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Windsor Bailly Hector ou l’art et le social au service de l’intégration

Temps de lecture : 4 minutes

Arrivé au Canada il y a à peine 15 mois, Windsor Bailly Hector est ce qu’on pourrait appeler un modèle d’intégration. Et pour cause, la voie, ou plutôt les voies que ce jeune Haïtien de 28 ans a choisies sont singulièrement efficaces. Il s’agit de l’art et du social. Portrait.

Windsor Bailly Hector est de cette trempe de personnes qui savent d’où ils viennent et surtout où ils vont.

Installé depuis le 17 août 2021 à Ottawa où il a rejoint sa conjointe déjà sur place, il a suivi un cursus universitaire en Études et recherches en sciences sociales à l’Université d’État d’Haïti. Parallèlement, il enseignait au lycée et était un acteur associatif engagé dans son pays natal.

C’est sur cette expérience dans le milieu social que le nouvel arrivant a capitalisé pour une intégration tout en douceur, mais rapide, dans une société à mille lieues de la sienne.

Windsor Bailly Hector a choisi l’art et le social pour principales portes d’entrée au Canada. Gracieuseté

« En arrivant ici, je me suis dit que cette société est très différente de la mienne. La première chose était donc pour moi de comprendre et connaître ses composantes dans le but de mieux m’intégrer, c’était mon objectif principal. C’est pour cela que j’ai choisi le secteur du social, c’est un très bon moyen pour comprendre une société. En plus, le social est un domaine que je connais pour y avoir travaillé chez moi », se rappelle-t-il.

Face à l’incertitude

Toutefois, si Windsor Bailly Hector semble avoir son futur tracé à l’encre transparente de l’esprit, le doute s’y est tout de même immiscé dès les premiers jours où il a foulé le sol canadien. Plus qu’un doute, ce fut une peur de l’inconnu qui s’était emparée de lui.      

« Vivre dans un pays autre que le sien est un long processus et une grande préparation qui commence avant l’installation physique dans ce pays. C’est un processus d’acceptation de la situation durant lequel on se pose beaucoup de questions… Qu’est-ce que je vais devenir ? Est-ce que je vais m’adapter à cette nouvelle vie loin des miens ? C’est en quelque sorte un saut dans l’inconnu », confesse-t-il.   

Néanmoins, le moins qu’on puisse écrire est que M. Bailly Hector a réussi son intégration dans cette nouvelle vie. C’est qu’il ne s’agit guère là d’un garçon qui supporte l’expectative les bras croisés. Et pour preuve, atterri en plein été à Ottawa, il ne pouvait patienter jusqu’à janvier pour intégrer le collège La Cité, et ce afin de suivre un diplôme en techniques de travail social.  

« Pendant ces mois d’attente, j’ai consulté beaucoup de documents et de sites Internet relatifs aux services offerts en français en Ontario en général et à Ottawa en particulier. C’est comme cela que j’ai pu suivre en ligne plus d’une dizaine de formations certifiantes », assure-t-il.

Windsor Bailly Hector a copublié un recueil de poésie dont plusieurs exemplaires sont à la bibliothèque de la Maison de la francophonie. Gracieuseté

« C’est plus facile d’être artiste au Canada »

L’autre « arme » d’intégration massive que l’étudiant a déployée pour arriver à ses fins est l’art, ou plutôt les arts !

« Je fais de la peinture, de la poésie et du slam. Pour ces deux dernières disciplines artistiques, on peut dire que je me suis bien intégré. J’ai participé à la sixième édition du Festival de slam et de poésie en Acadie. J’ai aussi copublié un recueil de poésie dont plusieurs exemplaires sont aujourd’hui à la bibliothèque de la Maison de la francophonie », conte-t-il, la voix plus vibrante par une octave de fierté.   

Il faut dire que l’artiste a trouvé le terrain fertile sur cette nouvelle terre : « L’un des problèmes par exemple qu’on retrouve à Haïti et pas ici au Canada, c’est la question de droit d’auteur et de la valorisation de l’artiste et son travail. Ici, on prend ces choses-là à cœur. La création artistique ici est une chose qu’on valorise. J’ai vu cela de mes propres yeux durant le Festival du slam et de la poésie. Donc oui ! C’est plus facile d’être artiste au Canada que dans mon pays natal. »   

Enfin, pour Windsor Bailly Hector, en slam ou en mots ordinaires : « Les gens vont vous dire que c’est difficile de s’intégrer. Oui ! C’est difficile puisque c’est une nouvelle société qu’on adopte et où il faut qu’on s’adapte. Il faut rester en mouvement, à l’affût de l’information, parce que les structures sont là, il suffit de les trouver, c’est ce que j’ai fait et ça a marché. Et, si cela était à refaire, je le ferais mille et une fois. »

Chaque jour de la Semaine nationale de l’immigration francophone, ONFR+ vous fait découvrir un portrait d’immigrant francophone en Ontario, son parcours, ses défis, ses succès.

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