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Un bilinguisme à Greenstone de retour sur la table ?

Temps de lecture : 3 minutes

GERALDTON – Un peu plus de deux ans après avoir évoqué la possibilité que la Ville de Greenstone devienne officiellement bilingue, le projet pourrait être de retour à la vie. Le maire Renald Beaulieu demande à ce qu’un projet soit apporté à la table du conseil municipal.

« En ce moment, ce sont les organismes francophones qui doivent amener ça sur la table. Le conseil n’a pas d’intérêt pour ça. Il y a deux ans, le conseil comportait beaucoup plus de conseillers francophones qu’aujourd’hui, alors là c’est plus difficile », a indiqué le maire Beaulieu en entrevue à ONFR+.

Pourtant, le sujet pourrait très bientôt faire l’objet de discussions entre les élus de la ville de près de 5 000 habitants.

« Le point a été soulevé et remis à l’administration et ça semble revenir, car on m’a dit que ça serait sur l’ordre du jour lors du prochain conseil municipal le 23 novembre », affirme Sylvie Payeur, citoyenne de Longlac et présidente du conseil scolaire des Aurores boréales.

La municipalité du Nord de l’Ontario, qui a été créée en 2001 à la suite de fusions municipales, compte près de 30 % de francophones. Malgré la présence d’un maire et de quelques élus francophones, les communications, comme dans les documents, se font toujours en anglais avec la municipalité.

« Une municipalité, c’est lent à bouger, mais j’ai encore espoir. Les communications, en général, et les affichages de postes se font encore en anglais et je crois que c’est là que la municipalité doit travailler pour améliorer ses communications en français. On souhaite au moins que la communication envers la population soit faite en français », avance Mme Payeur.

Pour le maire Beaulieu, l’unilinguisme du conseil municipal n’a jamais causé de problème au sein de la communauté .

« On n’a jamais vraiment eu de problème avec ça. Le problème est si la municipalité doit devenir bilingue ou non. Avant, quand Longlac était une municipalité, il y avait beaucoup de francophones. Maintenant, à Greenstone avec Geraldton, Beardmore et Nakina, c’est rendu un plus gros conseil et le pourcentage de francophones est moins élevé. »

Un manque d’initiative

Robert Gélineault, le président du Centre culturel francophone de Greenstone, était celui qui avait amené le projet sur la table en 2018 suite à une pétition signée par plusieurs membres de la communauté.

« Il n’y a rien qui a changé et qui ne se passe », avoue aujourd’hui le citoyen de Geraldton.

« Il y a toujours une possibilité, mais on regarde ça aujourd’hui, Greenstone est rendu avec plusieurs villes comme Longlac, Geraldton et Beardmore, ce n’est plus rendu tellement bilingue. Si on va à une réunion du conseil aujourd’hui, il y a quelques conseillers bilingues, mais ça se passe majoritairement en anglais, car le restant sont tous des anglophones. »

M. Gélineault se souvient que les citoyens auraient aimé avoir, au minimum, certaines concessions de la part des élus de la ville, qui étaient majoritairement bilingues avant les élections municipales de 2018.

« On avait dit que c’était pas nécessairement obligé d’être à 100 % bilingue, on voulait que certaines missives soient envoyées en français. Le sujet avait été amené à une réunion et après, on n’a plus rien entendu parler. »

Dans le passé, Renald Beaulieu était maire de Longlac, une municipalité à forte saveur francophone. Le président du Centre culturel francophone de Geraldton aimerait que le maire fasse preuve d’initiative dans ce dossier-là, en partie en raison de son passé.

« Possiblement, ça fait plusieurs années qu’il est là. Il parle très bien français », soutient M. Gélineault.

Le maire de Greenstone Renald Beaulieu. Archives ONFR+

Un bilinguisme qui sera oublié ?

Robert Gélineault craint que le bilinguisme tombe dans l’oubli et que plus personne ne s’occupe du dossier dans le futur.

« Il faudrait que quelqu’un s’occupe de ce dossier-là. La majorité sont des aînés comme moi, on s’en occupe un peu moins avec l’âge, j’imagine. Nous (les plus vieux francophones) avons travaillé comme bûcherons, alors ce sont en majorité des personnes qui ne maîtrisent pas l’anglais. »

De son côté, Sylvie Payeur croit que l’arrivée du nouveau projet minier à Geraldton est le parfait moment pour effectuer une transition vers le bilinguisme.

« En s’affichant comme bilingue avec une municipalité et des écoles dans les deux langues, je crois qu’on se donne une meilleure chance d’attirer de nouvelles familles à s’établir dans le Nord-Ouest de l’Ontario . »

Elle voit quelques problèmes actuellement en raison de l’unilinguisme de la communauté du Nord-Ouest de l’Ontario.

« Pour nos personnes âgées et nos nouveaux arrivants qui viennent d’autres régions, ils ne savent pas nécessairement quels services leur sont offerts, car quand ils vont sur le site Internet de la ville, tout est en anglais. Beaucoup de services et d’activités sont offerts qui ne rejoignent pas toute la population, car c’est en anglais. »

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