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Politique

Un test de compétences pour devenir enseignant défavoriserait les francophones

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Plus de la moitié des francophones échouent au test de mathématiques obligatoire pour devenir enseignant, contre moins de 30 % chez les anglophones. Une disparité alarmante pour la Fédération des enseignantes et enseignants de l’Ontario (FEO) qui a tiré la sonnette d’alarme. L’Association des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (AEFO) exprime des doutes sur les aspects linguistiques et culturels du test.

Après avoir obtenu les résultats des quatre premières sessions d’évaluation au test de compétences en mathématiques (TCM), obligatoire en Ontario depuis le 1er février 2025 pour les candidats à l’enseignement, la Fédération des enseignantes et enseignants de l’Ontario (FEO) a tiré la sonnette d’alarme.

Ces chiffres sont « alarmants », « notamment en raison des disparités manifestes dans les taux de réussite selon la langue, l’origine ethnique et l’âge des candidates et des candidats », affirme le syndicat.

Sur le plan linguistique plus précisément, dès la première tentative à ce test, un écart marqué apparaissait : 71 % de réussite chez les anglophones contre 44 % chez les francophones.

Les candidats francophones avaient également beaucoup moins de chances de réussir lors des tentatives suivantes (88 % contre 71 % à la quatrième tentative).

« En substance, le TCM retarde et entrave de manière disproportionnée le recrutement d’enseignants francophones à un moment où l’Ontario a besoin de davantage d’éducateurs francophones », indique la FEO.

« Les résultats montrent aussi un taux d’échec plus élevé chez les francophones dans la composante pédagogique, ce qui soulève des doutes sur les aspects linguistiques et culturels du test. »
— Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO

« Un écart important qui persiste et qui désavantage clairement les francophones », exprime Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (AEFO).

« Les résultats montrent aussi un taux d’échec plus élevé chez les francophones dans la composante pédagogique, ce qui soulève des doutes sur les aspects linguistiques et culturels du test », soulève celle-ci.

Avec une telle recurrence dans la disparité des résultats, Mme Lemieux considère normal de questionner la validité et l’équité de l’examen, ajoutant que rien ne démontre qu’il formerait de meilleurs enseignants.

Côté origine ethnique, les résultats du test de mathématiques montraient des disparités entre personnes blanches, dont le taux de réussite dès la première tentative était près de deux fois supérieur à celui de personnes noires. Quant à l’âge, les personnes âgées de 40 ans et plus ont affiché un taux de réussite à la première tentative inférieur de 31 points de pourcentage à celui des personnes de moins de 25 ans.

La FEO avait déjà rapporté ces mêmes préoccupations dès 2019.

La Cour divisionnaire de l’Ontario avait alors statué, lors d’un recours judiciaire en 2021, que le TCM était discriminatoire et, par conséquent, inconstitutionnel. Néanmoins, le gouvernement de l’Ontario avait choisi de faire appel de la décision du tribunal de première instance et avait poursuivi la mise en œuvre du TCM. 

Pour l’AEFO, dans un contexte de pénurie, le TCM constitue un obstacle supplémentaire dans la profession, freinant l’accès aux francophones, et soulevant des enjeux de discrimination systémique et d’équité, « notamment pour les personnes nouvellement arrivées et racisées ».

« Le TCM représente une grave erreur de politique éducative qui ferme inutilement la porte à la profession enseignante », a pour sa part déclaré Chris Cowley, président de la FEO.

Sollicité par ONFR, le ministère de l’Éducation n’a pas commenté l’écart spécifique de réussite entre les deux groupes linguistiques, mais a insisté sur l’importance du test pour la qualité de l’enseignement.

Selon la porte-parole du ministre Paul Calandra, Emma Testani, ce test « établit une norme claire et cohérente » pour s’assurer que les enseignants possèdent les « compétences fondamentales » nécessaires à la réussite des élèves.