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Susan Morin est présidente du Comité des langues officielles pour les Jeux du Canada 2022.

Susan Morin : « Venez nous donner un coup de main, que vous aimiez le sport ou non »

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Susan Morin est la présidente du Comité des langues officielles pour les Jeux du Canada 2022 et membre active de la communauté francophone de Niagara.

LE CONTEXTE :

Le starter donnera le top départ des Jeux du Canada 2022 ce samedi 6 août pour un marathon qui se prolongera jusqu’au 21 août. Considérée comme le plus grand évènement multisports du pays, cette 28e édition se déroulera dans la région de Niagara.

L’ENJEU :

L’un des défis majeurs auxquels feront face les organisateurs afin de mener à bien cette manifestation sportive réside dans le bilinguisme et à son accès, aussi bien du côté des athlètes que du public, dans une péninsule connue pour abriter une forte concentration de Franco-Ontariens.

« Quelles sont les nouveautés relatives aux services en français dans cette 28e édition ? 

On a travaillé de près avec le Commissariat aux langues officielles depuis au moins quatre ou cinq ans. On les a invités depuis le tout début à faire partie du projet, de ses problèmes et de ses solutions. L’autre caractéristique de cette édition qu’il faut mentionner est l’engagement de notre communauté francophone de la région du Niagara, et ce depuis l’étape de la demande pour accueillir les Jeux. On a également impliqué l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario pratiquement depuis le début aussi. C’est une implication provinciale et non seulement régionale. Ça, c’est nouveau.

Pour reprendre une de vos phrases fétiches et l’appliquer à ces Jeux : « How are you going to French it up ? »

(Rires). Il est vrai que je dis souvent : comment allons-nous faire ça en français ? Le point le plus important est qu’il faut être à la table depuis le début et à toutes les rencontres, y compris en ce qui concerne la soumission pour accueillir les Jeux. Je faisais partie de l’équipe derrière le dépôt de notre dossier de candidature et je peux vous dire que c’est ce qu’on a fait.

C’est très important que les services en français y soient mentionnés et discutés dès les premières étapes parce qu’il y a beaucoup de choses auxquelles il faut penser, comme la manière dont il faut procéder pour faire toutes les traductions dans les deux langues officielles du pays en même temps et en temps réel. Vous savez, ce n’est pas évident de dire à nos collègues unilingues anglophones que c’est important et qu’il faut ralentir un peu pour que les procédures soient maîtrisées et pour que cela soit fait en bonne et due forme.

Justement, vous êtes là depuis le début, comment cela s’est passé avec vos collègues anglophones ? Ont-ils accepté cela sans aucune forme de réticence ?

Le secret pour moi ici, dans la région, réside dans le fait que la première personne qui a été engagée comme employée par les Jeux était une coordinatrice des langues officielles. C’était elle aussi qui gérait le site web et les graphismes dans les deux langues. Ceci nous a permis de commencer immédiatement à communiquer en anglais et en français.

Doit-on alors comprendre que vous garantissez aujourd’hui que l’accès du public comme des athlètes aux deux langues officielles du pays sera égal ?

C’est définitivement mon rêve. Mais, après cinq ans de bénévolat dans ce dossier, j’ai compris que nos Jeux sont dans une région. C’est la première fois depuis 1967 que les Jeux sont dans une région et non dans une municipalité. L’échelle n’est donc pas la même et le travail est beaucoup plus compliqué. Prenons l’exemple des bénévoles : c’est beaucoup plus simple de les recruter et de les répartir d’une façon optimale sur les sites d’une seule municipalité que d’une région qui regroupe 12 municipalités avec 18 sites sportifs comme c’est le cas de Niagara. À l’heure où je vous parle, on n’a toujours pas terminé d’affecter les 13 ou 14 % des bénévoles francophones aux différents sites. Si c’est possible qu’il y ait des lacunes d’ordre pratique durant ces Jeux, je ne peux pas répondre à cela de façon certaine.

Doit-on comprendre par là qu’il vous manque encore des bénévoles francophones ?

Ô que oui ! D’ailleurs, j’en profite pour passer un message à la communauté francophone : s’il vous plaît, venez nous donner un coup de main, inscrivez-vous sur notre site internet, que vous aimiez le sport ou non parce que c’est de la francophonie dans son ensemble qu’il s’agit. C’est vraiment d’aide humaine dont on a besoin. »

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