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Windsor-Essex passe à l’étape 3 dans un contexte sanitaire fragile

Temps de lecture : 4 minutes

WINDSOR – Dernière région à rejoindre l’étape 3 du redémarrage ontarien, Windsor-Essex verra ses bars, gymnases et cinémas rouvrir dès mercredi. La situation épidémique demeure cependant fragile, particulièrement dans les fermes agricoles. Après une semaine d’accalmie, avec un seul nouveau cas vendredi dernier, la Santé publique locale a enregistré 22 nouvelles contaminations ces trois derniers jours.

Onze nouveaux cas de COVID-19 ont été signalés, ce lundi, dans la région de Windsor-Essex, portant le nombre de personnes infectées à 2 379 depuis le début de la pandémie.

« Le passage à l’étape 3 ne veut pas dire que le virus est parti. On continue d’avoir des cas actifs dans notre communauté », a prévenu, ce lundi, le Dr Wajid Ahmed, médecin hygiéniste du Bureau de la santé publique de Windsor-Comté d’Essex.

En conférence de presse, il a mis en garde les résidents contre les comportements à risque, notamment dans les bars qui seront autorisés à rouvrir leurs espaces intérieurs.

« Les données nationales montrent qu’il y a un risque accru dans ces endroits. Les gens devront suivre les consignes de distanciation pour contribuer à un environnement sécuritaire. »

Dr Wajid Ahmed, médecin hygiéniste du Bureau de la santé publique de Windsor-Comté d’Essex. Capture écran YouTube

La province dit avoir pris sa décision au regard des tendances positives des principaux indicateurs locaux de santé publique : baisse du taux de transmission, capacité stable dans les hôpitaux et hausse du dépistage.

Au total, 71 personnes ont succombé des suites de complications liées au virus, depuis le début de la pandémie, dont 49 dans des foyers de soins de longue durée et deux parmi des travailleurs migrants.

Une éclosion n’est toujours pas maîtrisée dans le foyer de soins de longue durée Augustine Villas, à Kingsville. Par ailleurs, 13 lieux de travail font toujours face à une éclosion, dont six dans des exploitations agricoles de Kingsville et Leamington, six dans des usines à Windsor et Tecumseh, ainsi qu’une autre sur un chantier de construction, à Leamington.

Les résidents restent sur leurs gardes

Si les exploitations agricoles et leurs travailleurs mexicains sont largement montrés du doigt, de nombreux résidents estiment que ce n’est pas seulement un problème du Sud et que la situation pourrait vite dégénérer en cas de déconfinement trop rapide, y compris dans les secteurs de Windsor et Lakeshore.

« Tant qu’il y a une transmission communautaire, c’est la bonne décision de ne pas rouvrir trop vite », juge Paul Chauvin.

Paul Chauvin, résident de Lakeshore, près de Pointe-aux-Roches. Gracieuseté

Ce natif de Pointe-aux-Roches et habitué de Windsor, réside aujourd’hui à Lakeshore, sur les rives du lac St. Clair. Il craint que le passage à l’étape suivante ne provoque un relâchement général et ne fasse repartir les cas à la hausse. D’autant que plus de la moitié des contaminations touche les 20-39 ans, une tranche d’âge plus susceptible de participer à des rassemblements.

S’il observe autour de lui que la majorité des gens respectent les consignes sanitaires, il constate fréquemment que certains portent mal le masque ou négligent la distanciation.

« On voit toujours des gens qui portent le masque sous le nez ou ne font pas assez attention aux autres. Et plus on s’éloigne de Windsor, moins les gens sont attentifs. Ça m’inquiète », avoue-t-il, « surtout pour les régions frontalières comme Chatham-Kent ».

Deux pétitions appellent à plus de prudence

Signée par 2 700 Ontariens, une pétition réclame d’ailleurs le port du masque obligatoire dans les lieux publics à Chatham-Kent. Dans cette région située à l’Est de Windsor-Essex, les résidents craignent que leurs voisins ne viennent propager le virus, sans ce geste barrière.

« Partout en Ontario, la grande majorité des collectivités ont rendu le port du masque obligatoire et nous estimons que Chatham-Kent ne ferait rien d’autre que bénéficier de telles mesures dans notre collectivité également », notent les auteurs du document.

Une autre pétition, qui a recueilli plus de 3 700 signatures, réclame toujours la fermeture du centre commercial Devonshire, un des plus grands de Windsor, où deux employés de boutiques différentes avaient été testés positifs, fin juillet.

Les chiffres clés autour de Windsor

Dans les comtés voisins, le passage à l’étape 3 de Windsor-Essex laisse donc perplexe. Chatham-Kent, qui compte 93 cas actifs et n’affronte qu’une éclosion en ce moment, n’a eu à déplorer que deux décès depuis le début de la pandémie. Lambton déplore 13 cas actifs et 25 morts, mais ne connaît plus d’éclosion. Des chiffres rassurants mais incomparables avec un autre voisin : l’État du Michigan qui enregistre plus de 500 cas par jour et les États-Unis qui ont franchi la barre des cinq millions de cas.

Le premier ministre Doug Ford lors de l’annonce du passage à l’étape 3 de Windsor-Essex. Capture écran ONFR+

De quoi refroidir les ardeurs des entreprises à voir la frontière rouvrir, malgré les pertes économiques.

« Tout le monde veut sortir de cette situation, mais les entreprises, ici, poussent d’abord pour que tous les protocoles soient respectés, car personne n’a intérêt à rouvrir trop vite et voir la situation se dégrader », estime M. Chauvin.

Le plus récent accord entre Ottawa et Washington prévoit que les restrictions aux frontières perdurent jusqu’au 21 août.

▶️ 115 nouveaux cas positifs en Ontario (11 pour Windsor-Essex)
▶️ 40 161 cas au total (2 379 pour Windsor-Essex
)
▶️ 2 786 décès (71 pour Windsor-Essex)
▶️ 49 hospitalisés, dont 25 en soins intensifs
▶️ 22 275 tests réalisés, dont 10 865 en cours d’investigation

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