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Un budget «désespéré», selon Doug Ford

Doug Ford, chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) lors du dévoilement du budget 2018 à Toronto. Crédit image: Maxime Delaquis

TORONTO – Les partis d’opposition ont critiqué le budget du gouvernement Wynne. Selon Doug Ford, chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario, la première ministre n’a pas à cœur les intérêts des Ontariens et dépense sans compter seulement quelques semaines d’une élection.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

«Kathleen Wynne veut acheter des votes et on ne peut pas lui faire confiance plus longtemps», a lancé M. Ford.

Selon lui, le gouvernement Wynne ne fait que des promesses avec l’argent des contribuables et rien de ce qui a été annoncé par le ministre des Finances, Charles Sousa, ne se matérialisera.


«L’an dernier, ils ont promis de maintenir l’équilibre budgétaire et aujourd’hui, Kathleen Wynne brise cette promesse.» – Doug Ford


Il a critiqué le choix du gouvernement d’augmenter les taxes, une mesure qui touchera 1,8 million d’Ontariens, estime-t-il.

«Ce sont des hausses de taxes drastiques», a lancé le chef du Parti PC.

Dans une réponse au budget qui sonnait plus comme un discours de campagne, M. Ford a promis que s’il était élu, il ramènerait les emplois en Ontario.

Sans dire ce qu’il couperait s’il était porté au pouvoir en juin, M. Ford a assuré qu’une analyse «ligne par ligne» des dépenses de l’État s’imposait afin de trouver des économies. Il a insisté qu’il avait «l’expérience» pour le faire.

«Dans 71 jours, vous aurez le choix de réélire Kathleen Wynne pour quatre ans, une première ministre qui dépense votre argent et augmente vos taxes (…) ou élire un gouvernement qui vous respectera», a-t-il lancé.

Il n’a toutefois pas dit s’il ferait un déficit s’il était porté au pouvoir, mais a indiqué qu’il «n’augmenterait pas les impôts».

«Kathleen Wynne promet de l’argent à des gens qui ne sont pas encore nés», a martelé Doug Ford.

 

Pas un budget de «gauche»

De son côté, Andrea Horwath, la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, a martelé qu’elle ne supportait absolument pas les programmes avancés par le gouvernement Wynne. Pour elle, ce ne sont pas de bons programmes puisqu’il laisse des gens sans couverture.

Andrea Horwath, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) lors du dévoilement du budget 2018. Crédit image: Maxime Delaquis

«Ce budget n’est pas un budget de gauche, comme plusieurs l’affirment, mais délaisse plusieurs Ontariens», a-t-elle lancé.

Pour elle, il est trop tard pour que le gouvernement Wynne «répare les dommages qu’il a faits».

«Le gouvernement Wynne a eu 15 ans pour régler les problèmes dans le système de santé et n’a rien fait», a-t-elle martelé.


«Les Ontariens veulent voir qu’il y a de l’espoir pour les générations futures et ce n’est pas le cas avec ce budget.» – Andrea Horwath


Questionnée à savoir si elle était au pouvoir, quelle serait le montant de son déficit, Mme Horwath a promis à nouveau que sa plateforme serait dévoilée dans les prochaines semaines.

 

Les libéraux essaient de rester au pouvoir, dit le Parti vert

«Après 15 ans au pouvoir, le Parti libéral de l’Ontario, essaie de montrer qu’il s’intéresse aux Ontariens, mais la seule chose qui les intéresse est leur propre ré-élection», a lancé Mike Schreiner, le chef du Parti vert de l’Ontario.

Selon lui, les libéraux promettent aujourd’hui la lune aux Ontariens, mais ne seront pas en mesure de livrer la marchandise.

La Fédération canadienne des entreprises indépendance (FCEI), juge sévèrement le budget du gouvernement Wynne. Pour Plamen Petkov, vice-président pour la FCEI pour l’Ontario, estime qu’il a trop peu dans ce budget pour aider les entrepreneurs à faire face à la hausse du salaire minimum à 15 $.

«Le budget ne va pas assez loin pour alléger les charges des entreprises», a-t-il déploré par voie de communiqué.

Le président du Syndicat canadien de la fonction publique pour l’Ontario, Fred Hahn, croit que malgré les promesses faites par les libéraux dans ce budget, le lien de confiance avec la première ministre est «brisé».

«À la dernière minute, le gouvernement fait des promesses, mais les électeurs sont désabusés, c’est triste», a-t-il indiqué.

 


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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.