#Canada, #Francophonie, #Ontario

Singh demande à Trudeau de financer l’Université de l’Ontario français

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh. #Crédit image: Benjamin Vachet

OTTAWA – Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jagmeet Singh, demande officiellement au gouvernement libéral de Justin Trudeau de financer le projet d’Université de langue française en Ontario.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«La décision de Doug Ford de couper les services aux communautés francophones en Ontario et de réduire les protections dont elles bénéficient est complètement inacceptable», a déclaré, ce  mercredi, le chef du NPD, Jagmeet Singh dans un communiqué. «Justin Trudeau a dénoncé la décision; il doit maintenant passer de la parole aux actes en annonçant que son gouvernement s’engagera à financer avec le gouvernement de l’Ontario le projet de l’université francophone à Toronto.»


«Justin Trudeau doit passer de la parole aux actes» – Jagmeet Singh, chef NPD


L’ancien député provincial ontarien demande au premier ministre de s’asseoir avec Doug Ford pour sauver le projet d’université francophone à Toronto.

Le gouvernement ontarien a annoncé, jeudi dernier dans son énoncé économique, qu’il annulait le projet pour des raisons financières.

«Le projet de l’Université de l’Ontario français devait mener à la création de la première université exclusivement francophone en Ontario et serait une avancée majeure pour les Franco-Ontariens et pour les francophones de partout au pays», souligne le NPD dans un communiqué.

Le gouvernement fédéral pourrait également entamer des discussions pour fournir le financement afin de maintenir les activités du Commissariat aux services en français, ajoute le second parti d’opposition.

«Notre demande ne soustrait en rien le gouvernement provincial de ses responsabilités à protéger et à offrir des services en français aux communautés francophones», ajoute le porte-parole en matière de langues officielles du NPD, François Choquette.

Selon le réseau TVA, le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, aurait lui aussi fait part de son ouverture à l’idée que le fédéral aide au financement de la nouvelle institution, en soirée.

 

Un projet possible

Le projet d’Université de langue française, qui devait accueillir ses premiers étudiants en 2020, est estimé à 83,5 millions de dollars.

Hier, #ONfr révélait que cette possibilité n’avait rien de fantaisiste, selon l’analyse de l’avocat expert en droits linguistiques, Mark Power.

«Il est possible, pour le gouvernement fédéral, d’exercer son pouvoir de dépenser pour remettre des sommes à la province ou à des entités provinciales ou communautaires, même si cela touche à un champ de compétence provincial. Ça se fait tout le temps, il suffit de voir ce qui se passe en santé. Le fédéral peut même imposer des conditions», expliquait-il.

Le fédéral était notamment intervenu par le passé pour appuyer la création de la Cité collégiale à Ottawa en 1990, à hauteur de 50 millions dollars, puis du Collège Boréal en 1995, à Sudbury, pour 30 millions dollars, selon des données du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO).

Interrogée par #ONfr, la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly avait indiqué, hier, privilégier la pression sur le gouvernement provincial. Ce mercredi, elle a répété que «c’est au gouvernement de l’Ontario d’en faire une priorité».

 

Cet article a été mis à jour le jeudi 22 novembre, à 12h10.


POUR EN SAVOIR PLUS:

Le fédéral pourrait financer l’Université de l’Ontario français

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !
3+

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.