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Une rentrée à temps, mais avec 3 500 élèves en moins pour le CECCE

Temps de lecture : 5 minutes

OTTAWA – Près de 3 500 élèves n’iront pas dans les salles de classe du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) à la suite de la décision des parents de les retirer de l’école en personne. Ce nombre « très élevé » représente un véritable casse-tête pour le CECCE à moins de trois semaines de la rentrée scolaire du 3 septembre.

Ce chiffre désormais officiel et transmis aux médias représente près de 13 % du plus grand conseil francophone de la province avec 56 écoles et plus de 26 000 élèves.

« Beaucoup de parents posent la question : si je commence en ligne, est-ce que je peux retourner en personne ? La réponse est oui », assure le directeur de l’Éducation du CECCE, Réjean Sirois.

Le CECCE fait partie des 24 conseils scolaires de la province qui vont expérimenter un modèle hybride pour les écoles secondaires. Concrètement, les élèves combineront la présence physique dans les salles de classe et les cours en ligne, et ce dans des régions a priori les plus touchées par la pandémie. Les classes ne seront plus que de 15 élèves. 

Le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) est aussi concerné par ce modèle hybride.

Le CECCE précise que les élèves tant au secondaire qu’à l’élémentaire devront respecter un minimum de minutes de cours en ligne par jour.

Pour le conseil scolaire, un élève qui effectue l’école à la maison est tout de même inscrit sur la liste de classe, ce qui permet un retour le jour suivant, si les parents demandent un retour en personne.

Est-ce sécuritaire d’envoyer un enfant qui était hors de l’environnement de l’école pour l’envoyer en classe du jour au lendemain ?

« La possibilité est là, mais il y a des procédures et des protocoles à suivre. On va demander aux parents de faire le protocole d’auto-évaluation… L’enfant est à la maison, alors il a sûrement été isolé pendant plus de 14 jours à la maison avec sa famille. On prend très au sérieux les mesures de sécurité, mais il faut se fier aux parents », affirme M. Sirois.

C’est différent du côté du CEPEO qui imposera des moments précis dans l’année pour effectuer un retour au secondaire. À l’élémentaire, les parents pourraient aussi devoir s’armer de patience.

« À l’élémentaire, on donne 12 semaines maximum. Je sais que beaucoup de parents questionnent ça, mais dès qu’un parent veut ramener son enfant en classe, il faut qu’on ramène l’enfant de manière sécuritaire pour la cohorte à laquelle il va se joindre. On ne pourra pas accepter que des élèves intègrent constamment des cohortes, sinon on ne protège pas la bulle » explique Sylvie Tremblay, directrice de l’Éducation au CEPEO.

Toutes ces nouvelles directives parviennent à quelques jours de la rentrée en septembre. Malgré tout, le CECCE assure être prêt à accueillir ses élèves le 3 septembre. Dans le Centre-Sud-Ouest et le Nord de l’Ontario, il faudra attendre le 8 septembre pour la rentrée scolaire.

« Ça va être serré, il n’y a pas un seul conseil scolaire qui dit que tout va être parfait le 3 septembre… Est-ce qu’on va être prêt pour le 3 ? Il sera peut-être minuit moins une, et l’on va peut-être encore être en train d’essayer de recruter des gens. Mais à ce jour, rien ne m’indique que la rentrée d’une de nos écoles sera perturbée par un manque de personnel ou tout autre chose. »

Le CECCE attend toujours l’approbation du ministère de l’Éducation pour que quatre de ses écoles secondaires éloignées d’Ottawa puissent retourner à temps plein contrairement aux autres écoles du conseil.

30 nouveaux enseignants

Pour assurer l’enseignement à ces 3 500 élèves, le CECCE a engagé 30 nouveaux enseignants en plus de demander à ceux ayant décidé de se retirer de l’enseignement présentiel de fournir celui en ligne. Pour les suppléants, M. Sirois avoue qu’il sera difficile de limiter leurs déplacements en raison de la demande tant chez les conseils anglophones que francophones.

« À Ottawa, ce sont cinq conseils qui pigent dans la banque de suppléants, dont les anglophones pour les programmes d’immersion. »

De leurs côtés, les parents du CEPEO ont jusqu’au 19 août pour déposer une demande de retrait. La directrice de l’Éducation, Sylvie Tremblay, avoue toutefois redouter un nombre élevé d’élèves et son impact sur la main d’œuvre francophone.

Les bureaux du CEPEO. Archives ONFR+

« Si on se retrouve dans une situation où l’on va devoir faire plusieurs embauches, ça va être un défi par rapport à la pénurie d’enseignants francophones… On ne demandera pas à ceux qui enseignent en personne de donner aussi des cours en ligne. »

Pour l’instant, l’embauche de plusieurs enseignants n’est pas dans les plans, précise Mme Tremblay.

« À ce moment-ci, ce n’est pas nécessairement un enjeu, on est en train de sonder notre personnel pour voir s’il y en a qui ne pourront pas être à l’école en raison de leur situation médicale… On pense être capable de fonctionner avec le nombre actuel d’enseignants qu’on a dans le conseil. »

Les plans du CEPEO et CECCE

Circulation dans l’école

Les deux conseils prévoient désigner des secteurs ou des endroits prévus dans l’école pour l’entrée et la sortie des élèves. Certains corridors seront désignés à sens unique et l’accès aux casiers interdit.

Dans le but de limiter des déplacements, les élèves des deux conseils scolaires devront rester dans la même classe, sauf pour celles qui correspondent à un cours spécialisé. Seul le personnel scolaire sera autorisé à aller de local en local.

Taille des classes

Les deux conseils doivent respecter les directives du gouvernement qui impose un maximum de 15 élèves au secondaire ou de 30 dans les écoles exemptées de cours en ligne. Entre la 1ère et la 3e année, on indique un ratio d’un enseignant pour 20 élèves, tandis que de la 4e à la 8e année, on dit 24,5 élèves en moyenne par enseignant. À la maternelle, entre 15 et 26 enfants seront permis.

L’heure du dîner

À l’élémentaire, les élèves devront manger en classe à leur bureau. Il sera interdit aux enfants d’utiliser les micro-ondes ou de partager leur nourriture. Il sera aussi interdit de jeter la nourriture dans le but d’éviter des déplacements en classe au secondaire. La cafétéria sera disponible pour emporter seulement et certaines tables seront réservées pour des classes précises.

Classe extérieure

« Dans la mesure du possible, s’il vous plaît, allez faire vos classes à l’extérieur », suggère Réjean Sirois. Ce dernier croit que « porter un masque toute la journée sera un enjeu pour les élèves et le personnel », ce qui ne sera pas le cas une fois dehors. Même chose pour le cours d’éducation physique dont il croit possible de le donner dehors, peu importe la saison.

Même son de cloche en éducation physique chez le CEPEO qui précise que seuls les sports individuels seront permis.

Note : En entrevue avec ONFR+, Réjean Sirois avait laissé entendre qu’entre 4 000 à 5 000 étudiants effectueraient l’école en ligne. Ce chiffre a été revu à la baisse par le CECCE à 3 500, quelques jours plus tard.

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