Volleyball : Danny Demyanenko, 32 ans et encore loin d’en avoir fini
À 32 ans, Danny Demyanenko vient de boucler l’une des saisons les plus convaincantes de sa carrière, pour sa première année dans le très relevé championnat polonais. De retour cet été avec l’équipe canadienne après une année de pause, le Franco-Ontarien a vécu une Ligue des Nations difficile avant de tourner son regard vers Moncton, où le Canada aura en septembre une première occasion de décrocher son billet pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Danny Demyanenko ne semble pas pressé de voir arriver la fin. À 32 ans, après deux Jeux olympiques et près d’une décennie passée dans les championnats européens, le Torontois estime même avoir encore de la place pour progresser.
« Il y a toujours une marge pour la progression. Personnellement, je veux continuer de jouer le plus longtemps possible, donc il faut toujours progresser », confie le central canadien à ONFR.
Sa première saison avec l’Asseco Resovia Rzeszów lui a offert un sérieux terrain d’essai. Arrivé l’été dernier après une saison en Italie et sept années en France, il découvrait la PlusLiga, l’un des championnats les plus relevés de la planète.
« La Pologne, c’est peut-être le championnat le plus élevé du monde, je trouve. Je pense que la Pologne est plus homogène que l’Italie dont le top 4 est très fort mais pas toute la ligue. »
Une première saison polonaise réussie
Collectivement, Resovia a terminé quatrième du championnat polonais, après s’être incliné dans la série pour la médaille de bronze contre Projekt Warszawa. Le club s’est également hissé jusqu’en finale de la Coupe de Pologne et en quarts de finale de la Ligue des champions, où son parcours a été stoppé par le club turc de Ziraat Bankkart Ankara.
« Il y avait beaucoup de succès de l’équipe. Bien sûr, Resovia, c’est une équipe de haut niveau avec des objectifs assez élevés. Donc, on n’a pas réussi tous nos objectifs mais, personnellement, c’était une saison très intéressante. »
Le bilan individuel est encore plus satisfaisant pour l’Ontarien, qui assure avoir été retenu parmi les meilleurs centraux de la saison. Surtout, cette année en Pologne lui a permis de confirmer sur la durée ce qu’il avait déjà montré lors de sa précédente saison en Italie.
« Ça m’a permis, après une bonne saison en Italie, de maintenir ce niveau-là et de prouver que ce n’est pas seulement quelques bons matchs, mais que je suis un joueur expérimenté et un bon joueur. »
Une reconnaissance qui ne change pas fondamentalement ses priorités : « Je veux juste me faire plaisir et que ma fille soit fière de moi. »
Un retour avec le Canada écourté
Cette saison réussie ouvrait aussi la voie à son retour avec l’équipe canadienne. Demyanenko avait volontairement fait l’impasse sur la sélection en 2025, avant de retrouver cet été un environnement qu’il connaissait par cœur. Plusieurs de ses coéquipiers sont des amis de longue date et le nouvel entraîneur-chef, Dan Lewis, est loin d’être un inconnu. Demyanenko a travaillé avec lui, à différents titres, depuis une dizaine d’années.
« C’était assez naturel de réintégrer. C’est juste une question de niveau. Si tu as le niveau pour jouer, tu vas jouer. »
Son retour ne dure cependant que la première semaine de Ligue des Nations. Une pause était initialement prévue dans son programme, avant qu’une blessure ne vienne prolonger son absence. « J’ai joué contre les États-Unis, le match avant-dernier. J’ai pris un choc et je me suis cassé le doigt. »
Demyanenko a depuis récupéré et se trouve déjà avec le groupe canadien pour préparer la prochaine échéance.
« Être capable de finir »
Elle arrive après une Ligue des Nations (VNL) à oublier pour le Canada sur le plan comptable. Les Canadiens n’ont remporté qu’une seule de leurs 12 rencontres.
Demyanenko nuance toutefois ce bilan. Lors de la première semaine, à Ottawa, le Canada avait battu la France et poussé trois autres adversaires dans des rencontres serrées. Face aux États-Unis, les Canadiens avaient même pris les deux premières manches avant de s’incliner.
« C’est difficile, c’est le haut niveau. Il faut juste être capable de finir, d’avoir la capacité de tuer les adversaires. Quand on a des chances, on a mené les États-Unis 2-0 et on leur a permis de rentrer. »
Un scénario qui, selon lui, a fini par symboliser la compétition canadienne. « C’était un peu l’histoire pendant la VNL. Il manquait juste un petit truc. »
Le temps des regrets est néanmoins déjà passé. Car la prochaine compétition peut peser beaucoup plus lourd dans l’avenir de cette équipe.
À Moncton, un billet olympique à prendre
Du 11 au 19 septembre, Moncton accueillera le Championnat continental masculin de la NORCECA. Trois billets pour le Championnat du monde 2027 y seront distribués, mais surtout une place directe pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Les États-Unis étant déjà qualifiés en tant que pays hôte, le Canada aura donc l’occasion rarissime de décrocher sa qualification olympique à domicile.
Pour Demyanenko, pas question de sous-estimer l’enjeu.
« C’est une qualification olympique, il faut se mettre ça en tête. La dernière fois, c’était un enfer. Le format est différent cette fois-ci, mais il faut l’aborder de la même manière et être prêt pour les situations les plus difficiles. »
Cuba, qui a battu le Canada durant la Ligue des Nations, figure notamment parmi les adversaires potentiels. Mais Demyanenko observe déjà un changement dans le groupe canadien à l’entraînement.
« Le mood de l’entraînement a changé un tout petit peu. Il y a un peu plus de combat et c’est compétitif. C’est un bon indice pour la suite. »
Los Angeles, mais pas forcément la fin
Une qualification offrirait au Franco-Ontarien la possibilité de participer à ses troisièmes Jeux olympiques après Tokyo et Paris. Il aura alors 34 ans. De quoi imaginer Los Angeles comme le dernier grand rendez-vous d’une carrière internationale déjà bien remplie?
Pas pour lui. « Je ne fermerai jamais des portes. Moi, je veux jouer jusqu’à 40 ans, si possible. Donc, si je suis capable, j’irai. »
Los Angeles reste bien « un objectif », reconnaît-il. Mais même après 2028, le central n’exclut rien. « Si on se qualifie pour les JO, voir ce que ça donne après. Peut-être une petite micro-pause après. Peut-être repartir pour un autre cycle. »
Avant de penser aussi loin, il y a Moncton. Puis une deuxième saison en Pologne, où Resovia, privé de Ligue des champions cette fois, entend concentrer ses forces sur la conquête du championnat. Pour Demyanenko, la logique reste finalement la même à 32 ans qu’au début de sa carrière : continuer à jouer, progresser et gagner.