Toronto enclenche son retour au sein de l’AFMO
TORONTO – Lors de la huitième et dernière session du Comité consultatif des affaires francophones de Toronto, une étape très attendue par la communauté a été franchie : celle d’un retour (progressif) de la Ville au sein de l’Association francophone des municipalités de l’Ontario (AFMO). Elle bénéficiera d’une exception temporaire d’un an à titre de membre individuel, soumis à moins de contraintes financières notamment, jusqu’à son adhésion corporative complète.
« Ira, ira pas »… Une oscillation constante qui n’a cessé depuis 2021 quant au retour de la Ville de Toronto au sein de l’Association francophone des municipalités de l’Ontario (AFMO).
Toronto a été un membre actif de l’AFMO pendant près de trois décennies depuis la création de l’organisme en 1989.
En 2018, sous l’administration du maire John Tory, la Ville avait choisi de se retirer de l’association, une décision principalement budgétaire et administrative liée à la restructuration du conseil municipal à l’époque.
Durant la séance qui s’est tenue ce 18 juin à la mairie de Toronto, l’adhésion de la Ville reine à l’AFMO a finalement été reconfirmée, grâce à un accord mutuel et à des échanges actifs entre l’organisme et la municipalité, selon certaines modalités.
L’AFMO a en effet consenti à une exception d’un an pour Toronto, lui permettant de réintégrer l’association à un tarif réduit en tant que membre individuel.
À terme, il s’agirait d’une adhésion corporative complète pour réintégrer pleinement le réseau de l’AFMO. Un engagement institutionnel total qui scellerait le retour durable de la métropole dans les instances de gouvernance municipale francophone.
C’est le résultat du « travail puissant » du comité, a pour sa part estimé la présidente du Comité consultatif des affaires francophones de Toronto et conseillère municipale Alejandra Bravo.
Ce sont quatre membres, dont au moins un élu, qui rejoindront les rangs de l’AFMO, servant entre autres à appuyer les municipalités de la province pour maintenir et améliorer la prestation des services en français.
La présidente de l’AFMO et mairesse de Timmins Michelle Boileau est fière d’accueillir la Ville de Toronto au sein de l’AFMO : « Cette recommandation d’adhésion témoigne d’un engagement concret envers la reconnaissance et l’épanouissement de la communauté francophone, ainsi qu’envers la promotion de la dualité linguistique dans l’une des villes les plus dynamiques et diversifiées du pays. »
« Je suis très impatiente de voir comment cette participation de Toronto à l’AFMO pourra faire avancer les priorités du Comité consultatif des affaires francophones », a aussi déclaré Christine Michaud, la vice-présidente du Comité, précisant qu’elle souhaitait s’assurer que les avancées soient concrètes dans le futur.
Demande de création d’un portail numérique en français
Entre autres sujets à l’ordre du jour, la Ville a procédé à un sondage pour analyser les principaux services municipaux offerts en français.
Une opportunité selon Mareva Cestor, l’une des membres du Comité, d’ajouter sur le site de la Ville un portail centralisé qui regrouperait les services municipaux, les programmes, les ressources, les consultations publiques et les événements en langue française.


Celle-ci demande au Comité du développement économique et communautaire de solliciter le directeur général du Développement économique et de la Culture pour qu’il fasse un rapport sur les options de mise en œuvre et les prochaines étapes potentielles pour la création de ce portail, d’ici le premier trimestre de 2027.
Mme Cestor a également réitéré la nécessité de faire du français une langue prioritaire dans les communications de la municipalité et a demandé à ce que cela soit considéré pour le futur, bien que le français ne fasse pas partie des 10 langues les plus parlées à la maison à Toronto.
Selon les Politiques de la Ville de Toronto en matière de dispositions relatives à l’information multilingue, les renseignements essentiels doivent être traduits dans les 10 langues les plus parlées à la maison selon les dernières données du recensement, plus le français.
En 2021, à Toronto, le français se classait au 10ᵉ rang des langues maternelles les plus parlées et au 16ᵉ rang des langues parlées à la maison. La mise à jour du dernier recensement, disponible en 2027, mettra ces pratiques à jour.
Reconduction du Comité consultatif des affaires francophones de Toronto
Cette huitième rencontre du Comité dont le terme touche à sa fin, avait un goût de bilan.
Si certains membres du Comité ont déploré des lenteurs administratives en ce qui concerne l’avancement de certaines priorités francophones, ceux-ci ont salué la création de ponts entre les organismes francophones et la Ville, propice à mieux comprendre et desservir la communauté, et à améliorer ses services.

La présidente du comité, la conseillère municipale Alejandra Bravo a insisté sur les droits historiques des francophones qui doivent être reconnus, ajoutant qu’il y a une grande concentration francophone à Toronto.
La décision de reconduire le comité consultatif sera prise par la prochaine majorité municipale, suite aux élections à venir, en octobre 2026.
« Nous avons en effet besoin d’une voix pour la communauté francophone », a conclu Mme Bravo.