Passer au contenu Passer au pied de page

Vers un nouveau navire amiral de l’économie franco-ontarienne ?

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Dix organisations franco-ontariennes joignent leurs forces pour créer la Fédération des gens d’affaires (FGA) francophones de l’Ontario. Mise en route au 1er janvier 2021, son objectif sera de créer un réseau d’entrepreneurs, défendre leurs intérêts auprès des gouvernements et développer les marchés francophones, en s’appuyant sur des partenariats stratégiques.

Le Club canadien de Toronto a été choisi par le gouvernement ontarien pour développer ce projet. Richard Kempler, son directeur général, assurera jusqu’au 31 mars la direction provisoire de cette fédération qui hérite d’un financement provincial de 250 000 $.

Autour de lui et son organisme, graviteront des membres fondateurs : la Société économique de l’Ontario (SÉO), le Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA), les chambres de commerce de Timmins, Sudbury, Prescott-Russell, Clarence-Rockland, Hawkesbury, Entreprise Niagara et le Regroupement Affaires femmes (RAF).

D’autres membres, qu’ils soient des organismes, des entreprises ou des individus viendront renforcer la fédération, incluant le monde universitaire, notamment au cours d’une campagne d’adhésion à venir.

« Un geste fondateur et structurel »

Le président du Club canadien, Dominic Mailloux, a évoqué en conférence de presse, ce jeudi, « un geste fondateur, un geste structurel pour la communauté et envers la francophonie économique ontarienne ».

« Pour la première fois depuis ces vingt dernières années, on va avoir une synergie entre toutes les composantes de la francophonie économique. Du réseautage jaillissent des opportunités d’emploi et d’affaires qu’il est important de considérer. »

Bernadette Sarazin, la présidente du RGA de la capitale nationale, croit que la FGA va permettre d’« engager une conversation provinciale et de développer des actions concrètes qui mettront à profit la valeur économique de la francophonie ontarienne, jusqu’ici sous-exploitée ».

Décloisonner le pré carré de chaque organisme est le mot d’ordre : « L’union francophone est la force qui fera prospérer la fédération », est convaincue Julie Brisson, la présidente de la chambre de commerce de Prescott-Russell.

Denis Laframboise, président de la SÉO balaye d’un revers de manche l’idée qu’il s’agisse d’une nouvelle strate dans le millefeuille franco-ontarien des organisations économiques. Selon lui, il n’y aucun doublon avec l’offre actuelle.

« Oui, on offre déjà des services mais seulement dans notre réseau à nous. En s’associant ensemble, on va pouvoir offrir à d’autres organismes », assure-t-il.

LES PRINCIPAUX PROJETS DE LA FGA :

– Une base de données centrale d’entreprises et d’entrepreneurs francophones et bilingues, par région et secteur
– Un service de mentorat et de formation servant de tremplin aux gens d’affaires
– Des actions pour promouvoir l’achat local et l’entrepreneuriat féminin
– Des événements de réseautage et de démarchage politique
– Faciliter les échanges commerciaux au niveau provincial, canadien et international

L’annonce du Club canadien diffère quelque peu avec le communiqué diffusé un peu plus tôt par le ministère des Affaires francophones, évoquant plutôt une « plateforme en ligne innovante qui aidera les entrepreneurs à partager leur expertise ».

Pour Dominic Mailloux, il s’agit bien d’aller plus loin en constituant une « force de frappe » francophone, une organisation porte-parole dotée d’un conseil d’administration et capable d’établir un profil de l’économie francophone de l’Ontario, à partir de la collecte de données clés.

Un modèle inspiré du Québec

Si les intervenants ne parlent pas de chambre de commerce, l’idée est bien de se rapprocher du modèle québécois de fédération des chambres de commerce, en mettant en avant la force d’un réseau. La Chambre de commerce de l’Ontario, qui n’offre pas de services en français, pourrait devenir un partenaire.

Cette initiative répond aux principaux enjeux identifiés par le Comité consultatif ministériel de la relance économique francophone post COVID-19. Une autre enveloppe provinciale de 250 000 $ a été débloquée, suivant les recommandations de ce comité, pour soutenir une campagne de promotion des produits et services franco-ontariens.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !
+1