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Une plateforme en anglais pour promouvoir les produits de la France à Toronto

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Le consulat de France lance une plateforme pour mettre en vedette les produits français vendus dans les commerces de la Ville reine. Pour attirer la clientèle anglophone, la plateforme n’est à peu près qu’en anglais. Un choix assumé même si la France fait de la place du français sur Internet une priorité.

Une vitrine virtuelle et des rabais pour attirer les clients  : la première plateforme de commerçants francophones en Ontario aura finalement vu le jour grâce à l’impulsion et aux investissements de ressortissants français de la Fédération tricolore et du gouvernement français.

« Le but est d’aider les commerçants pendant cette période difficile », affirme Monica Abhervé Hung, présidente de la Fédération tricolore, qui rassemble les membres de la communauté française dans le grand Toronto.

FranceIsON.com (pour France is Ontario) a été mis en ligne ces derniers jours. Mais ses créateurs espèrent surtout faire le buzz pendant la période commerciale névralgique qui précède Noël et stimuler l’achat de produits originaires de France. Pour être sur la plateforme, « la seule condition est de commercialiser ou de promouvoir des produits qui parlent de la France ou qui sont fabriqués en France », explique-t-on sur le site.

L’anglais un moyen d’attirer vers le français, selon le consul

L’anglais a été choisi comme langue dominante de la plateforme pour attirer le plus grand nombre, affirme Alexis Tudor, le consul de France à Toronto.

« Quand je veux faire la promotion de produits français auprès de la majorité, je dois leur parler en anglais. Si je vendais le Québec aux gens de la Floride, je le ferais en anglais. Si je vendais des voitures françaises en Chine, je le ferais en mandarin », réplique-t-il à ceux qui critiquent sa décision.

« Nous voulons parler à ceux qui nous connaissent mal et les amener vers nous. Le but n’est pas de parler aux gens qui sont déjà convaincus. On veut dire aux anglophones que la francophonie ce n’est pas juste au Québec ou en France. On leur dit qu’ils peuvent faire des activités sociales où ils seront bien accueillis, avoir du plaisir dans un restaurant français ou consommer des produits français juste à côté de chez eux, à Toronto », ajoute le consul.

Alexis Tudor, consul de France à Toronto. Crédit image : Rudy Chabannes

Même si la page principale est en anglais, les commerçants pourront décider de rédiger leurs annonces de façon bilingue.

« Je sais que les Franco-Ontariens ne parlent pas tous en anglais, mais je ne prétends pas être un service global. Mon objectif est d’être compris par la majorité des gens qui lisent dans le Grand Toronto », affirme Tudor Alexis.

« On respecte comme il se doit le français là où il faut. Mais le faux débat des scrogneugneux qui ne vont voir que les défauts, je ne veux pas y participer. On parle dans la langue de l’autre pour accrocher l’autre », ajoute le consul.

Le président Emmanuel Macron exige de tous les représentants de la France à l’étranger qu’ils fassent la promotion de la langue française, particulièrement sur l’Internet. Le 20 mars 2020, il a dévoilé la Stratégie internationale pour la langue française et le plurilinguisme.

L’un des piliers de cette stratégie concerne le numérique : « La France travaillera à développer la visibilité et l’accès aux contenus francophones et plurilingues sur l’Internet en améliorant la capacité de ces contenus à émerger dans les bases de données et moteurs de recherche ainsi que dans les services audiovisuels et numériques », peut-on lire dans le document.

Tudor Alexis affirme que la plateforme lancée va bel et bien dans le sens de cette directive. « Certains commerçants vont annoncer de façon bilingue. À terme, si on a 400 commerçants et 200 d’entre eux ont décidé d’avoir une page bilingue, alors on aura 200 pages avec du français de plus sur le web », lance-t-il.

Un projet en plusieurs temps

Jusqu’au 14 novembre, les commerçants sont invités à se joindre à l’initiative et à faire connaître leur désir d’offrir une offre sur la plateforme. On insiste bien sur le fait que ce sont les petits commerçants locaux qui sont ciblés par l’initiative et non les grandes chaînes. La campagne sera ensuite lancée à l’intention des consommateurs entre le 14 novembre et le 28 décembre.

Selon son succès, le site web pourrait être utilisé à nouveau pour promouvoir les produits français lors d’autres périodes festives de l’année.

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