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Trudeau ouvre la porte à moderniser la Loi sur les langues officielles dans les six mois

OTTAWA – Le premier ministre Justin Trudeau juge réalisable de moderniser la Loi sur les langues officielles dans les six premiers mois de son nouveau mandat, comme le demande la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

Interrogé par ONFR+ à savoir si une modernisation de la Loi sur les langues officielles dans les six prochains mois était réalisable, le premier ministre Justin Trudeau n’a pas tergiversé.

« Oui ! », a-t-il clairement affirmé, mercredi, devant les journalistes de la Tribune de la presse parlementaire.

Au lendemain des élections du 21 octobre, le président de la FCFA, Jean Johnson expliquait vouloir qu’un projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles soit déposé dans les six premiers mois du nouveau mandat du gouvernement.

« C’est une belle réponse ! Tout dépend de la volonté politique dans ce dossier, et M. Trudeau vient de l’exprimer », réagit M. Johnson ce mercredi.

Pour lui, il n’y a pas de temps à perdre.

« Depuis des mois, nous l’avons répété maintes fois : lors des deux dernières années, le travail de consultation a largement été fait. Il est donc temps de rédiger un projet de loi avec les décideurs du gouvernement et des communautés », plaide-t-il.

M. Johnson rappelle que son organisme a déjà présenté un projet de loi type et que plusieurs rapports ont été produits avec des recommandations par les comités sénatorial et parlementaire des langues officielles et par le Commissariat aux langues officielles. La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly a également mené des consultations sur la question dans les derniers mois.

« Servez-vous de ça ! », lance-t-il à l’adresse du gouvernement, expliquant l’impatience de son organisme. « Cette Loi a une très grande incidence sur nos communautés. »  

Être patient

Mais le politologue à l’Université Simon Fraser, à Vancouver, Rémi Léger, prône la patience.

« Si on veut vraiment une loi bonifiée, qui corrige les manquements, il faut prendre le temps. Le travail qui a déjà été fait n’est pas suffisant. Il faut donner le temps au ministère de la Justice et à ses avocats de repenser cette Loi. C’est un travail de longue haleine. Il suffit de regarder ce qui s’est fait au niveau de la Loi sur les langues autochtones qui n’a été adoptée que dans la dernière année du précédent mandat de M. Trudeau. »

Car le président de la FCFA le reconnait, il ne veut pas de demi-mesure.

« On ne peut pas avoir une loi tiède. Ce que nous avons présenté, ce sont les attentes des communautés francophones et ce dont elles ont besoin. Si le gouvernement développe une approche plus timide, nous allons lui rappeler », promet-il.

Le président de la FCFA, Jean Johnson. Crédit image : Étienne Ranger

M. Léger prend avec des pincettes la réponse de M. Trudeau de ce mercredi matin.

« Il a dit que c’est réaliste mais il ne s’est pas engagé vraiment. Il pourra toujours s’esquiver, d’autant que dans un gouvernement minoritaire, il aura d’autres enjeux et priorités à régler. »

M. Trudeau devrait toutefois obtenir l’appui de tous les partis à la Chambre des communes, puisque tous ceux qui y seront représentés se sont engagés à moderniser la Loi sur les langues officielles dans leur programme.

Le politologue dit comprendre la volonté de la FCFA de maintenir l’attention sur ce dossier en fixant un échéancier serré.

« Mais si ça intervient dans 18 ou 24 mois, tout le monde sera quand même content. L’objectif ultime, c’est que la Loi soit renforcée. Ce que la FCFA doit désormais faire, c’est du lobbying pour que la modernisation de la Loi fasse partie des lettres de mandat des futurs ministres des Langues officielles et de la Justice. »

M. Johnson indique vouloir rapidement rencontrer le premier ministre Trudeau. S’il souhaite pouvoir influencer les directives incluses dans les lettres de mandat des ministres, son organisme devra agir vite puisque l’assermentation du prochain gouvernement aura lieu le mercredi 20 novembre.

Relations avec l’Ontario

Au cours de cette première conférence de presse post-élection, M. Trudeau, qui n’a pas hésité durant toute la campagne à fustiger le premier ministre ontarien et à renvoyer dos à dos Andrew Scheer et Doug Ford, a indiqué avoir déjà parlé avec le chef du gouvernement progressiste-conservateur.

« J’ai déjà eu de bonnes conversations avec plusieurs des premiers ministres conservateurs à travers le pays, dont Doug Ford avec lequel nous avons eu une conversation très cordiale. On est d’accord qu’il faut qu’on travaille sur les priorités et les enjeux auxquels font face les citoyens du pays. Moi, j’ai toujours une approche collaborative que je préfère pour travailler avec les gens pour livrer pour ce que leurs citoyens veulent. »

Détaillant sa conversation avec M. Ford, il a assuré avoir plusieurs objectifs communs avec le premier ministre ontarien.

« On a parlé des investissements que nous pouvons faire ensemble dans les infrastructures, dans l’appui pour le transport collectif, nous avons travaillé ensemble déjà sur les enjeux du commerce international et les relations avec les États-Unis. Nous reconnaissons et avons pris l’engagement de travailler avec le premier ministre Ford sur l’Université de l’Ontario français. Nous allons continuer de travailler avec M. Ford et avec tous les ministres des provinces qui sont intéressés à collaborer avec nous et je sais que sur plusieurs enjeux, tous les premiers ministres des provinces veulent travailler main dans la main avec le gouvernement fédéral. »

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