Le ministre des Finances de l'Ontario a évoqué l'impact des tarifs douaniers américains qui ont frappé, entre autres, les secteurs de l'acier, de l'automobile et de la fabrication. Photo : Jackson Ho/ONFR
Politique

Un déficit de 3 milliards de plus que prévu en 2026-2027 pour l’Ontario

Le ministre des Finances de l'Ontario a évoqué l'impact des tarifs douaniers américains qui ont frappé, entre autres, les secteurs de l'acier, de l'automobile et de la fabrication. Photo : Jackson Ho/ONFR

TORONTO – Le ministre des Finances de l’Ontario, Peter Bethlenfalvy, a publié la mise à jour financière du budget 2026 de l’Ontario, déposé en mars dernier. Le déficit qui y était annoncé de 13,8 milliards grimpe à 16,9 milliards de dollars pour 2026-2027.  Le gouvernement a aussi repoussé d’un an ses prévisions du retour à l’équilibre budgétaire, soit à l’horizon 2029-2030.

Contrairement au déficit de 13,8 milliards de dollars qui avait été annoncé en mars dans le budget de la province, le gouvernement projette un déficit de 16,9 milliards de dollars en 2026-2027 (puis 12,7 milliards en 2027-2028 et 6,7 milliards en 2028-2029), invoquant « une prudence supplémentaire pour préserver une souplesse en cas de conjoncture économique difficile ».

Le gouvernement précise que les perspectives financières se sont assombries, à cause « des perturbations commerciales et des tarifs américains ».

Celui-ci ambitionne désormais un retour à l’équilibre budgétaire un an plus tard que prévu, à l’horizon 2029-2030.

Selon les projections du gouvernement, le PIB réel est, lui, revu à la baisse. Il devrait augmenter de 0,5 %, au lieu de 1 %, en 2026 et de 1,5 %, au lieu de 1,7 %, en 2027.

Source : capture de Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario 2026 : un plan pour protéger l’Ontario

Le champ lexical de ce document financier, « gestion financière responsable » et « investissements ciblés », s’inscrit largement dans la continuité du budget 2026 avec des investissements clés dans les secteurs tels que l’industrie automobile, l’énergie nucléaire, les minéraux critiques, ou encore la foresterie et de l’allègement fiscal pour les entreprises.

Dans une allocution aux accents géopolitiques, le ministre des Finances a affirmé aujourd’hui en chambre que l’Ontario vit désormais dans « un monde protectionniste d’après libre-échange », plombé par « les tarifs douaniers américains qui ont frappé nos secteurs de l’acier, de l’auto et de la fabrication ». Pour amortir le choc, Queen’s Park entend miser sur la croissance économique. « Nous ne pouvons pas contrôler chaque défi au-delà de nos frontières, mais nous pouvons contrôler notre réponse. Et la réponse de l’Ontario est de bâtir, ensemble », a martelé M. Bethlenfalvy, rappelant l’objectif d’un retour à l’équilibre budgétaire repoussé à 2029-2030.

Quelques nouvelles mesures économiques

Entre autres nouvelles mesures, quelques jours en amont, le gouvernement a mis en place « la Mesure ontarienne de réduction d’impôts pour la compétitivité », soit un allègement fiscal estimé à 8 milliards de dollars (volet provincial de la mégadéduction à la productivité du gouvernement fédéral).

Il s’agit de réduire le coût des investissements des entreprises qui peuvent déduire immédiatement de leurs impôts et en totalité le coût de leurs nouveaux équipements et infrastructures, plutôt que de l’étaler sur plusieurs années, l’objectif étant d’inciter le secteur privé à accélérer ses investissements dans la modernisation et l’innovation technologique.

Le gouvernement s’engage en outre à examiner 375 permis provinciaux relatifs aux entreprises sur trois ans avec l’objectif de supprimer ou de simplifier 65 % d’entre eux et veut réduire les délais de traitement des permis « de 220 000 jours ».

Lors de son discours, Peter Bethlenfalvy a notamment rappelé que, depuis avril 2025, l’Ontario avait annoncé près de 30 milliards de dollars en mesures d’aide et d’allègement tarifaire.

« Le leadership exercé par l’Ontario pour faire tomber les barrières au commerce interprovincial pourrait libérer jusqu’à 200 milliards de dollars de PIB au Canada », a-t-il aussi affirmé.

« Ottawa s’est engagé à égaler l’investissement ontarien d’un milliard de dollars pour développer le réseau routier menant aux minéraux critiques! Exploiter ce potentiel économique pourrait générer jusqu’à 22 milliards de dollars d’activité économique tout en soutenant plus de 70 000 emplois dans l’ensemble de l’Ontario. »

Pas de changement dans le budget du ministère des Affaires francophones

Le budget 2026, qui faisait la part belle à la francophonie, n’en fait cette fois pas grande mention.

Au printemps dernier, la province annonçait notamment un financement supplémentaire de 10,8 millions de dollars à l’Université de Sudbury, ou encore avec un investissement de 5 millions de dollars par an sur trois ans pour créer des ressources d’apprentissage en français de la part du diffuseur public TFO.

Côté budget du ministère des Affaires francophones, aucun changement, il reste identique à ce qui était prévu en début d’année, soit 13,3 millions de dollars pour 2026-2027.

Plus de détails à venir…