Soccer : Dimitri Berthaud a lancé sa course contre la montre vers le Mondial 2026
HAMILTON – La qualification de la République démocratique du Congo pour la Coupe du monde 2026 a ouvert une nouvelle perspective pour Dimitri Berthaud. Arrivé cet hiver à Forge FC pour se relancer et enchaîner les matchs, le gardien franco-congolais sait désormais qu’il dispose de quelques semaines pour transformer son bon début d’aventure canadienne en véritable argument en vue d’une place dans la sélection.
Au Forge FC, Dimitri Berthaud sait désormais que chaque match peut peser lourd. Le gardien franco-congolais a vu la République démocratique du Congo décrocher son billet pour la Coupe du monde 2026 le 31 mars dernier, au terme d’une victoire 1-0 après prolongation contre la Jamaïque, à Guadalajara. Le but décisif inscrit par Axel Tuanzebe à la 100e minute a offert à la sélection congolaise une première qualification au Mondial depuis 1974.
Pour le gardien, cette qualification n’est pas seulement une grande nouvelle vécue à distance. Elle donne encore plus de relief au pari qu’il a choisi de tenter cet hiver en signant à Hamilton en Première ligue canadienne (PLC). Libre depuis la fin de son aventure à Montpellier, le gardien franco-congolais avait rejoint le Forge FC avec une idée précise : rejouer, retrouver de la visibilité et se remettre dans la conversation en sélection, alors que la RDC pouvait encore rêver du Mondial. Dans un précédent entretien avec ONFR, il expliquait avoir choisi Forge pour retrouver rapidement un projet concret et du temps de jeu dans un rôle de numéro un.
Il a suivi la qualification depuis le Canada, avec ses proches.
« Oui, bien sûr, j’ai regardé le match avec des amis et ma femme et mon fils au Canada. C’était un truc de fou », raconte-t-il.

Aucune certitude
Désormais, une première étape est franchie pour les Léopards, mais une autre commence pour lui : celle d’une course contre la montre pour convaincre qu’il peut faire partie du voyage en 2026.
Le principal intéressé reste prudent au moment d’évaluer ses chances. « Je ne sais pas ce que le sélectionneur a dans la tête. De mon côté, je travaille comme j’ai toujours fait. J’ai la possibilité d’enchaîner les matchs ici à Forge, alors qu’avant, ce n’était pas le cas. Je ne sais pas quelles chances j’ai, mais on verra bien au fur et à mesure que le rassemblement approchera. »
Berthaud estime avoir « à peu près une dizaine ou une douzaine de matchs » pour marquer des points. « D’ici là, il me faudra livrer des matchs sérieux et efficaces, et obtenir de bons résultats avec mon équipe. »
Une installation qui prend forme
Depuis son arrivée en Ontario, le gardien de Forge commence aussi à trouver ses repères hors du terrain. Ses premières semaines au Canada avaient surtout été rythmées par la préparation, les entraînements et ses débuts avec sa nouvelle équipe. L’arrivée de sa femme et de son fils lui permet désormais de s’installer plus pleinement et de découvrir un peu mieux la région.
Cette adaptation s’est encore accélérée ces derniers jours. « Franchement, c’est super. Ils sont arrivés, ils étaient contents. Nous avons trouvé une maison. On a visité un petit peu Toronto, Hamilton. On a vu quelques chutes, quelques parcs. Franchement, c’est très bien. On s’adapte très bien. Les gens sont très gentils aussi. On kiffe notre aventure canadienne », résume-t-il.
Sur le terrain aussi, les débuts sont encourageants. Forge a lancé sa saison de PLC par une victoire 2-0 contre l’Atlético Ottawa le 4 avril, et Dimitri Berthaud y a signé son premier blanchissage sous ses nouvelles couleurs.

Le gardien retient surtout la solidité collective affichée par son équipe et ce, malgré l’absence de joueurs majeurs comme le défenseur central Dan Nimick.
« On a fait un match sérieux. Je crois qu’on n’a pas encaissé de frappe. Les seules actions que j’ai eu à gérer, c’était des sorties aériennes ou du jeu au pied. Franchement, on a fait ce qu’il fallait. On a tenu bon. Premier match, premier clean sheet. »
Il souligne aussi l’efficacité du Forge sur coups de pied arrêtés et estime qu’un retour de Dan Nimick serait « un plus » pour l’équipe.
Une nouvelle ligue, de nouvelles habitudes
L’ancien Montpelliérain poursuit en parallèle son acclimatation à une ligue encore nouvelle pour lui. Cette saison, la Première ligue canadienne sert notamment de terrain d’expérimentation pour plusieurs ajustements réglementaires soutenus par la FIFA, dont une version test de la règle du hors-jeu et davantage d’interventions vidéo à la demande des équipes. Le match d’ouverture entre le Forge FC et l’Atlético Ottawa a justement servi de premier cadre à ces essais.
Dimitri Berthaud y voit des changements notables, notamment pour les gardiens et les défenseurs.
« Les hors-jeu ont changé. Ça ne nous arrange pas, nous, en tant que défense. Ça arrange plus les attaquants, mais après, il va falloir s’adapter. C’est bien qu’on soit dans une ligue test et qu’on puisse voir comment ça se passe tout ça. »

Il souligne aussi que les arbitres laisseront désormais davantage se poursuivre certaines actions, obligeant les défenseurs à rester mobilisés jusqu’au bout, même lorsqu’un hors-jeu semble évident.
Concentré sur lui-même
Pour autant, le portier de 27 ans ne veut pas trop disperser son attention. Arriver dans un championnat qu’il découvre ne change pas fondamentalement sa façon de travailler.
« Quand tu es gardien, tu es beaucoup centré sur toi-même. Il faut que tu sois prêt à chaque ballon différent. »
Même s’il étudie les tendances adverses avec le staff, il insiste sur un point : « Je me focalise beaucoup sur moi. »
Forge poursuivra sa saison ce week-end sur le terrain de Vancouver FC. Pour le club, il s’agira de confirmer son bon départ. Pour Dimitri Berthaud, ce sera aussi un match de plus dans une séquence devenue cruciale : celle d’un gardien venu au Canada pour rejouer, se relancer et tenter de se faire une place dans le groupe congolais à quelques mois de la Coupe du monde.