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De gauche à droite et de haut en bas: Leïla Lacan, Carla Leite, Laeticia Amihere, Iliana Rupert, Marine Johannès, Julie Allemand, Gabby Williams et Mamignan “Migna” Touré, autant de profils francophones susceptibles d’alimenter les réflexions du Tempo de Toronto à l’approche du repêchage d’expansion de la WNBA. Photo : montage Canva
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Repêchage d’expansion de la WNBA : les francophones qui pourraient tomber dans l’escarcelle du Tempo

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De gauche à droite et de haut en bas: Leïla Lacan, Carla Leite, Laeticia Amihere, Iliana Rupert, Marine Johannès, Julie Allemand, Gabby Williams et Mamignan “Migna” Touré, autant de profils francophones susceptibles d’alimenter les réflexions du Tempo de Toronto à l’approche du repêchage d’expansion de la WNBA. Photo : montage Canva

TORONTO – Le Tempo de Toronto vivra un moment fondateur de sa jeune histoire avec le repêchage d’expansion de la WNBA, ce vendredi 3 avril (15 h 30). Cet événement marque un véritable tournant pour la nouvelle franchise torontoise, qui commencera enfin à dévoiler les premières joueuses appelées à porter ses couleurs. Si le fonctionnement de ce repêchage reste très encadré, l’intérêt est immense côté torontois : quelles francophones pourraient se retrouver disponibles et faire partie des premiers visages du Tempo?

Le principe du repêchage d’expansion est relativement simple, même si ses règles sont nombreuses. Les 13 équipes déjà en place dans la ligue ont soumis à la WNBA une liste des joueuses dont elles détiennent les droits. Chaque équipe pouvait protéger jusqu’à cinq joueuses. Toutes les autres deviennent admissibles au repêchage d’expansion, à l’exception de certains cas particuliers encadrés par la ligue. Portland repêchera en premier, puis Toronto en deuxième, avant que l’ordre ne s’inverse au deuxième tour dans un format serpentin.

Le repêchage se déroule sur deux rondes, et chaque nouvelle franchise peut sélectionner jusqu’à six joueuses par ronde, donc jusqu’à 12 au total. Une équipe existante ne peut toutefois perdre plus d’une joueuse par ronde, soit un maximum de deux sur l’ensemble de l’exercice. La WNBA précise aussi que Toronto et Portland ne peuvent sélectionner chacune qu’une seule joueuse admissible à l’autonomie complète (libre au terme de la saison 2025), avec transfert des droits de négociation qui s’y rattachent.

Les premières bases de l’effectif du Tempo

Autrement dit, le Tempo ne bâtira pas seulement son noyau en repêchant les meilleures joueuses laissées disponibles. Il devra aussi jongler avec la stratégie contractuelle, l’âge des joueuses, leur disponibilité réelle pour la saison 2026 et la valeur de leurs droits. C’est ce qui rend l’exercice particulièrement intéressant pour la présidente Teresa Resch, la directrice générale Monica Wright Rogers et leur équipe.

Cette stratégie passe déjà par des choix de gestion en coulisses : mercredi, Toronto a obtenu du Sky de Chicago le 26e choix du repêchage universitaire 2026 en échange d’un engagement à ne sélectionner aucune joueuse de Chicago lors du repêchage d’expansion.

L’étape suivante sera justement le repêchage universitaire de la WNBA, prévu le 13 avril, puis, éventuellement, le recrutement de joueuses autonomes pour compléter l’effectif avant le début de la saison inaugurale, le 8 mai à Toronto contre les Mystics de Washington.

Derrière le flou entourant les listes protégées, plusieurs profils francophones retiennent déjà l’attention, avec des degrés de faisabilité très différents pour le Tempo.

Marine Johannès, le talent offensif qui fait rêver

Le premier nom qui vient naturellement à l’esprit est celui de Marine Johannès. L’arrière française du New York Liberty reste une joueuse extrêmement attrayante pour n’importe quelle équipe d’expansion, tant son talent offensif et sa créativité peuvent changer le rythme d’un match.

En 2025, elle a tourné à 6,4 points, 1,9 rebond et 1,6 passe par rencontre. En carrière WNBA, elle affiche 7,4 points et 2,1 passes de moyenne. Son tir extérieur, sa lecture du jeu et sa capacité à créer quelque chose à partir de rien en feraient une cible de choix pour Toronto.

Marine Johannès arrive en fin de contrat, mais le Liberty conserve encore ses droits sous le statut « reserved ». Si New York choisissait de ne pas la protéger, le Tempo pourrait donc la repêcher et récupérer ces mêmes droits de négociation.

Gabby Williams, un rêve plus qu’une réalité

Plus ambitieux encore, le profil de Gabby Williams fait rêver. Internationale française, l’ailière du Seattle Storm vient de connaître la meilleure saison WNBA de sa carrière avec 11,6 points, 4,3 rebonds et 4,2 passes par match. Ses moyennes en carrière s’élèvent à 8,3 points, 4,0 rebonds et 2,9 passes.

Capable de défendre sur plusieurs postes et d’apporter dans tous les compartiments du jeu, elle serait le genre de joueuse autour de laquelle une nouvelle franchise peut immédiatement bâtir une identité.

Mais là encore, son accessibilité réelle paraît incertaine, d’autant qu’elle a officiellement re-signé avec Seattle lors de l’intersaison 2025. On imagine mal la franchise de l’état de Washington lui offrir un nouveau contrat et ne pas la mettre dans ses cinq joueuses protégées.

Julie Allemand, l’option stabilité à la mène

Julie Allemand représente une autre possibilité intéressante, cette fois du côté de Los Angeles. La meneuse belge francophone a signé une saison 2025 très solide avec les Sparks, avec 5,4 points, 3,7 rebonds et 5,0 passes par match. En carrière, elle présente des moyennes de 5,5 points, 3,3 rebonds et 4,7 passes.

Son profil de gestionnaire, son expérience et sa stabilité en feraient une joueuse idéale pour encadrer une jeune équipe d’expansion. Rien ne permet toutefois d’affirmer publiquement qu’elle sera laissée non protégée, elle pourrait faire partie des cinq joueuses que les Sparks protègeraient.

Leïla Lacan, le pari jeunesse très séduisant

Le dossier le plus intrigant est peut-être celui de Leïla Lacan. La jeune Française du Sun du Connecticut a frappé fort pour sa saison recrue avec 10,4 points, 2,4 rebonds et 3,7 passes de moyenne en 2025.

À 21 ans, elle incarne exactement le type de joueuse que l’on imagine protégée par sa franchise. Mais si Connecticut devait faire des choix plus complexes autour de son effectif, Toronto aurait devant elle un pari d’avenir très séduisant.

Mamignan Touré, un profil de profondeur à développer

Dans un registre plus discret, Mamignan Touré pourrait aussi entrer dans l’équation. L’arrière française a disputé 18 matchs lors de sa saison recrue et a affiché 2,0 points, 0,4 rebond et 0,5 passe de moyenne.

Son impact statistique est limité, mais son profil de joueuse de profondeur, mobile et encore perfectible, peut avoir du sens pour une équipe d’expansion qui cherchera aussi à remplir le bas de son effectif avec des profils à développer.

Les Françaises de Golden State

Deux autres Françaises attirent forcément l’attention, même si leur situation paraît beaucoup plus fermée : Iliana Rupert et Carla Leite, toutes deux passées par l’expansion draft 2025 pour rejoindre Golden State.

Rupert a signé 9,3 points, 3,9 rebonds et 1,6 passe par match en 2025, pour 5,1 points et 2,7 rebonds de moyenne en carrière. Leite, de son côté, a produit 7,2 points et 2,0 passes lors de sa saison recrue. Ces deux profils seraient naturellement intéressants pour Toronto.

Et le marché des joueuses libres francophones?

Il faut distinguer deux choses : les joueuses exposées au repêchage d’expansion et les joueuses réellement autonomes sur le marché. Dans les profils francophones les plus suivis, il n’y a pas, pour l’instant, beaucoup de cas clairs de joueuses confirmées comme autonomes sans restriction.

Le cas de Laeticia Amihere, souvent évoqué instinctivement à Toronto en raison de son profil canadien et francophone, mérite justement cette précision. Golden State la classe parmi ses joueuses reserved, au même titre qu’Iliana Rupert. Elle n’est donc pas, à ce stade, une agente libre classique que le Tempo pourrait simplement signer une fois le marché ouvert.

Cela n’enlève rien à son intérêt potentiel pour Toronto. L’Ontarienne de 24 ans a tourné à 5,4 points, 4,3 rebonds et 0,9 passe avec les Valkyries en 2025 signant un retour dans la ligue prometteur.

Jeune, athlétique, capable d’apporter de l’énergie dans la raquette, elle correspond au type de profil qu’une équipe canadienne aimerait naturellement suivre de près.