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Un climat « tendu » et « inquiétant » pour les professeurs à La Laurentienne

Temps de lecture : 3 minutes

Des enseignants de l’Université Laurentienne se disent « nerveux » avec la situation actuelle et dénoncent une situation « inquiétante » pour le futur des programmes en français. Certains professeurs aimeraient que l’administration soit plus transparente concernant les prochaines étapes à venir.

« On est complètement dans le noir actuellement avec la restructuration, on sait que des changements pourraient survenir, mais on n’a pas tellement d’informations », affirme un professeur à la Faculté des Arts qui a requis l’anonymat.

Pour les membres du corps professoral, l’établissement devrait se montrer plus transparent avec la communauté sur l’opération actuelle.

La situation est bouillante à La Laurentienne depuis le 1er février. Ce jour-là, l’Université Laurentienne, arguant des « défis financiers sans précédent », entamait une procédure de restructuration sous supervision judiciaire en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

« On ne sait pas exactement ce qui va se passer. On sait qu’il y a un processus devant un juge. On ne sait pas qui va décider quoi et ça fatigue les gens. Il y a toutes sortes d’hypothèses qui se promènent et c’est très malsain. Ça serait mieux si on savait comment ça va se passer, quels critères vont être utilisés pour la restructuration », renchérit un autre professeur comptant plus d’une dizaine d’années d’enseignement dans le monde postsecondaire.

À l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL), on avoue que beaucoup d’enseignants craignent pour leurs emplois.

« Les professeurs sont très inquiets des répercussions qui pourraient découler de la restructuration de ce processus. Ça pourrait inclure la fermeture de certains programmes, la mise à pied de certains employés… Imaginez un hôpital passant par le même processus ayant à décider quel département entre celui de pédiatrie radiologie et cancérologie devraient fermer et quels sont les docteurs et infirmières qu’on va devoir garder. C’est absolument critique pour le gouvernement de rentrer dans la danse et de fournir un soutien financier », dit Fabrice Colin, le président de l’APPUL.

« Un manque de transparence » de l’administration

Lors d’une réunion du conseil des gouverneurs la semaine dernière, le recteur Robert Haché a mentionné à maintes reprises « ne pas avoir plus de détails » ou « ne pas avoir plus de réponses ». Des professeurs se disent déçus de voir le recteur et tout autre membre de l’établissement fournir très peu de détails.

« Les gens apprécieraient d’en savoir davantage, on nous dit que ça va durer trois mois, mais on aimerait savoir ce qui va se dérouler pendant ces 90 jours et évidemment ce qui pourrait se passer après. Ça serait une bonne chose qu’on ait plus de clarté sur le processus », soutient ce professeur d’une dizaine d’années d’expérience.

Robert Haché, recteur et vice-chancelier de l’Université Laurentienne. Source : Université Laurentienne, webdiffusion

Pour l’instant, le corps professoral dit ne pas avoir une grande confiance envers le conseil des gouverneurs pour aider dans l’état des choses actuel.

« La maison est en feu et on n’a pas l’impression qu’elle va être sauvée si c’est le bureau des gouverneurs qui vient nous secourir. Ça fait plusieurs années qu’on remarque que ce n’est pas une gouvernance de type universitaire qui se passe au sein de ce conseil » dénonce ce professeur de la Faculté des arts.

Un danger pour les cours en français ?

Ce professeur dénonce le fait que le dossier de restructuration de l’établissement sudburois a été confié à la firme Ernst & Young. Il craint que « l’opération vienne d’une firme de comptables de Toronto ».

« On est nerveux, on dit que les programmes en français n’ont pas beaucoup d’étudiants alors ça nous fait peur s’il y a une restructuration budgétaire. Ils (Ernst & Young) ne vont peut-être pas comprendre la particularité universitaire pour les francophones à La Laurentienne. »

Les deux professeurs interviewés par ONFR+ avouent se sentir concernés pour le département des Arts qui compte nombreux de ces petits programmes francophones. Pour le professeur anonyme comptant plus de dix ans d’expérience, il croit que c’est la faculté qui pourrait être la plus touchée par cette opération financière.

« Aux arts, on est plus inquiet que les autres, disons. Dans les documents déposés à la cour, il y a vraiment une emphase sur deux affaires, la première est les programmes avec petits nombres et ensuite c’est l’université qui prétend qu’il y a trop de professeurs pour le nombre d’étudiants et le syndicat est visé clairement. On voit qu’il y a clairement une antipathie envers le syndicat. »

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