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Aucune date pour le début du déconfinement en Ontario

Temps de lecture : 4 minutes

TORONTO – Le gouvernement de Doug Ford a dévoilé, ce lundi, son plan de déconfinement. Un plan prudent qui cherche à concilier santé publique et économique pour la province, sans ne donner aucune date.

▶️ 424 nouveaux cas positifs en Ontario
▶️ 14 856 cas de COVID-19 au total (47 316 au Canada)

▶️ 892 décès (2 617 au Canada), 8 525 guérisons
▶️ 945 hospitalisations, 241 personnes en soins intensifs

▶️ 242 188 tests réalisés (717 451 au Canada), 5 001 en attente de résultats

Aucun échéancier, aucune date précise, mais des grandes lignes directrices. Celles et ceux qui attendaient de savoir, enfin, quand les mesures de confinement commenceront à être levées en Ontario resteront sur leur faim.

Prudent face à une situation qui continue d’évoluer de manière incertaine, malgré une augmentation du nombre de cas qui semble ralentir ces trois derniers jours, le Comité ontarien de l’emploi et de la relance insiste plutôt sur comment l’économie ontarienne va reprendre son activité.

« C’est une feuille de route, pas un calendrier », a insisté le premier ministre, Doug Ford. « C’est une discussion que nous commençons à avoir. Personne ne veut rouvrir l’économie plus que moi. Je suis un homme d’affaires et je comprends l’urgence pour certains. Mais on ne veut pas rouvrir prématurément l’économie et avoir une explosion des cas. »

Le premier ministre Doug Ford. Capture d’écran

La santé restera donc la priorité, insiste le gouvernement, tout en tenant compte des besoins des entreprises et de la population.

« Plus vite les chiffres diminueront, plus vite nous pourrons revenir à la normale », a promis le premier ministre.

UN PLAN EN PLUSIEURS ÉTAPES

La réouverture de l’économie se fera en trois étapes, sous la surveillance de Santé publique Ontario (SPO) qui se donnera un temps d’évaluation de deux à quatre semaines entre chacune afin d’en surveiller l’impact sur la pandémie et de pouvoir rétablir certaines mesures sanitaires rapidement si nécessaire.

Dans un premier temps, seulement les entreprises capables de mettre en place des mesures sanitaires adéquates, notamment de distanciation physique ou des moyens de vente alternatifs, comme la livraison ou le ramassage, pourront rouvrir. Les petits rassemblements seront autorisés, notamment pour des funérailles, ainsi que certains espaces en plein air ouverts. De leur côté, les hôpitaux pourront procéder à certaines interventions chirurgicales non urgentes et programmées et offrir d’autres services de soins de santé.

Dans un second temps, la réouverture des entreprises se poursuivra, basée sur une évaluation des risques et la mise en place de mesures sanitaires et de sécurité, tout comme celle de plus d’espaces extérieurs. Des rassemblements publics plus larges seront autorisés.

Enfin, il sera temps de rouvrir tous les lieux de travail et de lever les restrictions de réunions publiques.

Toutefois, les grands rassemblements, comme les événements sportifs ou les concerts, resteront interdits « dans un avenir rapproché », prévient la province. Le gouvernement a également annoncé récemment la fermeture de tous les parcs provinciaux jusqu’au 31 mai. Quant à l’école, le ministre de l’Éducation Stephen Lecce a déjà indiqué, hier, que les élèves ontariens n’en reprendront pas le chemin avant le 31 mai.

« Remettre en marche notre économie après cette pause sans précédent ne sera pas une mince affaire. Il nous faut une approche soigneusement planifiée pour éviter de déclencher soudainement une nouvelle vague pandémique, d’anéantir les progrès que nous avons réalisés et de mettre en danger la sécurité publique », insiste le ministre des Finances, Rod Phillips, par voie de communiqué.

Les conditions préalables au déconfinement

Avant d’entamer le déconfinement, la province attend le feu vert de Santé publique Ontario. Celle-ci basera sa décision sur une diminution constante, pendant deux à quatre semaines, du nombre de nouveaux cas de COVID-19 par jour, une capacité suffisante du système de santé et des ressources, tel l’accès à des ventilateurs et à de l’équipement de protection, ainsi que la capacité des bureaux de santé publique de communiquer dans les 24 heures avec environ 90 % des nouveaux cas de COVID-19.

La province devra également s’assurer d’avoir les moyens de dépister les cas soupçonnés de COVID-19, afin de déceler rapidement de nouvelles éclosions.

Ces précautions se rapprochent de celles évoquées par le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, pour tout le pays.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Capture d’écran

« On encourage de faire très attention dans les étapes de réouverture de l’économie », a-t-il plaidé en point presse, ce lundi, indiquant que des principes de base communs, déterminés avec les provinces et les territoires, seront dévoilés « d’ici quelques jours ».

« D’une province à l’autre, les mesures vont être différentes. Ce n’est pas au gouvernement fédéral d’approuver les décisions qui sont de la juridiction des provinces », a-t-il toutefois rappelé.

L’ONTARIO SE DIFFÉRENCIE

L’approche de l’Ontario se différencie des autres provinces, dont le Nouveau-Brunswick, qui a annoncé vendredi de premiers assouplissements aux règles de distanciation sociale.

Ce lundi, le Québec a aussi dévoilé sa stratégie. Celle-ci s’avère plus détaillée, avec une date pour la reprise progressive de l’école primaire, la fin des cours au niveau secondaire jusqu’à septembre ou encore, la levée des restrictions sanitaires graduellement, selon les régions.  

« La dynamique de chaque province est différente, mais nous partageons tous une approche progressive », a indiqué le médecin-hygiéniste en chef de l’Ontario, Dr David Willams, sans donner plus de détails sur une éventuelle date de déclenchement de la première étape du plan ontarien. « Nous avons encore plus de 400 cas par jour, il y a donc encore beaucoup de chemin à parcourir. »

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