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Un bureau pour le «chien de garde» des Franco-Torontois

TORONTO – La reconstruction de l’Association canadienne-française de l’Ontario à Toronto (ACFO-Toronto) se poursuit. L’organisme de défense des Franco-Torontois aura dorénavant un bureau et espère pouvoir compter sur un employé, d’ici les prochains mois, pour donner vie à ses priorités.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Le point de départ de notre démarche était d’avoir un bureau, un siège social. Dans cette optique, nous avons signé une entente avec le Centre francophone de Toronto, car c’est ensemble que nous pouvons réussir», confie Constant Ouapo, président de l’ACFO-Toronto.

Au terme de ces discussions, le Centre francophone de Toronto a offert à l’organisme un bureau dans son immeuble situé au sud de la rue Spadina. Il s’agit de l’ancien «quartier général» du Centre francophone, toujours utilisé pour offrir certains services à la communauté.

«C’est un petit bureau dans un premier temps, on pourra y installer un bénévole, nos documents et y travailler. Nous partageons notre local avec un autre organisme francophone, le Mouvement Ontarien des Femmes Immigrantes Francophones, ce qui permettra aussi des retombées futures», explique-t-il.

Constant Ouapo, président de l’ACFO-Toronto Photo: Raphaël Lopoukhine

L’ACFO-Toronto part de loin, après avoir été très effacée au cours des trois dernières années. Son président actuel, appuyé par un nouveau conseil d’administration, a maintenant énormément d’ambition.

«On veut que l’ACFO-Toronto soit aussi dynamique que les autres ACFO en Ontario. On veut créer de l’emploi chez les Franco-Torontois, les accompagner, les aider et participer au dynamisme de la communauté», lance Constant Ouapo.

Un appel aux Franco-Torontois

«Il y a du travail à faire», confie avec réalisme Constant Ouapo. Il le dit sans détour: pour remonter la pente, l’ACFO-Toronto a besoin de mains et des Franco-Torontois.

«Je lance un appel à la communauté. Que les personnes outillées en matière de francophonie viennent nous appuyer, participer à nos discussions et nous apporter leur éclairage pour que nous puissions avoir une vision claire et la mettions en place», lance-t-il. «Sans l’appui tangible de la communauté, nous ne pouvons pas aller de l’avant», ajoute-t-il.

Différents comités sont en place pour mener les projets sur la table. Le nerf de la guerre? L’argent. Constant Ouapo et son équipe travaillent avec l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) pour que l’ACFO-Toronto obtienne du financement.


«Il nous faut des entrées de fonds pour redécoller. Avec des fonds, nous pourrons avoir du personnel permanent. On veut un employé qui sait où l’on veut aller, qui comprend les enjeux et qui fait sien notre projet» – Constant Ouapo


Les services en français demeurent un enjeu critique dans le Grand Toronto, confie-t-il. L’ACFO-Toronto pourrait jouer un rôle pour les promouvoir et constituer un guichet unique pour savoir où les obtenir, croit M. Ouapo. Il faut aussi faire entendre la voix des Franco-Torontois pour soutenir différents projets, notamment l’Université de l’Ontario français et la Maison de la francophonie, dit-il.

 

Relancer la présence en ligne

Récemment, l’AFO a rassemblé les autres ACFO de la province. L’ACFO-Toronto était présente, ce qui n’avait pas été le cas depuis longtemps.

«On veut lancer le message que désormais, il n’est plus possible de faire les choses sans consulter l’ACFO-Toronto et que nous redevenons un joueur à écouter», affirme Constant Ouapo, qui estime essentiel de faire un travail concerté avec les autres acteurs francophones de la province et de partager plus que jamais des objectifs communs.

Éventuellement, le nouveau local de l’ACFO devrait être ouvert quelques jours par semaine. Mais cela se fera graduellement. L’organisme vise d’abord l’embauche d’un stagiaire pendant l’été pour relancer la présence en ligne de l’ACFO-Toronto et assurer une permanence. L’embauche d’un employé permanent pourrait se faire plus tard dans l’année, si les fonds nécessaires sont obtenus.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.