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Une voie pour le leadership féminin dans Prescott et Russell

Temps de lecture : 4 minutes

LA NATION – L’organisme Leadership féminin Prescott et Russell fêtera, ce dimanche, ses deux ans d’existence. Avec un objectif en tête : celui d’atteindre la parité dans les candidatures aux élections municipales de 2022 dans la région.

« L’étincelle, ça a été l’élection municipale de 2018 », explique la présidente de Leadership féminin Prescott et Russell (LFPR), Marie-Noëlle Lanthier.

Conseillère municipale de La Nation depuis 2014, Mme Lanthier a alors pu mesurer le chemin qu’il restait à parcourir. Elles étaient seulement 29 candidates pour le scrutin.

Avec d’autres leaders féminines de la région, elles ont donc décidé de créer ce nouvel organisme francophone à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2018.

« Ça faisait au moins un an qu’on y pensait. À force de se croiser dans les événements, on se disait que ce serait bien d’appuyer d’autres femmes qui veulent participer », renchérit une des fondatrices, Nathalie Ladouceur.

Une pente à remonter

Au niveau municipal, Prescott et Russell est encore loin de la parité. Sur les 52 élus que comptent ses huit municipalités, seulement 11 sont des femmes, soit 21 %. En Ontario, ce taux est de 29,5 % pour le palier municipal, alors même que la province compte 50,7 % de femmes.

« Si nous voulons vraiment être représentatifs de notre population et démocratiques, il faut des conseils qui reflètent la population » -Paula Assaly, mairesse de Hawkesbury

« Nous avons une population vieillissante et des femmes qui ont été socialisées dans l’idée que seuls les hommes sont dans des postes de leadership ou de pouvoir. C’est pourquoi les femmes votent pour des hommes. Il y a beaucoup d’éducation à faire. C’est une pente à remonter ! », argumente Paula Assaly, seule mairesse des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR).

Un avis que partage Mme Lanthier.

« Traditionnellement, la politique, surtout municipale, est vue comme un milieu d’hommes. On résume ça aux travaux publics, aux chemins, à la voirie… Et on pense que seuls les hommes connaissent ça. »

La manière dont sont traitées les femmes en politique n’incite pas non plus les vocations, ajoute-t-elle.

L’organisme veut donc contrer ce phénomène et voit même au-delà de la politique.

« Plusieurs organismes publics, communautaires et privés disent souvent vouloir plus de femmes sur leurs conseils d’administration, mais qu’ils n’en trouvent pas. On ne veut plus que ça puisse servir d’excuse ! On souhaite donc devenir un point de référence avec des noms de femmes à proposer pour occuper ces postes, selon l’expertise recherchée », dit Mme Lanthier.

Une démarche qui fait jaser

Depuis deux ans, LFPR a entamé un travail de sensibilisation, notamment auprès des conseils municipaux de Prescott et Russell.

« Dans certaines municipalités, notre démarche a fait jaser. Certains ne comprennent pas pourquoi on devrait plus appuyer les femmes que les hommes… », raconte Mme Lanthier sans vouloir entrer dans les détails.

Les membres de l’organisme ont également essayé de convaincre les femmes elles-mêmes de leurs capacités et de l’importance de faire entendre leurs voix.

« Il y a un blocage conscient et inconscient », estime Mme Ladouceur, impliquée de longue date dans le milieu communautaire, récipiendaire de l’Ordre de la francophonie de Prescott et Russell en 2019 et actuelle présidente de la Fondation de l’Hôpital général de Hawkesbury. « Certaines femmes se demandent si elles ont ce qu’il faut. Elles manquent de confiance et n’osent pas. Ça leur prend des modèles. Il y a beaucoup de femmes qui sont impliquées, mais on ne les valorise pas assez ! »

À la Table ronde sur le féminisme avec les élèves de l’École secondaire catholique L’Escale. Source : Facebook

Encourager les vocations doit aussi se faire auprès des jeunes, insiste Mme Lanthier, soulignant la participation de plusieurs membres de l’organisme à une Table ronde sur le féminisme des étudiantes de l’école secondaire l’Escale à Rockland.

La parité en 2022 ?

Élue à la mairie de Hawkesbury en 2018, Mme Assaly pourrait être un de ces modèles, mais aussi une mentore.

« J’avais le désir ardent de faire avancer les choses, d’apporter des changements et de développer de nouveaux projets. »

Mme Lanthier explique que l’organisme vise la parité ou la zone paritaire – entre 40 et 60 % – des candidatures en 2022.

« C’est ambitieux ! », reconnaît-elle.

Plus de ressources

Malgré la motivation de ses quelques membres bénévoles et les nombreuses activités organisées depuis deux ans, comme un brunch avec un panel de femmes leaders de la région sur le thème « Comment les femmes changent le monde ? », une rencontre d’accueil lors de la visite de la ministre Catherine McKenna, la réalisation d’une série de trois webinaires sur le leadership féminin ou encore, l’obtention d’un financement de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) pour le projet « Vers la parité en politique municipale dans Prescott-Russell », il reste encore beaucoup à faire, poursuit la présidente.

Pour aller plus loin, il faudra notamment plus de ressources. L’organisme fonctionne actuellement sans aucun financement fixe. En novembre dernier, il a entamé une démarche pour devenir un organisme sans but lucratif (OSBL).

À l’occasion de la journée internationale des femmes, ce dimanche, LFPR a lancé une campagne qui a permis de lever quelques fonds, baptisée « Porte ton leadership ». Sur les chandails vendus au public, une mosaïque de mots positifs et encourageants.

Danielle Dorschner, membre de Leadership féminin Prescott et Russell, avec son chandail « Porte ton leadership ». Source : Facebook

« On voulait passer un message positif et augmenter notre visibilité. On a donc demandé aux personnes qui en ont acheté de nous envoyer une photo avec leur chandail et un message expliquant comment elles exercent leur leadership. Nous allons poster ces photos sur note page Facebook. »

Le 27 avril, à Ste-Isidore, l’organisme s’associera également à la conférence « Les consœurs en affaires ».

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