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Village d’antan franco-ontarien : pas à St-Albert et pas en 2020

ST-ALBERT – Une nouvelle stratégie se dessine pour le Village d’antan franco-ontarien (VAFO). Les organisateurs revoient maintenant les plans considérablement à la baisse devant l’accumulation de pépins. Derniers en date : l’abandon du site sur le terrain de la Fromagerie St-Albert dans l’Est ontarien.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

« On est à la recherche d’un site. La Fromagerie St-Albert ne voulait pas nous signer un bail pour un terrain. Sans un terrain, c’était problématique pour attirer les investisseurs. On a approché différents propriétaires », explique Robert Laplante, le président du conseil d’administration du VAFO.

« On attend de voir la grandeur dont on a besoin, mais le nouveau projet serait beaucoup plus appuyé sur l’audiovisuel et l’électronique… On aimerait moins de bâtiments et moins de personnes sur le futur site. C’est peut-être plus en adéquation avec ce que les jeunes cherchent. »

Cette réplique d’un village typique de l’Ontario français pendant les années 1850 à 1900 devait comprendre à la base une quinzaine de maisons, un pavillon d’accueil, avec la possibilité d’un « village indien ».

Le site du Upper Canada Village. Source : Wikipedia

Le nouveau concept serait cette fois « différent » de l’Upper Canada Village, comme initialement recherché. Le site situé à Morrisburg, non loin de Cornwall, offre une présentation de la vie quotidienne dans les années 1860 au Haut-Canada, avec à la clé de nombreuses bâtisses et acteurs.

S’il n’est pas à St-Albert, se maintiendra t-il tout de même dans l’Est ontarien ? Oui, semble répondre M. Laplante. « Le VAFO sera d’abord dans l’Est, puis dans des phases futures, on espère qu’il atteindra le Nord de l’Ontario. »

 

Une nouvelle étude de faisabilité comme objectif

Reste que les Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), en partenariat avec le VAFO, tentent actuellement d’obtenir une subvention provinciale d’une valeur de 75 000 $ destinée à l’embauche d’une compagnie « experte dans le domaine visuel » pour une étude de faisabilité.

« On ne peut pas dire que c’est un retour à la case départ », croit Carole Lavigne, directrice du développement économique et touristique des CUPR. « L’étude de faisabilité va s’ajouter au projet initial. Nous nous sommes fixés mars 2019 pour obtenir cette demande de financement. »

Conséquence : ce changement d’orientation condamne la date d’ouverture de 2020 visée par les organisateurs du projet. « On a mis souvent des dates de l’avant, et ça n’a jamais fonctionné », regrette M. Laplante.

 

Six ans d’échecs dans les demandes de subventions

Le temps où le VAFO lançait sa campagne de financement en grande pompe à Rockland paraît désormais bien loin. Le 5 novembre 2012, devant une centaine de personnes, les ambassadeurs du projet, Jacques Martin et Dyane Adam, avaient poussé un premier cri de ralliement.

Prévu dans un premier temps en 2015, le projet avait d’abord été repoussé en 2017, et par la suite en 2020. Puis les retards dans l’objectif financier avaient forcé les organisateurs à revoir le plan à la baisse. Le montant de 8 millions de dollars fixé pour l’ensemble des constructions se trouvait ainsi ramené à 3,4 millions dollars.

Pour ne rien arranger, les organisateurs n’avaient rien reçu des 5,9 millions dollars offerts par l’Office des affaires francophones (OAF), au moment au 400e anniversaire de présence française en Ontario.

Si les organisateurs préfèrent attendre les résultats de l’étude de faisabilité pour déterminer un nouveau montant au projet, il y a fort à parier que cette somme ne dépassera pas les premières envisagées.

Le manque de réussite financière du projet au fil des années n’est pas sans désoler M. Laplante. « C’est vrai qu’il y a une certaine déception, car nous voulons faire connaître l’histoire des Franco-Ontariens. Plus on avance dans le temps, plus cette histoire est méconnue ! »

 


POUR EN SAVOIR PLUS :

Le Village d’antan franco-ontarien pas avant 2020

Le projet du Village d’antan bien mal en point

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