a débuté en 2018 n’était pas de tout repos. En effet, c’est grâce, en grande partie, à l’insistance et l’appui de la communauté et de quelques élus locaux, à l’instar des députés Marilyn Gladu et Bob Baily ou encore du maire de la ville, Mike Bradley ainsi qu’à la demande du Regroupement des organismes francophones de Sarnia-Lambton que cette désignation a pu voir le jour.

Beaucoup d’émotion

Du côté des premiers concernés, c’est une véritable explosion de joie qui a eu lieu à l’annonce de la nouvelle.

« C’est une grosse nouvelle. J’en ai les larmes aux yeux de bonheur. C’est un beau cadeau de Noël », confie Patrice Dufour, président du Centre culturel Jolliet de Sarnia et l’un des protagonistes qui ont œuvré en coulisse pour un tel résultat.  

Tanya Tamilio, présidente du Centre communautaire francophone de Sarnia-Lambton (CCFSL). Archives ONFR+

Même émoi chez Tanya Tamilio, présidente du Centre communautaire francophone de Sarnia-Lambton. « Mon cœur a battu la chamade. Je me suis vraiment retenue pour ne pas aller crier la nouvelle sur Facebook avant la levée de l’embargo », raconte-t-elle.

Et de poursuivre : « Mais je vous avoue que je l’avais un peu pressenti, puisqu’il y a deux semaines j’étais sur l’autoroute et puis pour la première fois de ma vie ici à Sarnia, j’ai vu une enseigne électronique traduite en français, et c’est là où je me suis dit que quelque chose se préparait. »

Quels changements pour la communauté ?

Concrètement, lorsqu’une région est désignée sous la LSF, cela revient à ce que la province se retrouve dans l’obligation de fournir des services en français conformément aux exigences de la Loi, et peu importe que ces derniers soient fournis directement par un organisme gouvernemental ou par un tiers pour le compte de celui-ci.

De ce pas, à partir du 1er novembre 2024, date à laquelle la désignation prendra effet, les 5 400 francophones vivant dans la ville de Sarnia et dans la région environnante de Lambton (soit 4,2 % de la population locale) pourront, entre autres, se procurer un permis de conduire auprès d’un agent de Service Ontario qui comprend et s’exprime en français, de faire appel à la justice en leur langue première ou encore d’emprunter l’autoroute en se faisant guider par une signalisation en français.  

« Ça va nous faciliter la vie. Par exemple, en juin dernier, mon fils voulait passer son test de conduite, et pour l’avoir en français, il fallait se rendre jusqu’à Chatham (à trois heures de train de Sarnia). Avec cette désignation, on va l’avoir ici », corrobore M. Dufour.

De gauche à droite : Patrice Dufour, président du Centre culturel Jolliet de Sarnia, et Tanya Tamilio, présidente du Centre communautaire francophone de Sarnia-Lambton (CCFSL). Gracieuseté

Quant à Mme Tamilio, elle estime que cette mesure « va tout changer pour les francophones de la région, surtout du côté des services sociaux qui vont devoir augmenter pour la communauté. Les gens vont pouvoir aussi se procurer des services dans la langue de leur choix, sans avoir à se déplacer loin ».

Est-ce synonyme de plus de budgets ?

Certes, la désignation n’entrera en vigueur qu’en 2024, mais un important travail en amont devrait être fourni avant cette échéance, afin de permettre aux bureaux gouvernementaux concernés et à leurs fournisseurs prestataires d’acquérir les ressources matérielles et humaines nécessaires pour satisfaire aux exigences de la Loi.

Or, qui dit plus de ressources, dit plus de finances et de subventions provinciales réservées aux organismes francophones. Bon sens que partage Patrice Dufour, empirisme à l’appui.     

« En effet, la question se pose. On souhaite bien qu’une augmentation budgétaire puisse suivre pour les établissements francophones. J’en suis même convaincu, puisque je me souviens qu’en 2017 on avait fait une demande de subvention et le ministère en question nous a dit non sous prétexte qu’on n’était pas dans une région désignée. Maintenant, on l’est. C’est sûr que ça va nous ouvrir plus de portes à ce niveau-là. »  

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