Vincent Georgie, directeur général et chef de la programmation du Festival international du film de Windsor (WIFF), souligne que le conseil d’administration, composé de francophiles, soutient pleinement la place accordée au cinéma en français. Photo : ONFR
Culture

Le Festival de Windsor, vitrine majeure du cinéma francophone 

Vincent Georgie, directeur général et chef de la programmation du Festival international du film de Windsor (WIFF), souligne que le conseil d’administration, composé de francophiles, soutient pleinement la place accordée au cinéma en français. Photo : ONFR

Le Festival international du film de Windsor (WIFF) débute ce jeudi et se poursuivra jusqu’au 8 novembre avec à l’affiche 232 longs métrages issus de 55 pays. Parmi eux, 59 films francophones, soit plus du quart de la programmation. Une place revendiquée par son directeur général, Vincent Georgie, qui œuvre à faire du cinéma en français un rendez-vous incontournable, aussi bien pour les francophones que pour les francophiles.

« Ce qui caractérise cette édition, c’est l’énormité de l’événement », résume Vincent Georgie, directeur général et chef de la programmation du Festival international du film de Windsor (WIFF), interrogé par ONFR.

Du 29 octobre au 8 novembre, le centre-ville de Windsor vivra onze jours au rythme du septième art. Avec 232 longs métrages issus de 55 pays, plus de 300 projections et la présence attendue de plus d’une centaine de cinéastes, le festival voit grand. Cette année, les productions canadiennes représentent 51 % de la programmation.

Pour cette 22e édition, le festival ouvrira ses portes avec Paper Tiger, le nouveau long métrage de James Gray, présenté au Festival de Cannes et réunissant Adam Driver, Miles Teller et Scarlett Johansson. La soirée d’ouverture, prévue le jeudi 29 octobre, affiche déjà complet, avec quelque 1100 spectateurs attendus pour la projection.

Le festival se clôturera le 8 novembre avec The Debut, une comédie noire de Jesse Eisenberg mettant en vedette Julianne Moore et Paul Giamatti. Mais au-delà des productions internationales et des vedettes attendues, le WIFF cultive une particularité : l’importance accordée au cinéma francophone.

Un film sur quatre en français

Avec 59 longs métrages en français, le festival revendique la plus importante programmation francophone en Amérique du Nord. « Pour moi, c’est fondamental. C’est un pays bilingue. Il faut fêter les deux langues », affirme Vincent Georgie.

Loin d’être une nouveauté, cette orientation fait partie de l’identité du festival depuis plusieurs années. Selon son directeur, elle s’est imposée naturellement grâce à l’enthousiasme du public local. « On est très chanceux à Windsor, il y a énormément de francophones et de francophiles. Notre public aime, adore et participe aux films francophones. Ce n’était même pas un défi », explique-t-il.

Cette offre attire également des visiteurs bien au-delà de Windsor-Essex. Vincent Georgie évoque notamment des spectateurs venus d’Ottawa, de Sudbury, de Sault-Sainte-Marie et du Québec, certains faisant le déplacement précisément pour profiter de la programmation en français.

Et le public ne se limite pas aux francophones. « Dans toutes nos salles, quand on montre des films en français, je dirais certainement que 50 % du public, ce sont des francophiles, pas des francophones. Et c’est super! »

Du cinéma francophone pour tous les goûts

La sélection francophone fait une place aux productions québécoises, françaises et à celles d’autres pays de la francophonie. Comédies, drames ou films d’action : Vincent Georgie assure privilégier avant tout la qualité cinématographique.

« Un bon film, c’est un bon film. Trouver une belle comédie qui sort de Belgique, un drame qui sort du Maroc ou un film d’action qui sort de France, c’est vraiment une question de qualité. »

Parmi ses recommandations figure Juste une illusion, la nouvelle comédie d’Olivier Nakache et Éric Toledano, le duo derrière Intouchables. Il met également en avant Nina Roza, de la réalisatrice québécoise Geneviève Dulude-De Celles, choisi pour représenter le Canada aux Oscars et en lice pour le prix du meilleur film canadien du WIFF, doté de 25 000 dollars.

Autre film recommandé : Pauline, consacré à la chanteuse québécoise Pauline Julien, avec Suzanne Clément, également en compétition pour cette récompense.

La sélection des œuvres mobilise le directeur artistique tout au long de l’année. Entre les films envoyés par les distributeurs, les propositions des cinéastes et les découvertes réalisées dans d’autres festivals, Vincent Georgie estime regarder en moyenne deux films par jour.

1200 élèves pour vivre leur francophonie autrement

L’une des initiatives les plus significatives du WIFF concerne les jeunes francophones. Le jeudi 29 octobre, plus de 1200 élèves provenant de 11 écoles participeront à des projections spécialement organisées en partenariat avec le Conseil scolaire catholique Providence.

Vincent Georgie y voit une occasion de donner davantage de visibilité à la langue française dans l’espace public. « Les francophones de la région vivent majoritairement leur francophonie chez eux ou à l’école, mais pas dans les places publiques et communautaires en général », observe-t-il.

Pour cette journée, les films seront présentés en français et des bénévoles francophones accueilleront les élèves. « On veut qu’ils voient qu’ils peuvent vivre leur francophonie partout. C’est vraiment important. »

Le directeur souligne également l’importance de faire découvrir aux jeunes l’expérience collective du cinéma, à une époque où beaucoup consomment les films sur des écrans individuels. « Ce qu’ils adorent, ce n’est pas juste le film, ce n’est même pas juste de quitter l’école. Ce qu’ils adorent, c’est la salle », raconte-t-il, évoquant l’émerveillement des élèves devant les théâtres historiques et leurs décors.