La précédente édition du Forum national des jeunes ambassadeurs et ambassadrices s’est déroulée à Ottawa. Photo : gracieuseté
Société

Sept jeunes de l’Ontario veulent faire sortir le français des salles de classe

La précédente édition du Forum national des jeunes ambassadeurs et ambassadrices s’est déroulée à Ottawa. Photo : gracieuseté

OTTAWA – Du 9 au 14 août, sept jeunes francophones de l’Ontario feront partie des 35 élèves réunis à Moncton pour le Forum national des jeunes ambassadeurs et ambassadrices (FNJA). Pour eux, ce séjour sera l’occasion de vivre le français autrement et de rapporter de nouvelles idées dans leurs écoles.

Certains ont nourri leur passion pour le français grâce au théâtre, d’autres à travers la musique ou à l’occasion d’événements comme la Franco-Fête de Toronto et les célébrations du Jour des Franco-Ontariens.

Erik Limarilli, Hannah Qiao et Shiana Lukeeram, tous âgés de 16 ans, font partie des sept élèves ontariens sélectionnés. Les quatre autres sont Alexander Rose et Jiya Monga, de Toronto, Izet Bekiri, de Stouffville, ainsi que Jihye (Sophia) Shin, de Vaughan.

Organisée par Le français pour l’avenir — organisation canadienne qui promeut le bilinguisme cette 22e édition réunira à l’Université de Moncton des élèves de 10e et de 11e année de neuf provinces et de deux territoires différents. Ils participeront notamment à des ateliers sur le leadership, la gestion de projets, la prise de parole en français et le bilinguisme officiel.

Faire vivre le français à Sudbury

Originaire de Sudbury, Erik Limarilli a découvert le programme par le biais d’un enseignant de son école secondaire, Lasalle Secondary School.

Originaire de Sudbury, Erik Limarilli souhaite revenir du Forum avec des idées pour donner une plus grande place au français dans son école. Photo : Gracieuseté

« Je me suis beaucoup intéressé à la manière dont le programme permet d’aider sa communauté, de célébrer le français et d’avoir un impact dans son école », explique-t-il.

L’anglais est sa langue maternelle, mais le jeune homme a commencé à apprendre le français dès la maternelle. Il se souvient particulièrement des célébrations du Jour des Franco-Ontariens, avec leurs chansons, leurs danses et leurs grands drapeaux.

« La francophonie fait partie de notre identité canadienne. La langue française est très importante dans ma vie, parce qu’elle me relie à ma culture et au Canada. »

Même si Sudbury compte une importante population francophone, Erik estime que le français n’est pas suffisamment présent dans son école. Il souhaite donc revenir de Moncton avec des idées d’activités capables de mobiliser ses camarades.

Le jeune Sudburois rêve également de devenir médecin bilingue. « Je pense que les gens devraient pouvoir communiquer dans les deux langues et avoir accès aux services dont ils ont besoin », soutient-il.

Une langue, une passion

À Ottawa, Hannah Qiao fréquente l’école secondaire Merivale. Le français est sa troisième langue, après l’anglais et le mandarin.

Elle a commencé à l’apprendre il y a cinq en tant que matière scolaire, avant d’y développer un véritable attachement.

À l’école secondaire Merivale d’Ottawa, Hannah Qiao a fondé un conseil de français afin de rendre la langue plus accessible et amusante pour les élèves. Photo : Gracieuseté

« Même si ma maîtrise du français n’est pas parfaite, je me suis rendu compte qu’il est important d’oser communiquer et de faire des efforts pour se comprendre en français », confie-t-elle.

Hannah ne s’est pas contentée de suivre ses cours. Elle a fondé le conseil de français de son école et contribué à l’organisation de plusieurs activités, dont des célébrations de la Semaine de la francophonie.

« À l’école, les élèves trouvent souvent que le français est difficile. J’espère trouver des idées d’ateliers et d’événements originaux qui permettront à davantage de personnes d’en découvrir la beauté. »

S’amuser en français 

Pour Shiana Lukeeram, qui habite à Nepean, dans l’ouest d’Ottawa, le Forum représente une occasion de renouer avec une partie de son identité.

Même si l’anglais est aujourd’hui sa langue principale, le français est la première langue dans laquelle elle a appris à lire et à écrire lorsqu’elle fréquentait une école élémentaire francophone.

Ses parents sont originaires de l’île Maurice, où le créole est fortement influencé par le français. Depuis son passage dans une école anglophone, Shiana craint toutefois de perdre progressivement ce lien linguistique.

« Le français fait vraiment partie de moi, mais j’ai l’impression de commencer à le perdre un peu. Je veux me reconnecter à cette partie de moi. »

À son école actuelle, elle suit toujours un programme d’immersion, mais trouve que l’enseignement met surtout l’accent sur la grammaire et la conjugaison.

Pour Shiana Lukeeram, le Forum sera l’occasion de renouer avec une langue associée à son enfance et aux origines mauriciennes de sa famille. Photo : Gracieuseté

« Ce n’est plus aussi amusant. J’aimerais redécouvrir les côtés agréables du français », dit-elle.

Elle souhaite également voir émerger une communauté francophone plus active autour d’elle.

« Je connais beaucoup de personnes qui parlent français, mais elles n’en sont pas nécessairement fières. Je ne vois pas assez de représentation francophone ici. Ce serait bien d’avoir une communauté plus proche, plus enthousiaste et plus active autour du français. »

La participation au FNJA ne s’arrêtera pas au séjour à Moncton. Durant l’année scolaire suivante, chaque jeune devra organiser au moins deux activités destinées à promouvoir le français et le bilinguisme dans son école ou sa communauté.

« J’espère pouvoir rapporter dans ma communauté et mon école tout ce que j’y aurai appris afin de contribuer à faire grandir la francophonie », résume Erik Limarilli.