#Francophonie, #Ontario

Sudbury: un candidat prône un mandat bilingue pour la Place des Arts

Le candidat progressiste-conservateur de Sudbury, Troy Crowder, lors d'une séance de démarchage. Capture écran #ONfr

SUDBURY – Selon Troy Crowder, candidat progressiste-conservateur à Sudbury, «les politiciens – et la politique en général – cherchent à cocher des cases». Au micro d’#ONfr, l’ex-hockeyeur sudburois se détache du peloton, exprimant sa préférence pour la «vue d’ensemble» plutôt que les «désirs particuliers». Cette vision, dit-il, se traduirait en institutions théâtrales bilingues. 

DIDIER PILON
dpilon@tfo.org | @DidierPilonONFR

«Je vois qu’on pense encore qu’il faut un théâtre francophone et un théâtre anglophone et un théâtre comme ci ou comme ça», a résumé M. Crowder. «Je pense simplement que si l’on partage ces choses avec les groupes culturels autochtones, francophones et anglophones – les italiens qui sont ici, tout le monde – je pense que ça peut être merveilleux de faire des projets avec une vue d’ensemble.»

L'image montre un dessin du projet de la Place des arts de Subdury.
La Place des Arts de Sudbury devrait ouvrir en 2020. Crédit image: Archives #ONfr

«Je m’efforce d’appuyer les projets qui bénéficient à plusieurs groupes», a ajouté M. Crowder, «pour que les subventions proviennent alors de plusieurs groupes. Ce sont des projets durables, à long terme et qui ont du sens. Et il faut faire de bons projets; il ne faut pas faire les choses à moitié.»

 

Un théâtre principal

Le candidat progressiste-conservateur propose une vision globale de la scène théâtrale sudburoise. Le tout commence par la modernisation majeure de l’Amphithéâtre Grace Hartman, situé au parc Bell sur la rive du lac Ramsey, afin que ce théâtre à ciel ouvert soit muni d’un toit couvre les spectateurs. Selon M. Crowder, ces rénovations permettraient d’avoir des représentations à l’extérieur 150 jours par année. Des documents municipaux datant de 2013 indiquent que le coût de ce toit avait été estimé entre 3,5 et 4 millions de dollars.

Ensuite, Sudbury aurait un «théâtre principal» bilingue et de petits «théâtres de répétitions». Pour l’instant, M. Crowder avoue n’avoir pas encore déterminé si la Place des Arts serait ce théâtre principal.

«Que [la Place des Arts] devienne le théâtre principal – si l’on veut la bâtir plus grosse et meilleure, et qu’on décide de détruire le Sudbury Theatre Centre pour en faire un stationnement – ou vice-versa – qu’elle veule partager le Sudbury Theatre Centre et s’y joindre – j’aimerais m’asseoir et en discuter avec les gens, leur demander comment ils voient le projet se réaliser.»

«Si on a 20 millions prêt à dépenser, alors voulons-nous plutôt rénover ce théâtre pour qu’il soit à usage multiple, et avoir plus de semaines à l’amphithéâtre Bell Park où on pourrait présenter – je ne sais pas – deux semaines de théâtre en français?»

 

Rentabiliser la scène théâtrale

Après sa carrière dans la Ligue nationale de hockey, le candidat progressiste-conservateur sudburois s’est réinventé en entrepreneur. Il soutient que la construction d’un nouveau théâtre serait une mauvaise idée s’il n’est pas rentable.

«Peu importe ce que les gens veulent, nous devons nous asseoir et nous demander, économiquement, quel est notre but ultime. Si le but ultime ce n’est que de dire qu’on veut avoir son propre théâtre, eh bien, n’est pas rentable, le Theatre Cambrian n’est pas rentable, le théâtre à l’Université Laurentienne n’est pas rentable. Donc évidemment, ce n’est pas une bonne idée si l’on ne stimule pas de profit.»

Plutôt, M. Crowder argumente que l’intérêt commun doit être au centre du processus décisionnel.

«La ville et le pays doivent aller dans cette direction plutôt que de simplement se demander comment nous pouvons personnellement en tirer avantage. Ça ne fonctionne pas et ça nous a endettés énormément.»

Le conseil d’administration de la Place des Arts a refusé de commenter.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !

Didier Pilon
dpilon@tfo.org

Originaire de Rockland, Didier Pilon baigne depuis longtemps dans la vie culturelle et communautaire de l’Ontario français. Il est diplômé d’une maîtrise en philosophie politique de l’Université d’Ottawa, où il s’est initié au journalisme au journal indépendant La Rotonde. Il a aussi collaboré avec de nombreux journaux et blogues culturels avant de se joindre à l'équipe d'#ONfr en 2017 pour poursuivre sa passion, l’actualité politique.