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Soins de longue durée : la ministre Fullerton sous le feu des critiques

Temps de lecture : 2 minutes

TORONTO – Les conclusions du rapport de la commission d’enquête ontarienne accablent la gestion de crise du gouvernement dans la lutte contre la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée. La ministre en charge, Merrilee Fullerton, «  assume ses responsabilités  » mais exclut de démissionner.

« Ce gouvernement ne veut pas prendre ses responsabilités » a attaqué, ce lundi, en chambre la chef de l’opposition officielle Andrea Horwath. « On a eu tout l’été pour fortifier les foyers de soins de longue durée et se préparer à la seconde vague de COVID-19. « Le travail de cette ministre a échoué », a-t-elle lancé, réclamant sa démission.

La réponse de Mme Fullerton ne s’est pas faite attendre. Elle entend rester aux commandes et défend bec et ongles l’action du gouvernement dans les mesures prises en matière de dotations de lits, de formation, de recrutement et d’amélioration des conditions de soins des aînés dans les foyers. Une ligne qu’elle a aussi défendue un peu plus tôt, au cours d’une conférence de presse écourtée unilatéralement.

« On est en train de régler le problème. Tous ces morts ne seront pas vains », a-t-elle déclaré, la gorge serrée au cours, invoquant les conséquences de plusieurs années d’inaction héritées par son gouvernement. « Notre gouvernement prend ses responsabilités et est en train de corriger une situation qui était connue depuis longtemps. »

« Les commissaires ont raison », a convenu Mme Fullerton. « On a essayé de bouger vite depuis mars 2020 mais le virus aussi a bougé très vite », a-t-elle réagi à la suite de la publication, vendredi dernier, du rapport de la commission d’enquête ontarienne sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée.

Face-à-face tendu à Queen’s Park entre Merrilee Fullerton et Andrea Horwath. Source : Assemblée législative de l’Ontario

Selon les commissaires, le manque de préparation de la province à une pandémie et le piètre état du secteur des soins de longue durée étaient évidents depuis de nombreuses années et « les têtes dirigeantes de l’Ontario n’ont pas pris suffisamment de mesures pendant toutes ces années, malgré les appels répétés à une réforme ».

Pire encore, il n’y avait pas de plan pour protéger la population des foyers et le manque de ressources en personnel, déjà surexploitées avant l’apparition de la COVID-19, a précipité la crise.

« Pour aggraver cette situation déjà très précaire, une grande partie du personnel manquait d’une formation cruciale en matière de prévention et de contrôle des maladies infectieuses (PCI), et ne disposait pas non plus du leadership nécessaire pour le guider dans cette période difficile  », épingle les rapporteurs, insistant sur des manquements graves au principe de précaution.

«  Malgré les efforts héroïques du personnel resté en première ligne, les résidents ont continué à tomber malades et à mourir. »

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