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Un bureau pour l’immigration francophone au Maroc

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Un projet pilote permettra d’offrir des services en personne et en français aux candidats retenus pour immigrer à l’extérieur du Québec. Le bureau, installé au Maroc, devrait débuter sa mission au printemps.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

« Je ne suis pas du genre à attendre qu’on vienne à moi ! J’ai fait mes recherches, fréquenté des groupes sur Facebook et WhatsApp et trouvé les informations que je cherchais pour m’établir ici », explique Sabrina Ouaari.

Venue d’Algérie avec son mari et ses deux enfants il y a cinq mois à peine, elle s’est installée à Toronto, « une ville cosmopolite » où ses enfants « pourront devenir trilingues », dit-elle. Pour Mme Ouaari, le Canada leur offrait de meilleures opportunités d’avenir.

Aujourd’hui, son mari suit une formation d’un an pour valider son expérience en logistique et trouver un bon emploi et Mme Ouaari travaille dans le service à la clientèle.

Sur les médias sociaux, avec l’aide de groupes comme l’Association algérienne du Grand Toronto (AAGT), en faisant des recherches sur internet, elle a trouvé une école francophone pour ses enfants et l’information nécessaire à leur installation. Mais elle reconnaît que ça n’a pas été facile.

« Ça a été difficile de trouver un logement et je pense que ce serait bien de donner de l’aide aux nouveaux arrivants, car même si des services existent, ils sont méconnus. Je pense également que ce serait bien d’offrir des services sur les procédures à suivre quand on arrive, comme pour l’obtention du numéro d’assurance sociale », dit-elle, tout en soulignant que le Canada fait déjà beaucoup pour ses nouveaux arrivants et que c’est « important de savoir se débrouiller ».

Mais c’est en arrivant à Toronto qu’elle a également réalisé que si le français est un atout, il est essentiel de bien parler anglais.

Un projet pilote de plus de quatre ans

Ce genre de renseignements, c’est précisément ce que prévoit fournir le nouveau bureau qui devrait ouvrir, au printemps, au Maroc, pour desservir en personne les candidats francophones du Maghreb et d’Europe sélectionnés pour venir s’installer au Canada.

« La majorité de nos nouveaux arrivants viennent de là, mais ce sera également ouvert à tous les nouveaux arrivants francophones sélectionnés, peu importe d’où ils viennent », explique Dorra Gdoura, gestionnaire du Bureau de développement au collège La Cité. « Les personnes pourront recevoir, en personne, de l’information avant leur arrivée. Il s’agira d’informations générales sur le Canada, sur le marché de l’emploi… L’objectif, c’est de faciliter leur installation. »

En novembre dernier, le gouvernement fédéral a sélectionné l’institution franco-ontarienne d’Ottawa comme principal point de contact pour les nouveaux arrivants francophones. La Cité recevra 11 millions $ pour gérer, entre autres, ce projet pilote d’une durée de quatre ans et trois mois.

« On prévoit desservir au moins 200 immigrants en personne et 4 000 personnes en tout, puisqu’il y aura aussi une composante virtuelle. »

Les candidats sélectionnés seront informés de ce service dans leur lettre d’acceptation du Canada et La Cité prévoit également mener une campagne publicitaire et utiliser les réseaux sociaux.

Services en personne

Depuis cinq ans, un service similaire existait déjà en ligne, mais la coordonnatrice du Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario, Brigitte Duguay Langlais, juge qu’il ne fonctionnait pas très bien.

« Il ne faut pas oublier que l’accès à internet n’est pas le même partout et puis rien ne remplace le contact humain. Des services en personne existaient déjà en anglais, mais pas en français. Pourtant, souvent, on se disait que si la personne avait eu l’information avant d’arriver, cela aurait vraiment facilité les choses », dit-elle, citant notamment les inscriptions dans les écoles.

« On sait que la première priorité d’une famille, quand elle arrive, c’est de trouver un logement et une école. Ça va très vite et souvent, les personnes n’ont pas le temps de savoir pas qu’il y a des écoles de langue française. »

Un tel service pourrait donc également être bénéfique pour les communautés francophones, insiste Mme Gdoura.

« Nous allons valoriser la francophonie hors Québec ! C’est l’avantage quand c’est un organisme francophone qui s’en occupe. Et quand les gens auront besoin de réponses plus spécifiques sur une province en particulier, on pourra les diriger vers nos partenaires. »

La Cité travaillera ainsi avec Actions interculturelles de développement et d’éducation inc. en Ontario, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique et la Société de la francophonie manitobaine.

La gestionnaire de La Cité insiste que de telles informations, quand elles sont délivrées par un organisme « officiel », sont plus rassurantes pour les nouveaux arrivants.

« Et puis, ce sont des services qui seront offerts par et pour les francophones ! Ça change tout et ça va permettre de valoriser les services en français ! »


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