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Budget 2018: mieux que rien pour les francophones

Le ministre des Finances Charles Sousa lors du dévoilement du budget 2018 le 28 mars à Toronto. Crédit image : Maxime Delaquis

TORONTO – Les Franco-Ontariens ne sont pas plus avancés après le dévoilement du budget provincial, mercredi 28 mars. Mais le document de 314 pages comporte beaucoup plus de mentions à la francophonie que les dernières années.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

«Quand la communauté franco-ontarienne est robuste, l’Ontario est aussi robuste», peut-on lire dans les trois pages d’un chapitre où se succède une litanie d’initiatives passées, mais aussi de nouvelles annonces.

L’un des souhaits des Franco-Ontariens est en tout cas exaucé: l’augmentation du budget du ministère des Affaires francophones. L’enveloppe passera de 6,5 à 7,8 millions de dollars pour 2018-2019. Une augmentation en somme de 20 %. On est cependant très loin de la volonté de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) qui aurait voulu que la somme atteigne 9 millions de dollars.

«C’est une bonne nouvelle», analyse le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin. «Ça reste un pas dans la bonne direction, mais on va continuer à revendiquer l’objectif que l’on s’est donné.»

Mais pas de quoi réjouir  la critique néo-démocrate en matière d’Affaires francophones, France Gélinas. «Il y a un peu plus de ressources pour leur permettre de payer un loyer, de se payer des employés, mais ça ne reste pas beaucoup. C’est un budget qui met beaucoup de poudre aux yeux.»

Cette augmentation supplémentaire englobe les nouveaux effectifs au sein du ministère pour gérer la membriété à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), et celles du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO).

Ce programme sera justement élargi, a promis le gouvernement.  Concrètement, ce seront deux millions de dollars qui y seront investis annuellement, au lieu de un million de dollar. «À ce jour, 57 organismes ont reçu du financement. Cette année, le gouvernement augmentera et prolongera le financement accordé au Programme Franco dans le but d’améliorer le soutien octroyé aux communautés francophones de la province et de les aider.»

Une hausse qui satisfait M. Jolin. «On sait que lorsque le programme a été lancé, près de 160 demandes ont été envoyées. Il y avait alors pour huit millions de dollars demandes.»

Il pourrait être aussi plus facile au cours des prochains mois de saisir l’identité linguistique francophone dans le «système gérant» la carte de santé de l’Ontario. C’est en tout cas ce que promet le document. «Cela permettra au gouvernement de mieux comprendre les besoins et les résultats de santé des Franco‐Ontariens.»

 

Rien de nouveau pour l’Université de l’Ontario français

Très attendue, l’Université de l’Ontario français est mentionnée, mais partiellement. Le gouvernement confirme qu’il proclamera la «loi habilitante et les règlements y afférent» au printemps. C’est donc aussi dans les prochaines semaines que seront nommés les membres du premier conseil des gouverneurs du nouvel établissement. «Ceci constitue la dernière étape de la création de l’université en tant qu’entité juridique.»

On ne trouve pas de référence dans le document à une somme précise pour le futur établissement. À l’automne dernier, une somme de 18,3 millions avait été annoncée pour le fonds de démarrage.

«On a un paragraphe complet sur l’université francophone avec des mots très flatteurs, mais pas un sous», ironise France Gélinas. «Si c’est pour avoir des étudiants en 2020, il faudrait qu’il y ait des dollars qui commencent à circuler.»

 

Pas de nouvelles écoles

«Robustes», dixit le gouvernement, les francophones devront certes patienter pour la construction de nouvelles écoles. Les nouvelles constructions citées à Kingston, Toronto, ou encore Vaughan ont été déjà dévoilées au cours des derniers mois.

Pour le président de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Jean Lemay, le message n’est pas négatif. Au contraire. «Il y a déjà eu de la construction, mais on nous ouvre la porte à beaucoup de nouvelles constructions. Finalement, on va reconnaitre que les élèves francophones qui sont dans les conseils scolaires anglophones, vont pouvoir revenir dans nos écoles qui vont être construites dans les années qui viennent.»

Les Franco-Ontariens d’Orléans recevront toutefois leur part, avec «la construction de nouvelles installations» au Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO), afin «d’améliorer l’accès aux services en français».

Majoritaires dans l’Est ontarien, les francophones pourraient bénéficier d’un investissement conjoint avec le Sud-Ouest de l’Ontario. «La province investira 100 millions de dollars supplémentaires dans ces fonds au cours des 10 prochaines années et cherchera à créer et à maintenir approximativement 19 000 emplois et d’attirer plus de 800 millions de dollars en investissements.»

 


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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.