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Vers une plus grande uniformité des drapeaux franco-ontariens

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RICHMOND HILL – Le plus grand des symboles de l’Ontario français pourrait revoir ses couleurs. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) souhaite développer un guide de normes graphiques pour le drapeau franco-ontarien.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Objectif: l’uniformité totale des couleurs, symboles, et ratios de l’emblème. Même si les différences sont parfois subtiles, il n’y a pas un code graphique unique qui régit le drapeau franco-ontarien.

Une résolution a été adoptée dans ce sens par les membres de l’AFO lors de l’assemblée générale de l’organisme, dimanche matin, à Richmond Hill dans la banlieue de Toronto.

«C’est tout du vert et blanc, mais on utilise pas tous la même teinte de vert, dès fois les fleurs de lys et trilles ne se ressemblent pas toutes, donc je me dis que l’AFO, mandatée par le communauté, est la mieux placée pour nous faire une version officielle, puis qu’on s’uniformise autour de la province, savoir quelle version officielle on utilise», a fait valoir la directrice générale de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO Ottawa), Ajà Besler, à l’origine de la proposition.

 

Responsabilité autorisée pour l’AFO

Hissé pour la première fois en 1975 à l’Université Laurentienne, le drapeau franco-ontarien a connu une étape décisive en 2001, lorsque le gouvernement provincial a choisi d’en faire l’emblème officiel des francophones de l’Ontario.

Michel Dupuis qui hisse le drapeau franco-ontarien devant l’Université de Sudbury le 25 septembre 1975. Gracieuseté Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française.

L’annexe de la loi se montre même précise sur le format du drapeau. «L’emblème de la communauté francophone de l’Ontario se compose de deux bandes verticales de couleurs différentes. La première bande est de couleur vert moyen et comporte un lys blanc placé au milieu de la bande. La deuxième bande est de couleur blanche et comporte un trillium vert moyen placé au milieu de la bande.»

L’avocat constitutionnaliste, Gilles Levasseur, a pris le micro pour assurer le droit de l’AFO d’établir son propre guide malgré la loi de 2001. «Il faut se rappeler que le drapeau franco-ontarien fait partie d’une loi avec la couleur établie (..) Il n’y a rien qui empêche l’AFO de le faire car elle a ce mandat-là de communauté.»

En entrevue pour #ONfr, M. Levasseur précise son point. «La version originale du drapeau est l’œuvre de Gaétan Gervais, mais la subtilité, c’est que la loi fait que le symbole est public. Il n’y a pas une marque de commerce déposée et chacun est donc libre de faire le drapeau comme bon lui semble, donc l’AFO est en en droit de définir techniquement les détails.»

 

«J’avais bien honte!»

Pour convaincre l’assistance avant le vote, Gérard Malo, élu sur le conseil d’administration de l’AFO, a partagé une anecdote qui lui est arrivé à titre de président de Association canadienne-française de l’Ontario Windsor-Essex-Chatham-Kent (ACFO WECK), il y a deux ans.

«J’avais entrepris d’offrir des drapeaux franco-ontariens à certains membres de la communauté. Évidemment, j’aurais pu l’acheter à l’ACFO Sudbury qui vendait la version officielle, mais j’ai trouvé un marchand de drapeaux à Windsor qui le vendait la moitié du prix. Après l’avoir remis au président d’une association, je me suis rendu compte que le vert était beaucoup plus foncé, que le vert et le blanc n’étaient pas à la bonne place, et pire encore, que le trille était à l’envers. J’avais bien honte!»

Gerard Malo, membre du conseil d’administration de l’AFO. Archives #ONfr

Le président réélu de l’AFO, Carol Jolin, a précisé à #ONfr que le travail est déjà en marche sur le sujet. «Une personne très connaissante dans le domaine héraldique nous a offert d’écrire quelque chose pour servir de guide (…) L’AFO n’aura toutefois pas le pouvoir d’aller taper sur les doigts des gens pour savoir si c’est respecté ou non.»

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.