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Trudeau annonce une aide pour les étudiants touchés par la COVID-19

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Le premier ministre, Justin Trudeau, a dévoilé, ce mercredi, de nouvelles mesures pour aider les étudiants touchés par les conséquences de la COVID-19. Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) apprécie cette annonce, mais demande au gouvernement de penser déjà à l’automne.

« Normalement, les étudiants seraient en train de chercher un emploi pour l’été, mais on sait que c’est difficile dans la situation actuelle. C’est pourquoi nous allons créer des emplois là où il y a besoin et mettons en place cette prestation d’urgence », a expliqué le premier ministre Justin Trudeau, lors de son point presse quotidien.

Ce plan de soutien, de près 9 milliards de dollars, vise les étudiants de niveau postsecondaire et les nouveaux diplômés.

Il comprend une Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) allant de 1 250 $ à 1 750 $ par mois, disponible de mai à août, pour ceux qui ne sont pas admissibles à la Prestation canadienne d’urgence.

Le gouvernement fédéral créera également une Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant qui permettra à celles et ceux qui y participent de recevoir jusqu’à 5 000 $ pour leurs études à l’automne.

Ottawa promet aussi de créer jusqu’à 116 000 emplois et stages, cet été et au cours des prochains mois, dans des secteurs en demande à cause du coronavirus, dans la santé, l’agriculture ou l’alimentaire, notamment. Le fédéral doublera aussi les Bourses d’études canadiennes pour tous les étudiants admissibles en 2020-2021 et le Programme de prêts d’études canadiens sera également bonifié. Le montant maximum pouvant être offert aux étudiants en 2020-2021 passera de 210 $ à 350 $.

Trop compliqué, selon le NPD

En entrevue avec ONFR+, la ministre de la Prospérité de la classe moyenne et ministre associée des Finances, Mona Fortier précise que certaines de ces mesures devront d’abord être adoptées à la Chambre des communes avec l’appui des partis d’opposition avant que les étudiants puissent en bénéficier.

Mais le Nouveau Parti démocratique (NPD), par la voix de son chef, Jagmeet Singh, regrette déjà la mise en place « d’un autre système compliqué » qui « arrive des semaines trop tard ».

« Les étudiants ne peuvent pas continuer à attendre la mi-mai pour obtenir de l’aide, ils ont besoin d’aide tout de suite. (…) Le gouvernement devrait rendre la PCU [Prestation canadienne d’urgence] universel afin que les étudiants – et toute autre personne ayant besoin d’aide – puissent obtenir l’aide dont ils ont besoin immédiatement. »

La ministre Fortier défend l’approche de son gouvernement.

« Nous voulions mettre en place des mesures rapidement et notre approche était la plus simple et rapide. Certaines mesures en place bénéficient déjà aux étudiants », assure-t-elle.

Mesures modestes pour les étudiants internationaux

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) apprécie ces annonces qui étaient très attendues.

« C’est un très bon pas en avant », souligne le directeur général, François Hastir. « À court terme, ça répond aux besoins que nous avions soulevés, car la COVID-19 a aussi des conséquences économiques pour les étudiants. Certains ont perdu leur emploi, pour d’autres, ce sont leurs parents qui ont perdu leur travail… Ce qu’on attend de voir maintenant, c’est qui pourra recevoir cette aide. On espère que le gouvernement saura s’ajuster selon les cas. »

L’organisme souhaiterait notamment que les étudiants internationaux fassent eux aussi partie des bénéficiaires des mesures. La ministre Fortier a clarifié cette question, expliquant que les étudiants internationaux ne pourront pas faire de demande de PCUE, alors que certains sont déjà admissibles à la PCU.

« Mais nous leur permettrons de travailler au-delà des 20 heures hebdomadaires prévues actuellement pendant leurs cours, à condition que cet emploi soit dans un service essentiel, comme le domaine des soins de santé, de l’infrastructure critique ou de la fourniture des aliments ou d’autres biens essentiels. Cela leur donnera plus de marge de manœuvre pour trouver un emploi. »

Cette modification temporaire des règles sera en vigueur jusqu’au 31 août prochain.

Le RÉFO demande de voir plus loin

Au-delà de ce plan immédiat, le RÉFO demande au gouvernement fédéral de se préparer aussi pour l’automne.

Le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), François Hastir. Crédit image : EMNO

« La situation économique risque d’être encore difficile et on sait que les nouveaux diplômés et les étudiants, moins expérimentés, seront plus touchés, car ils ont peu d’expérience sur le marché de l’emploi. Le gouvernement doit donc être prêt à assurer une continuité de ces mesures au besoin. »

L’aide du gouvernement provincial est également attendue pour qu’il s’entende avec les institutions postsecondaires afin de mettre en place des mesures pour aider les étudiants.

Du côté de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), on souligne l’importance que « le gouvernement garde en tête les enjeux et les besoins spécifiques des jeunes d’expression française vivant en situation minoritaire dans la mise en œuvre des initiatives proposées ».

Cet article a été mis à jour à 16h02

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